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Par Cheik FITA
Les jours s’égrènent inexorablement vers le 23 décembre 2018, jour des élections en RD Congo.
Avec ces élections, Joseph Kabila sera automatiquement éjecté de la présidence de la République congolaise.
Mais, oui, il y a un grand mais : Joseph Kabila a placé un dauphin dans la course présidentielle. Un dauphin qui lui doit tout, qui lui obéit et qui lui obéira au doigt et à l’œil, s’il était élu.
L’opposition congolaise en est-elle consciente ? Quelle stratégie met-elle en place pour gagner ?
Le conclave de Genève n’a pu réussir à désigner un leadership commun pour l’opposition. Durant les jours qui ont suivi le crash de ce conclave, les passions se sont déchaînées. Les frères d’hier, sont devenus subitement des ennemis jurés. Ils se sont tirés dessus à boulets rouges. Insultes, invectives, coups en dessous de la ceinture et même propos tribaux, tout y est passé. Durant une semaine, il n’y avait plus des critiques contre le clan Kabila.
C’était le règne du : « Tu n’es pas avec nous ? Tu es notre ennemi » ! Une diabolisation à outrance.
Maintenant que les passions se tassent progressivement, il est possible de s’exprimer sans se faire lyncher par un camp ou par un autre de l’opposition.
Quel est le point de la situation ?
Quelle attitude l’opposition à Joseph Kabila doit-elle désormais adopter ?
Les deux ailes de l’opposition congolaise devront avoir un point commun: mobiliser l'électorat pour un vote sanction contre le régime sortant, en laissant à l’électeur la liberté de choisir son « opposant ».
Le score du dauphin de Joseph Kabila devra obligatoirement être ramené à moins de 20%.
Protéger la victoire.
Remporter la victoire dans les urnes ne suffira pas. Le clan Kabila espère imposer son candidat grâce à la fraude, la falsification des résultats et le bourrage des urnes.
Le deuxième combat de l’opposition est de mettre des témoins et des observateurs dans tous les 90.000 bureaux de vote, d’avoir les preuves des résultats sortis des urnes de tous ces bureaux.
L’opposition doit d’urgence s’approprier le mot d’ordre de la société civile lancé depuis un mois par la plate-forme « Antenne Monde de la Société Civile de la RD Congo » à savoir : « Tous électeurs ? Tous observateurs ».
Oui, le jour des élections, l’opposition est en devoir de demander à tous les électeurs d’aller voter, de rester devant le bureau de vote jusqu’au soir, d’attendre le dépouillement des résultats puis leur affichage, et de photographier tous ces résultats puis de les diffuser.
La plate-forme « Antenne Monde de la Société Civile de la RD Congo » a mis au point une application pour compiler tous les résultats sortis des urnes.
Car, si fraude il y a, ce ne sera pas durant les heures qui suivent la clôture des votes. Ce sera bien plus tard, après le dépouillement, après la fermeture des bureaux de vote.
Les différents résultats devront avoir déjà été collectés par les observateurs.
Ainsi, les électeurs fictifs resteront fictifs.
L’opposition congolaise n’a donc plus qu’un choix à deux contraintes:
1. Barrer la route au dauphin de Joseph Kabila durant toute la campagne,
2. S’allier à la société civile pour l’observatoire des élections.
Bruxelles, le 18 novembre 2018
Cheik FITA
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