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Info en ligne des Congolais de Belgique

Lauréats du Prix national du mérite de la Culture et des Arts en RD Congo, réveil tardif ?

 

74 artistes et hommes de culture Congolais ont reçu le vendredi 4 juillet 2014 à Kinshasa le prix national du mérite de la culture et des arts. C’est la première édition de ce prix.

Selon une dépêche de l’ACP, Agence Congolaise de Presse, « le jury chargé de l’octroi de ce prix a révélé que ses membres ont travaillé pendant deux mois pour arrêter la liste définitive des lauréats en provenance de toutes les provinces du pays. Ceux-ci ont été choisis de toutes les générations à travers des œuvres originales et morales. Ils ont reçu leurs brevets sur le champ tandis que les médailles de mérite culturel et artistique leur seront décernées après le mois d’août. »

Et la dépêche ajoute :

« Parmi les lauréats, figurent notamment les artistes musiciens Lutumba Simaro, Jeannot Bombenga, Manuaku Waku, Nyoka Longo, Ngiama Werrason, JB Mpiana, Shungu Wembadio-Papa Wemba, les artistes musiciennes Tshiala Muana et Mbilia Bel, les écrivains Masegabio Nzanzu, Mbuyamba Kankolongo, Didier Mumengi, André Yoka, les comédiens Ngandu Tshibutu, Viminde Segbia, Kadiombo, les cinéastes Balufu et Hemedi Muana Ngembo… l’opérateur culturel Jean Marie Ntantu Mey »

Il est un fait toutes ces personnes méritent ce prix, et même plus.

Dans une nation, à côté de la vie politique, de la vie économique et de la vie sociale, la vie culturelle est le quatrième pan qui a aussi son coût minimal : susciter et découvrir le talent, lui donner des espaces de création et d’expression, faire la promotion et enfin  assurer la diffusion et la commercialisation des œuvres… Pour que l’artiste vive de sa création.

Sans remonter jusqu’au déluge, quel bilan peut-on dresser de la vie culturelle et artistique de la RD Congo pour ces quatorze années d’existence dans le troisième millénaire ?

Les questions suivantes peuvent donner une piste :

En RD Congo, quelle est la place de la culture dans l’enseignement, de la maternelle à l’université ?

Quelles sont les structures de l’état actives dans la gestion de la culture ? Du quartier à la province, en passant par les communes ?

Secteur par secteur, quelles sont les infrastructures mises à la disposition des créateurs des œuvre de l’esprit ? Salles de cinéma, salles de théâtre, galeries d’exposition pour les arts plastiques, studios d’enregistrements pour la musique, imprimeries pour le livre…

Quelles sont les manifestations saisonnières, province par province, ville par ville, qui permettent aux artistes de s’exprimer, à la population de communier avec ceux-ci ?

Le talent ne choisissant pas son lieu d’éclosion, chaque année quelque part dans les villages congolais, il naît un talent. L’état est-il en mesure de le découvrir et d'éviter qu'il ne dépérisse ?

Quand on connaît la grande révolution de ce millénaire qu’est l’explosion des nouvelles technologies de l’information et de la communication, quelle est la part de la culture congolaise ?

En 2003, A l’époque du régime 1+4, le gouvernement avait été publié sans un animateur pour le ministère de la culture. Cette vacance avait duré. Les politiciens d’alors ne semblaient y accorder aucune importance. Les empoignades étaient concentrées sur  les ministères des finances, de la défense, des affaires étrangères, du transport…

Le journal « Le phare » de Kinshasa avait ainsi publié le 18 août  notre article qui dénonçait cela et qui s’intitulait: « Congo-Kinshasa: Congolais, peuple sans culture ? »

Ci-dessous son début :

« — Peut-on imaginer que dans un pays, il n'y ait pas de Ministre de la Culture? Oui, quand ce pays a acquis un niveau de développement et d'organisation tel que l'éclosion du talent, les espaces de création et d'expression, la diffusion et la circulation des œuvres de l'esprit ne sont plus liés aux aléas de changement de gouvernements. Quand les structures de l'Etat, le revenu moyen et le comportement du citoyen suffisent à assurer l'animation culturelle de la cité.

Est-ce le cas en RD Congo ? Non. Le niveau de désarticulation de l’état et de paupérisation de la population ne nous le permettent pas … »

Une décennie après cette interpellation, l’octroi de ce prix aux artistes et hommes de culture apparaît comme un réveil, mais bien tardif. 

 

Bruxelles, le 6 juillet 2014

ACP, Agence Congolaise de Presse/Cheik FITA 

Lauréats du Prix national du mérite de la Culture et des Arts en RD Congo, réveil tardif ?
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