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Info en ligne des Congolais de Belgique

Billet. L’après-Kabila : méritocratie, citoyenneté, paix, justice, travail

 

Vous pouvez écouter la version audio sur youtube qui se trouve à la fin de version texte

Lentement, sûrement et inexorablement, en RD Congo, la roue de l’histoire tourne. Bien mal inspiré celui qui tenterait d’arrêter cette dynamique. En 1997, après avoir résisté, le système Mobutu prit fin. Il est dans l’ordre des choses que le système qui lui a succédé prenne fin un jour, surtout s’il n’a pu faire mieux, s’il est retombé dans les mêmes travers si pas plus.

D’abord comme un tout petit point lumineux dans l’obscurité, décembre 2016 apparaît de plus en plus comme le deadline pour le système qui s’est installé en 2001, après l’assassinat de M’zee Kabila.

2001-2016, quel bilan ? Quelles perspectives ?

Du bilan

De 2001 à 2016, le Congolais pourra-t-il affirmer qu’il aura vécu heureux ? Une infime partie ayant navigué dans les couloirs du pouvoir pourra dire oui, parce qu’ayant puisé à pleines mains dans la caisse de l’état, l’argent de tout le monde.

Mais la grosse majorité ne pourra-t-elle pas considérer cette période comme un vrai gâchis, après les 32 ans de Mobutu, après le passage éclair au pouvoir de M’zee Kabila ?

Certes, le pouvoir post 28 novembre 2011 joue des pieds et des mains pour se cramponner aux manettes de l’état, comme un lion mortellement blessé qui refuse de mourir. Néanmoins, de plus en plus de signaux convergents annoncent la fin inévitable d'un règne.

Pour dresser le bilan de la période 2001-2016, nous épinglerons juste trois antivaleurs:

  1. L’accès et le maintien au pouvoir par l’aventurisme, le copinage, la tricherie… Le pays s’est retrouvé ainsi à tous les niveaux du pouvoir, avec des animateurs qui n’étaient pas à la hauteur, pour ne pas dire des animateurs médiocres. Quand on sait ce que la médiocrité a comme effets néfastes dans la gestion d’une nation.
  2. La navigation à vue comme mode de gestion de l’état, la désarticulation de l’état lui-même et l’impunité. Ceux-ci ont généré chez le citoyen un comportement d’irresponsabilité face au bien commun et à la cité. Cet environnement de non-droit a généré à son tour chez le citoyen, un comportement de non-devoir.
  3. l’infidélité à la devise du pays. Au lendemain de l’indépendance, le Congo avait pris comme devise : paix, justice, travail. Le régime « Joseph Kabila » en aura-t-il été à la hauteur ?
  1. De la paix.

De 2001 à 2016, La RD Congo pourra-t-elle se vanter d’avoir vécu en paix sur toute sa superficie ? Un seul fait peut répondre à cette question : La MONUSCO, initialement MONUC est toujours là. Mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo de l’ONU. Elle a été créée par la résolution 12792 du Conseil de sécurité en date du 30 novembre 1999.

Coût annuel? 1 milliard de dollars, au frais de la communauté internationale.

 

  1. De la justice

De 2001 à 2016, la République démocratique du Congo pourra-t-elle être fière de sa justice ? Les pilleurs de la caisse de l’état et autres criminels économiques craignent-ils la justice ? La justice aura-t-elle été à la hauteur des attentes de la population? Le pouvoir judiciaire aura-t-il été indépendant ?

Le 23 avril 2013 lors d’un de ses passages en Belgique, Maître Jean-Joseph Mukendi Wa Mulumba, ancien bâtonnier de l’ordre et avocat près la cour suprême de justice en RD Congo nous avait déclaré ceci dans une interview :

« La justice congolaise est malade ». Tout est à refaire : les infrastructures, les manuels, les lois, les hommes, l’état d’esprit des hommes. »

Si l’on devrait ajouter à cela les actuelles contorsions de la mouvance présidentielle pour traficoter la constitution, la loi des lois, affirmer que ce qui prévaut en RD Congo ce n’est pas la Loi, mais la loi de la jungle serait un euphémisme.

  1. Du travail

De 2001 à 2016, quel pourcentage de Congolais aura eu droit à un emploi ? Et parmi eux, combien pourraient affirmer avoir eu un emploi bien rémunéré qui leur aura permis de subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles : logement, transport, soins de santé, alimentation, éducation des enfants, habillement… ?

Avec sa superficie, ses forêts, savanes, fleuves, terres arables, rivières, ruisseaux, fleuve, sous-sol… Quelles raisons valables les dirigeants de 2001 à 2016 pourraient-ils avancer pour justifier que durant autant d’années, le Congolais n’ait pu profiter des innombrables richesses de son pays, alors qu’étant à la tête de celui-ci, ils étaient sensés créer la richesse pour tout le monde ?

Des perspectives

L’après-Kabila étant déjà en marche avec comme deadline décembre 2016, l’heure est venue pour le Congolais et sa jeunesse de forger son avenir. Mais avec quelles balises ?

Méritocratie  

Contre l’accès au pouvoir par l’aventurisme, le copinage, la navigation à vue comme mode de gestion de l’état, il faudra privilégier la méritocratie. Qui vaut quoi ? Qui peut quoi ?  

Le citoyen Congolais de l’ère post-Kabila devra : Exploiter ses compétences, être conscient de ses limites et surtout, reconnaître les compétences des autres. Permettre ainsi à ceux qui en ont les compétences d’accéder aux fonctions dont ils ont le profil. « L’homme qu’il faut, à la place qu’il faut. »

Durant longtemps, des prophètes mal inspirés ont distillé dans la mentalité de la jeunesse kinoise une contre-vérité : « chance eloko pamba », faisant d’une exception, une règle. Un véritable renversement de l’échelle des valeurs.

« L’on obtient que ce que l’on veut ». Autrement dit, ce que l’on ne veut pas, ce que l’on ne cherche pas, il n’est pas sûr de l’obtenir. Quoique de temps à autre, il arrive qu’un gros lot nous tombe dessus, même le pouvoir, comme ce fut un certain 26 janvier 2001. Donc, place à la méritocratie.

La direction de la cité par des personnes compétentes crée dans le chef du citoyen la confiance dans les institutions du pays. Le citoyen est plus enclin à remplir ses devoirs, convaincu que ses droits pourraient être respectés.

Et ce serait les prémices de l’instauration d’un état où règnent la paix et la justice, conditions idéales pour les investisseurs tant nationaux qu’étrangers. Investisseurs pourvoyeurs d’emplois.

Le temps est venu pour le Congolais et sa jeunesse, de rompre avec un système qui n’a pu mettre au centre, l’Homme, le bien commun et le mieux-vivre ensemble. En cette veille d’une alternance inévitable, méritocratie, citoyenneté, paix, justice, travail devraient être le leitmotiv de tous, pour les jours à venir.

 

Bruxelles, le 23 juin 2014

Cheik FITA

Billet. L’après-Kabila : méritocratie, citoyenneté, paix, justice, travail
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