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Par Cheik FITA
En RD Congo, le compte à rebours continue vers la date fatidique où constitutionnellement, le pouvoir s’échappera irréversiblement et inévitablement des mains de monsieur Joseph Kabila. De fait, le jour où le peuple se rendra aux urnes pour la présidentielle, protocolairement, le 20 décembre 2016 lors de la remise-reprise avec le nouveau Président-élu. La route vers ces deux dates est-elle balisée ? Quels sont les signaux émis dans le camp de Kabila ? Quels sont ceux du camp qui veille à ce que ce départ se concrétise ?
Monsieur Kabila a consacré la première moitié du mois de juin 2015 à consulter les politiciens et la société civile. Un acte gratuit ? Non. Politiquement intéressé ? Oui.
Les raisons officiellement avancées par le clan Kabila tiennent-elles la route ? Non. Car cela revient à invoquer les tâches régaliennes de l’état. Oui, le devoir d’un état est d’assurer le bon fonctionnement du pays à savoir veiller à :
Ainsi, ces consultations sont-elles une pure distraction? Oui. Faut-il rappeler que :
Quelle légalité ces consultations ont-elles ? Aucune.
En quoi ce qui pourrait en sortir peut-il être opposable à tous ? En rien.
À ce jour, le vrai problème qui doit être résolu, le voici :
Quel devrait être l’attitude du pouvoir de monsieur Kabila pour résoudre ce problème d’illégitimité et d’imposture ? Adopter un profil bas, corriger ses innombrables erreurs de gouvernance et prendre le cap des élections actuellement réalisables. Ce sont les provinciales en octobre 2015, la présidentielle et les législatives en fin 2016. Un point, un trait.
Prétendre que l’état n’a pas d’argent pour organiser les élections, c’est vouloir se prévaloir de ses propres turpitudes. Même au coût (exorbitant) d’un milliard de dollars, durant cette législature finissante, les actuels animateurs de l’état Congolais pouvaient mobiliser l’argent pour les élections. D’abord parce que c’est un devoir, ensuite parce que s’il est bien entré dans la caisse de l’état près de neuf milliards de dollars chaque année, durant la même période, il est entré chaque année plusieurs fois plus, dans les poches des gens du clan kabiliste. Parler des problèmes financiers est un mensonge.
En définitive, comment interpréter les signaux émis par monsieur Joseph Kabila à l’issue de ses deux semaines de « consultations »? C’est une recherche des voies et moyens pour se cramponner au pouvoir que celle honorable d’une porte de sortie.
À quelles conséquences doit-on s’attendre ? Au fur et à mesure de l’approche des échéances, une forte bipolarisation s’installera dans la société congolaise.
D’un côté, le camp du statu quo avec à sa tête monsieur Joseph Kabila lui-même qui tarde toujours à dire clairement qu’il partira du pouvoir.
De l’autre côté, tous ceux qui voudraient que les règles de jeu soient respectées : les délais constitutionnels, la nécessité de s’en remettre au verdict du peuple via les urnes.
Perçoit-on dans la population des signes de fléchissement par rapport à ces points ? Non, plutôt une radicalisation.
En entretenant lui-même la radicalisation du camp du changement, Monsieur Joseph Kabila élargit-il son camp ? Non, il le réduit progressivement… Comme une peau de chagrin.
La route vers des échéances politiques apaisées, est-elle bien balisée? Non hélàs, par la faute de ceux-là même qui devraient en être les artisans.
Bruxelles, le 14 juin 2015
Cheik FITA
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