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Info en ligne des Congolais de Belgique

Christopher Ngoyi Mutamba, après deux mois de détention arbitraire et enlèvement, quelles leçons ?

 

21 janvier 2015, alors que pour le troisième jour consécutif, le régime de Joseph Kabila était secoué comme un cocotier, par le peuple congolais, révolté suite à la tentative de changer la loi électorale pour des raisons évidentes, Christopher Ngoyi Mutamba, dirigeant de la société civile était enlevé par des hommes armés pour une destination restée longtemps inconnue.

21 mars 2015, deux mois après cet acte de véritable banditisme d’état, quelles leçons tirer ?

Du point de vue du droit.

Mis à part dans les régimes totalitaires, la loi est au dessus de tout le monde, la loi est impersonnelle, tous les citoyens sont égaux devant la loi. Et pour la bonne marche de l’état, il y a séparation des pouvoirs, la liberté d’expression est garantie.

Ainsi, dans un pays dirigé normalement :

  • La police enlève-t-elle les citoyens, ou les arrête-t-elle, avec à l’appui un mandat ?
  • Un citoyen arrêté peut-il être emmené et jeté dans un cachot dont aucun membre de sa famille n’a l’adresse ?
  • Une fois le citoyen arrêté et que le dossier est en instruction, est-ce un ministre, (membre de l’exécutif) qui va débobiner les charges… Et sur un plateau de télévision à l’étranger ?
  • Une fois arrêté, un citoyen peut-il rester détenu et gardé au secret durant des jours, sa famille laissée dans l’ignorance totale de son lieu d’incarcération ?
  • Le pouvoir peut-il exhiber une personne arrêtée devant toutes les caméras de télévision du monde, dans le jardin du ministère de l’intérieur, et un officier de la police lisant les charges en direct sur tous ces médias ?
  • Après cet exercice de communication, le pouvoir peut-il pour la suite du procès, opérer un virage à 180°, et pince-sans-rire, affirmer que la presse ne peut plus être présente au procès ?

Du point de vue politique, 

♦ Depuis 2011, les messieurs et dames qui sont à la tête du pays le sont par imposture et usurpation. C’est un pouvoir illégitime dans lequel le peuple ne se reconnait pas. Ils le savent, tout le monde le sait. Ils se cramponnent au pouvoir par cupidité, ils se cramponnent au pouvoir en instrumentalisant la justice, les services de renseignements, la police et l’armée.

En accusant Christopher Ngoyi Mutamba de vouloir renverser le régime pour justifier l’enlèvement de leur victime, n’est-ce pas  le voleur qui  crie « au voleur ! » ?

♦ Depuis le début de l’année 2015, un vent irréversible souffle sur le pays. Ce vent a été semé par l’imposture, l’usurpation, la mauvaise gouvernance... Ce vent grossit et avec le temps, va se transformer inexorablement en tempête. Les événements du 19 au 21 janvier 2015 n’avaient été qu’un coup de semonce. Sur son passage, cette tempête pourra balayer le système politique inhumain qui gangrène le pays.

♦ Dans leur âme et conscience, les tenants du pouvoir finissant le savent : avoir emprisonné Christopher Ngoyi Mutamba, c’est en réalité avoir tenté d’emprisonner la voix de ces millions d’anonymes clochardisés à souhait à travers toute la république. Des millions d’anonymes qui «  en ont marre » d’être privés du minimum vital, par des individus qui eux, au même moment,  s’engraissent indéfiniment.

Embastillement de Christopher Ngoyi ou pas, simulacre de procès de Christopher Ngoyi ou pas, le barrage qui retenait les millions de tonnes des frustrations et des colères des Congolais s’est désormais fissuré. Chaque jour qui passe, libère un flot appelé à grossir progressivement, qui se dirigera inexorablement vers la plaine où campe encore la clique au pouvoir. Ce flot, comme un « balai citoyen » emportera très bientôt au fond de l’océan comme des pantins, certains de ceux qui aujourd’hui, se targuent encore d’étiquette d’ « animateurs des institutions ».

Moralité. « Il faut toujours s’abstenir de mettre des épines et des scorpions dans le lit de l’opposition. On s’y couchera tôt ou tard ». Libérer Christopher Ngoyi Mutamba ainsi que tous les prisonniers politiques actuellement détenus sur un coup d’humeur, ne serait-il pas un jour, une circonstance atténuante pour les futurs locataires du lit de l’opposition que sont les dirigeants d’aujourd’hui ? Ce jour-là, ne semble-t-il pas pointer à l’horizon ?

Bruxelles, le 23 mars 2015

Cheik FITA 

Christopher Ngoyi Mutamba, après deux mois de détention arbitraire et enlèvement, quelles leçons ?
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