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Devoir de mémoire. Le 28.11.2011, le jour où le souverain primaire congolais fut méprisé

Devoir de mémoire. Le 28.11.2011, le jour où le souverain primaire congolais fut méprisé

Il y a six ans jour pour jour, il y eut en RD Congo l'élection présidentielle ainsi que des élections parlementaires qui avaient été caractérisées par un bourrage d'urnes sans pareils et par la suite, la CENI, trafiquota les chiffres, et Joseph Kabila fut proclammé Président.

Cet hold-up électoral est la racine de la crise politique qui sévit en RD Congo jusqu'aujourd'hui. 

Nous reprenons ci-dessous un article rédigé il y a quatre ans ainsi que des liens d'articles que nous avions publiés autour de cette date.

Bruxelles, le 28 novembre 2017

Cheik FITA

28.11.2011, le jour où le souverain primaire congolais fut méprisé

BRUXELLES, le 28 novembre 2013

Il y a deux ans jour pour jour qu’eurent lieu en RD Congo des élections législatives couplées à une présidentielle.

Ce jour-là et bien avant, le monde entier découvrit avec effarement le déroulement chaotique du scrutin congolais : des paquets de bulletins de vote pré-cochés au nom du candidat n°3 , monsieur « Joseph Kabila » circulaient dans toute la république, dans des véhicules, dans des pousse-pousses, sous les vêtements…

Destination ? Les urnes.

Matadi, Kinshasa, Kolwezi, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Kisangani…

Plusieurs mois plus tôt pourtant, un signe avant-coureur avait été donné par la révision constitutionnelle à la hussarde, avec le changement du nombre de tour pour l’élection présidentielle, passée de deux à un tour, scénario digne de républiques bananières.

Preuve que le plan de se cramponner au pouvoir avait été conçu et planifié de longue date.

Au final, même en bourrant les urnes, même en tordant le cou aux chiffres via la commission électorale, le Président sortant se retrouvait toujours avec plus de la moitié des Congolais contre lui : 52%  !

Ce jour-là, la dénomination « démocratique » qui se trouve dans le nom de notre pays fut foulée aux pieds.

Il y eut la proclamation des résultats par une cour suprême mise au pas, puis vint une prestation de serment dans un désert diplomatique.

Depuis lors, que de tentatives vaines et désespérées du pouvoir en place pour acquérir une certaine légitimité.

Si déjà dans les grandes démocraties, l’usure du pouvoir fait perdre en deux ans l’adhésion d’une bonne moitié de son électorat, quid d’un pouvoir issu d’un hold-up électoral ?

La leçon de l’histoire ?

Brûler un feu rouge, tricher chez son copain en classe, frauder dans le métro, faire une fausse déclaration fiscale, mettre une mauvaise pièce dans une voiture, un avion ou un train, prescrire un mauvais médicament à un malade, tout cela est sanctionné dans la société.

La tricherie est une anti-valeur.

Il aurait été là, Socrate aurait posé ces deux questions aux Congolais :

« Congolaises, Congolais, acceptez-vous la tricherie sur la route, à l’école, face au fisc, en médecine, dans l’aviation ? Si non, accepterez-vous alors la tricherie pour conduire toute une nation où l’on retrouve des parents, des conducteurs de voitures, des pilotes d’avion, des médecins ? »

Vis-à-vis du souverain primaire chez qui l’on sollicite la voix dans l’urne, cette tricherie du 28 novembre 2011 aura-t-elle été la preuve du respect ou du mépris ?

 

Bruxelles, le 28 novembre 2013

Cheik FITA

 

NOTA BENE.

Ci-dessous, les publications sur notre site autour de cette date.

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