Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
Au moment où le sort politique de Joseph Kabila semble scellé par la constitution, la volonté populaire et par la position de la communauté internationale, on assiste progressivement à une sorte de virage dans le discours de ce qui se fait appeler « majorité présidentielle ». Est-ce gratuit ou est-ce un repositionnement malin et progressif par rapport aux échéances électorales ? Quelle devrait être l’attitude du peuple souverain face à ce chant de sirène?
En 2015 et 2016, le Congolais est appelé aux urnes. Certes, l’organisation du scrutin montre des insuffisances, c’est vrai. Des pressions doivent être maintenues pour l’amélioration de celui-ci. Les élections sont malgré tout les seuls moments où le citoyen a l’occasion de s’exprimer, et de changer les animateurs des institutions, quitte à prendre des précautions pour ne pas se faire voler son suffrage. Après l’expérience de 2006 et surtout celle de 2011, dans la configuration actuelle de la RD Congo, une alternance par les élections est désormais possible, grâce à des actions complémentaires dans deux directions :
La description du profil des personnes à élire doit commencer en un véritable matraquage en brandissant déjà les principaux traits des personnes à sanctionner :
Ces usufruitiers des élections de 2006 et 2011 doivent être sanctionnés parce qu’ils ont été les artisans d’une des plus grandes racines du mal : un processus démocratique vicié, au mépris des aspirations profondes du peuple congolais.
Pour donner un nouveau souffle à notre pays afin qu’il rattrape son retard de plusieurs décennies, ces femmes et hommes qui ont pillé, humilié et trahi le pays doivent être sanctionnés par le peuple à qui ils ont nui. Aux prochaines échéances électorales, ils doivent être renvoyés loin du pouvoir politique, financier, judiciaire, militaire…
Par cupidité, égoïsme, cynisme et mauvaise foi, tous ces gens sont responsables des malheurs actuels de la RD Congo : insécurité, misère de la population, centaines de milliers de morts... Ils se seront plus servi que n’auront servi la nation.
Si à la veille de la fin de règne de Joseph Kabila, les femmes et hommes qui l’ont accompagné dans la direction de notre pays durant les deux législatures de 2006 et 2011 semblent vouloir revenir à des bons sentiments, en adoptant le discours de l’opposition, c’est du bluff. Un peu comme le cinéma de monsieur Léon Kengo Wa Dondo durant la campagne présidentielle de 2011, quand il s'était autoproclamé « opposant » un beau matin, tout en gardant un pied bien calé dans le système.
Ces gens savent tous et ont toujours su de quel côté se trouvait le bien pour la nation. Consciemment, ils choisissaient le mal, parce que cela servait leurs intérêts.
Le Congo de l’après Kabila a de gros défis à relever, un énorme retard à combler, des décennies de gâchis à corriger suite à l’aventurisme, à l’incompétence et à l’irresponsabilité de la plupart de ceux qui se sont hissés au sommet de l’état.
Notre retard ? À l’indépendance en 1960, les sud-africains blancs venaient se faire soigner à Lubumbashi, alors Élisabethville. Le niveau de développement du Congo-Léo n’avait rien à envier à celui de la Corée du Sud. Et aujourd’hui ?
Compte de cela, à toutes les prochaines échéances, le mot d’ordre devra être dès aujourd'hui: « sanction sans complaisance contre les fossoyeurs de la république».
Bruxelles, le 26 mars 2015
Cheik FITA
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