Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
La plupart des finalistes du secondaires, les étudiants des instituts supérieurs et ceux des universités ne pourront ni être électeurs, ni candidats lors des élections prévues le 25 octobre 2015 en RD Congo.
C’est la conséquence des contorsions du régime de monsieur Joseph Kabila pour garder coûte que coûte le pouvoir à tous les niveaux : une ineptie digne des républiques bananières.
Comment en est-on arrivé à cette situation qui risque de créer de véritables remous, une fois que la campagne aura débuté et pire, le jour des élections quand, cette catégorie de citoyens, la plus dynamique de la société se rendra compte qu’elle a été flouée par ceux qui tirent leur revenu de la sueur du front des autres via la caisse de l’état ? Roulant ainsi carrosse, se construisant des maisons et envoyant à l’étranger leurs rejetons pour les études ?
La CENI de Malu Malu, dans sa totale « indépendance » a décidé de ne pas enregistrer les électeurs qui auront eu 18 ans entre 2011 et 2015. Un confrère de Kinshasa a même parlé de génocide électoral.
Et les arguments de la CENI ? Ce sont des « arriérés législatifs de 2006 et 2011… Les Congolais qui n’étaient pas en âge de voter pour les deux cycles électoraux, n’ont pas à revendiquer des droits rétroactifs. » Vous avez bien lu, ne pas revendiquer un droit !
Et les arguments du régime de monsieur Joseph Kabila ? « Enrôler les nouveaux majeurs, provoquerait un glissement de calendrier ».
Plus irresponsable que ça, tu meures !
Certes un député a saisi la cour constitutionnelle. Mais sachant que toutes les institutions de la république sont sous la botte de la présidence dont elles ne sont que des appendices, d’autres formes de réclamations devraient être utilisées.
Au fur et à mesure que la date des élections approchera, la tension politique montera. S’il est une classe sociale qui n’acceptera pas de se faire marcher sur les pieds, de se voir confisquer un droit aussi élémentaire, ce sont les jeunes de 18 à 23 ans, les étudiants plus particulièrement : UNIKIN, Kasapa-UNILU, UNIKIS, ISP, ISTI, IBTP, ISTA, INA, ISAM, UPN… Les dizaines d’universités ainsi que d’instituts supérieurs privés éparpillés à travers toute la république. Que des foyers potentiels de protestations !
Dans ce cas, le pouvoir sera-t-il obligé de les tuer puis de jeter leurs cadavres nuitamment dans une fosse commune ?
Sans peut-être le vouloir et sûrement par cupidité et calculs politiciens de mauvais goût, les apparatchiks du régime de monsieur Joseph Kabila ont fabriqué une bombe à retardements qui risque de leur éclater au visage, dès que les exclus des élections auront pris conscience de l’injure.
La société civile, les partis politiques de l’opposition et certains partis du pouvoir qui ont un peu de jugeote doivent toute affaire cessante tirer la sonnette d’alarme : la nation est en danger.
Quant à elle, la CENI doit d’urgence revoir son calendrier électoral en planifiant immédiatement l’enregistrement des électeurs, quitte à sacrifier momentanément les locales et en programmant les provinciales, les législatives et la présidentielle le même jour, comme ce fut le cas en 2006.
S’entêter à la Malu Malu et jouer aux jusqu’au-boutistes serait suicidaire.
Bruxelles, le 27 avril 2015
Cheik FITA
source photo d'illustration: oeil d'Afrique
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