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Billet. Élections RD Congo 2015-2016, Sanctionner les gestionnaires de 2006 à 2016

Au moment où le sort politique de Joseph Kabila semble scellé par la constitution, la volonté populaire et par la position de la communauté internationale, on assiste progressivement à une sorte de virage dans le discours de ce qui se fait appeler « majorité présidentielle ». Est-ce gratuit ou est-ce un repositionnement malin et progressif par rapport aux échéances électorales ? Quelle devrait être l’attitude du peuple souverain face à ce chant de sirène?

En 2015 et 2016, le Congolais est appelé aux urnes. Certes, l’organisation du scrutin montre des insuffisances, c’est vrai. Des pressions doivent être maintenues pour l’amélioration de celui-ci. Les élections sont malgré tout les seuls moments où le citoyen a l’occasion de s’exprimer, et de changer les animateurs des institutions, quitte à prendre des précautions pour ne pas se faire voler son suffrage. Après l’expérience de 2006 et surtout celle de 2011, dans la configuration actuelle de la RD Congo, une alternance par les élections est désormais possible, grâce à des actions complémentaires dans deux directions :

  1. Une organisation en réseau à la base, tant des forces vives de la nation (la société civile), entre elles qu’avec le concours des partis politiques acquis au changement, pour s’assurer de la vérité des urnes,
  2. Une campagne d’information, de formation, de sensibilisation et de mobilisation des citoyens face aux enjeux électoraux, et surtout par la description du profil des personnes à élire d’un côté, et de celui des gens à sanctionner de l’autre. Autrement dit, influer sur le choix des hommes qu’il faut, à la place qu’il faut.

La description du profil des personnes à élire doit commencer en un véritable matraquage en brandissant déjà les principaux traits des personnes à sanctionner :

  • Sans remonter jusqu’au déluge, il s’agit de tous ceux qui ont géré le pays à différents niveaux entre 2006 et 2016, c’est-à dire les animateurs issus des élections de 2006 et 2011, ou nommés durant cette période, et responsables d’un bilan socio-économique et politique désastreux.
  • Ceux qui, durant  la même période, grâce au système et autre copinage, sans nécessairement être au pouvoir, se sont enrichis indûment et dont les signes extérieurs d’enrichissement sautent aux yeux, alors qu’ils sont incapables d’exhiber les preuves d’une activité économique honnête. Des criminels économiques, au moins.

Ces usufruitiers des élections de 2006 et 2011 doivent être sanctionnés parce qu’ils ont été les artisans d’une des plus grandes racines du mal : un processus démocratique vicié, au mépris des aspirations profondes du peuple congolais.

  • En 2006 par leur refus du recensement et de l’organisation des élections de la base au sommet, appuyés pour la circonstance par une certaine communauté internationale tirée à l’époque du bout du nez par le jusqu’auboutisme du gouvernement belge avec la pointe, Louis Michel, en véritable mousquetaire.
  • En 2011 par une révision constitutionnelle à la hussarde avec l’instauration d’une présidentielle à un tour, suivie par un bourrage des urnes et une falsification monstre des résultats des urnes.

Pour donner un nouveau souffle à notre pays afin qu’il rattrape son retard de plusieurs décennies, ces femmes et hommes qui ont pillé, humilié et trahi le pays doivent être sanctionnés par le peuple à qui ils ont nui. Aux prochaines échéances électorales, ils doivent être renvoyés loin du pouvoir politique, financier, judiciaire, militaire…

Par cupidité, égoïsme, cynisme et mauvaise foi, tous ces gens sont responsables des malheurs actuels de la RD Congo : insécurité, misère de la population, centaines de milliers de morts... Ils se seront plus servi que n’auront servi la nation.

Si à la veille de la fin de règne de Joseph Kabila, les femmes et hommes qui l’ont accompagné dans la direction de notre pays durant les deux législatures de 2006 et 2011 semblent vouloir revenir à des bons sentiments, en adoptant le discours de l’opposition, c’est du bluff. Un peu comme le cinéma de monsieur Léon Kengo Wa Dondo durant la campagne présidentielle de 2011, quand il s'était autoproclamé « opposant » un beau matin, tout en gardant un pied bien calé dans le système.

Ces gens savent tous et ont toujours su de quel côté se trouvait le bien pour la nation. Consciemment, ils choisissaient le mal, parce que cela servait leurs intérêts.

Le Congo de l’après Kabila a de gros défis à relever, un énorme retard à combler, des décennies de gâchis à corriger suite à l’aventurisme, à l’incompétence et à l’irresponsabilité de la plupart de ceux qui se sont hissés au sommet de l’état.

Notre retard ? À l’indépendance en 1960, les sud-africains blancs venaient se faire soigner à Lubumbashi, alors Élisabethville. Le niveau de développement du Congo-Léo n’avait rien à envier à celui de  la Corée du Sud. Et aujourd’hui ?

Compte de cela, à toutes les prochaines échéances, le mot d’ordre devra être dès aujourd'hui: « sanction sans complaisance contre les fossoyeurs de la république».

Bruxelles, le 26 mars 2015

Cheik FITA

Billet. Élections RD Congo 2015-2016, Sanctionner les gestionnaires de 2006 à 2016
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