Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
Depuis que le New York Times a publié un article sur les massacres au Kasaï en reprenant le nom de l'ancien ministre congolais Clément Kanku, on assiste à une véritable hystérie sur Internet, dans les journaux congolais et dans les réseaux sociaux.
Clément Kanku est-il ou non coupable de ce dont on semble l'accuser ? Est-il seul coupable ?
La vraie question qui doit être posée n'est-elle pas celle-ci : Pourquoi et comment en est-on arrivé à cette crise ?
La racine du mal remonte à 2011, et en 2012, nous avions publié un livre là dessus: "RD Congo, le démocratie assassinée?"
L'opinion se rappellera que le samedi 27 novembre 2011, c'était le dernier jour de la campagne présidentielle congolaise avec comme deux figures de proue : Joseph Kabila, le Président sortant, et feu Étienne Tshisekedi le Président de l'UDPS, l'historique et grand parti d'opposition.
Ce jour-là, Étienne Tshisekedi avait prévu un meeting sur le boulevard triomphal, et Joseph Kabila le sien au stade des martyrs.
Les deux meetings n'eurent jamais lieu.
D'une part, malgré tous les moyens de l’État mis en jeu pour le candidat Kabila, le stade des martyrs était désespéramment désert.
D'autre part, l'avion qui ramenait Étienne Tshisekedi du Bas-Congo fut interdit d'atterrissage à Ndjili où attendaient des milliers de sympathisants de l'UDPS pour un cortège vers le lieu du meeting.
Ce jour-là, la police congolaise tira dans la foule avec à la clé plusieurs morts dans les rangs des militants de l'UDPS.
Par la suite, la CENI proclama Joseph Kabila vainqueur, alors qu'il était établi qu'il y avait eu bourrages d'urnes et que les chiffres de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI, étaient trafiqués.
Ce hold-up électoral entraîna dans la diaspora congolaise des semaines de manifestations.
En 2011, Joseph Kabila avait conçu, planifié et exécuté un plan qui lui permettrait de rester au pouvoir.
Depuis lors, il y eut en RD Congo au sommet de l'état des animateurs d'institutions sans légitimité, avec tout ce que cela implique.
Durant ce mandat usurpé, le clan Kabila passa tout son temps à concevoir des plans pour se maintenir au pouvoir, même après le deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila.
Ce qui est le cas jusqu'à ce jour.
Conséquences ?
Tueries à Beni, massacres au Kasaï, évasion des prisonniers, violation de l'Accord politique de la Saint-Sylvestre, mise en place d'un gouvernement fantoche, manoeuvres pour retarder l'enterrement au pays de Feu Etienne Tshisekedi...
Le régime actuellement au pouvoir en RD Congo est en réalité un régime en état de putréfaction très avancée.
Parler des épiphénomènes qui y sont liés équivaut à compter les asticots qui sortent du corps d'un animal mort en brousse depuis plusieurs jours.
L’État congolais est en réalité un non-état.
L'affaire Clément Kanku n'en est qu'un épiphénomène.
Bruxelles, le 23 mai 2017
Cheik FITA
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