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Par Cheik FITA
Dans une déclaration lue le 8 février 2017 par son Secrétaire Général monsieur Jean-Marc Kabund A Kabund, l'UDPS a posé certaines conditions pour le retour en RD Congo du corps de son Président Étienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017.
L'une de ces conditions est la désignation du Premier Ministre d'un gouvernement de large union nationale conformément aux accords de la Saint Sylvestre, Premier Ministre qui devrait piloter les funérailles d’Étienne Tshisekedi.
Cette position de l'UDPS est-elle justifiée oui ou non ?
Le 19 décembre 2016 à 23h59 prenait fin le deuxième et dernier mandat de monsieur Joseph Kabila à la tête de la RD Congo.
N'eût été le dialogue qui avait été mené par la CENCO entre le régime sortant et l'opposition, la RD Congo se retrouverait aujourd'hui sans aucune institution nationale légitime, de la tête au sommet, c'est-à-dire, du Président de la République au bourgmestre.
10 minutes avant la fin de son mandat, le Président Joseph Kabila nommait le gouvernement dirigé par l'ancien membre de l'UDPS, Samy Badibanga Ntita.
C'était en application des accords de la cité de l'Union Africaine, accords qui avaient été signés entre le clan Kabila et une petite portion d'opposants, dont des transfuges de l'UDPS.
Ainsi, ce gouvernement n'aura eu qu'une durée de dix minutes, avant de tomber dans l'illégitimité le 20 décembre 2016, la légitimité de son géniteur ayant pris fin.
Du 20 décembre au 31 décembre 2016, la RD Congo avait traversé une période avec des animateurs d'institutions de fait.
Le 31 décembre 2016 fut signé entre le clan Kabila et la vraie opposition, l'accord de la Saint Sylvestre qui définissait la nature du pouvoir durant une période de transition d'un an maximum.
À partir du 1er janvier 2017, le pouvoir en RD Congo devenait bicéphale avec un Président de transition, en la personne de Joseph Kabila, le Président sortant, et un gouvernement de transition dirigé par un Premier Ministre désigné par le « Rassemblement ».
Durant tout le mois de janvier 2017, par différentes manœuvres, le clan Kabila bloqua la nomination du 1er ministre du gouvernement de transition.
Le 1er février 2017, monsieur Étienne Tshisekedi, Président de l'UDPS, Président du « Rassemblement » et Président du CNSA meurt à Bruxelles.
Question :
Est-ce légitime que l'UDPS exige la nomination d'un Premier Ministre selon les accords du 31 décembre 2016, ou devrait-on laisser le gouvernement de fait de Samy Badibanga conduire les obsèques d’Étienne Tshisekedi, sachant que ce gouvernement est dirigé par quelqu'un qui avait déjà depuis belle lurette tourné le dos au défunt ?
Par élégance politique, et s'il avait encore un brin de tshisekedisme, monsieur Samy Badibanga ne devrait-il pas lui-même démissionner et honorer ainsi la mémoire de celui à qui il doit son ascension politique, et laisser le clan Kabila continuer seul sa danse du ventre ? A moins que monsieur Badibanga soit devenu si proche des Kabilistes et qu'en réalité, il s’accommode et se délecte désormais des contorsions politiques de ces derniers ?
Bruxelles, le 9 février 2017
Cheik FITA
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