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Par Cheik FITA
La RD Congo navigue véritablement à vue. En pleine transition d'une année, alors que tous les animateurs des institutions congolaises sont hors mandat et que le peuple congolais attend les élections législatives et la présidentielle, la CENI, Commission Electorale Nationale Indépendante vient d’innover dans la bêtise :
La CENI vient de publier un calendrier électoral, non pas celui attendu par le peuple, mais celui des gouverneurs de nouvelles provinces !
Pourquoi ? Il y a deux ans, nous avions publié l’article suivant :
Il y était dénoncé des pseudo-élections des gouverneurs de nouvelles provinces. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Echec total.
La CENI vient d’être rattrapée par ses turpitudes. Et une seule leçon à tirer : l’urgence aujourd’hui est le départ du système Kabila. Par l’organisation des élections de préférence et avant fin 2017.
Sinon, la grogne populaire risque d’entrer en action.
Ci-dessous, cet article de 2015
Bruxelles, le 20 juillet 2017
Cheik FITA

Le régime de monsieur Joseph Kabila a planifié l’élection et l’installation des premiers gouverneurs de nouvelles provinces pour fin juillet-début août 2015. Les nouvelles provinces verront atterrir à leurs têtes des gouverneurs atypiques. L’élection de ces gouverneurs est-elle conforme à la constitution ? Si non, cela n’est-il pas le germe de futures contestations, si pas de la désobéissance civile ?
Le premier problème qui se pose par rapport à ce coup de force que se prépare à effectuer le régime de monsieur Kabila, est que les députés provinciaux actuels avaient été élus en 2006 et installés en 2007 pour cinq ans. Depuis 2012 à l’expiration de leurs mandats, ils ne représentent plus les citoyens qui les avaient élus.
Et s’ils se maintiennent, c’est parce que la CENI, commission électorale nationale indépendante, a été incapable d’organiser les élections dans les délais. Les effets pervers de cette incapacité devraient-ils retomber sur les citoyens ?
Et les députés provinciaux de 2007, sont-ils conscients qu’ils n’ont plus de légitimité ? Qu’ils sont devenus des députés « monyato » ?
Si oui, quand ils décident de jouer à ce jeu illégal, ignorent-ils qu’ils posent un acte de haute trahison ?
La deuxième préoccupation par rapport à ce forcing est que la CENI a prévu d’organiser les élections provinciales en octobre 2015. Et la CENI, malgré ses contreperformances régulières, reste l’institution habilitée à organiser les processus électoraux.
Quelle raison constitutionnelle peut donner au gouvernement le droit de s’arroger les attributions de la CENI? Et à deux mois des élections officielles ?
La troisième préoccupation, c’est le penchant à la corruption.
Il est de notoriété publique que lors de différentes élections des gouverneurs, les députés provinciaux ont accordé leurs suffrages au plus offrant. Ces élections constitueront pour eux une belle occasion pour se refaire une santé financière.
Plus préoccupant encore, c’est le régime lui-même. En 2011, il s’était maintenu par le bourrage des urnes et la falsification des chiffres à la CENI qui lui obéissait au doigt et à l’œil.
Les députés provinciaux de 2007, enclin déjà à la corruption, pourront-ils résister aux injonctions de l’exécutif, surtout si celles-ci sont accompagnées de grosses enveloppes de billets verts ?
En filigrane, n’est-il pas visible que finalement, c’est le clan kabiliste qui voudrait installer ses gens à la tête de différentes régions pour des raisons inavouées ?
Une fois cette mascarade électorale terminée, la population pourra-t-elle considérer ces nouveaux gouverneurs comme étant l’émanation de sa volonté ?
Afin de mesurer la gravité de l’acte que se prépare à poser le gouvernement congolais, il est prudent de jeter un coup d’œil à ces quelques articles de la constitution :
Article 5
La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
Article 28
Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal.
Article 64
Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.
Article 80
Le Président de la République investit par ordonnance les Gouverneurs et les Vice-gouverneurs de province élus, dans un délai de quinze jours conformément à l’article 198.
Articles 198
Le Gouverneur et le Vice-gouverneur sont élus pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois par les députés provinciaux au sein ou en dehors de l’Assemblée provinciale. Ils sont investis par ordonnance du Président de la République. Les ministres provinciaux sont désignés par le Gouverneur au sein ou en dehors de l’Assemblée provinciale.
Ces articles de la constitution ne montrent-ils pas à suffisance que le régime de monsieur Joseph Kabila foule délibérément aux pieds la dite constitution ? Vis-à-vis des 70.000.000 de Congolais, comment pourrait-on qualifier ce comportement du régime actuel ?
Ne sommes-nous pas en présence d’une mise en place ni plus ni moins d’une gestion moyenâgeuse de l’état congolais ?
Bruxelles, le 20 juillet 2015
Cheik FITA
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