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Lors d’une conférence de presse au Brussel Press Club Europe, le mardi 10 novembre 2015, le député congolais Franck Diongo a donné deux pistes pour débloquer le processus électoral congolais ayant selon lui comme principal cause de blocage monsieur Joseph Kabila, actuellement à la tête de la RD Congo.
Le thème de la conférence de presse était : enjeux du processus électoral, facteurs de blocage.
L’essentiel de l’exposé de vingt-quatre minutes a été consacré à démontrer comment le blocage du processus électoral congolais avait un nom : « Joseph Kabila ». Et ce blocage n’était pas le fruit du hasard, mais bien planifié.
En guise d’introduction, monsieur Franck Diongo a rappelé l’origine, la nature et le contexte du processus électoral congolais actuel : c’est l’accord global et inclusif de Sun City dont il était signataire.
Le processus électoral actuel est un processus fragile et précaire, parce qu’il est issu d’un compromis politique de l’accord global et inclusif, et c’est le fruit d’un consensus.
Cet accord avait été obtenu dans un contexte de guerre. Et il y avait eu pression internationale pour mettre un terme à la guerre, pour organiser des élections.
Ainsi, le blocage du processus électoral actuel s’appelle Kabila. Et les vecteurs du blocage, ce sont les institutions du pays.
Franck Diongo désigne le comportement actuel de l’ensemble des institutions comme étant «L’état contre le peuple ».
Voici quelques illustrations données par l’orateur démontrant et illustrant comment chaque institution de la république œuvre à la neutralisation du processus électoral et contribue à son blocage. Les Congolais sont ainsi face à une action planifiée et organisée. Il ne s’agit pas d’un cas de force majeure.
La cour constitutionnelle, n’a pas les compétences d’octroyer des pouvoirs, d’aller au delà des demandes qui sont adressées.
Les autres cours sont instrumentalisées pour : arrêter les défenseurs de Droits de l’Homme, les opposants, les activistes de la société civile, les mouvements de jeunes. Objectif ? Empêcher la prise de conscience des citoyens.
Il a inféodé toutes les institutions.
Pour lui, le pouvoir est héréditaire et militaire : il est pour lui et sa famille.
Alors que pour les Congolais, le processus électoral est là pour choisir les dirigeants, pour Kabila, le processus est une formalité pour rester au pouvoir.
Comme aujourd’hui tous les textes excluent monsieur Kabila de se présenter aux élections, il n’a plus intérêt à ce qu’il y ait des élections.
Et le dialogue ? C’est une supercherie.
Pour Kabila, voici les objectifs du dialogue :
Trouver un semblant de compromis avec les participants pour trois objectifs principaux :
Franck Diongo a terminé sa communication par les propositions suivantes.
Partie 1. Le peuple prend conscience et refuse que le pouvoir soit confisqué par une clique d’individus. Il applique l’article 64 de la constitution… Cela nécessite la mobilisation, la conscientisation, la sensibilisation tout azimut, la mobilisation des ressources humaines, financières, et médiatiques.
Partie 2. L’implication de la communauté internationale. en 2001, Kabila avait été imposé aux Congolais sans leur aval. En 2011, la communauté internationale avait reconnu le hold-up électoral. Elle est en devoir de régler cette affaire avec la personne imposée. À défaut de convaincre leur homme, la communauté internationale a le devoir d’appuyer le peuple congolais dans son application de l’article 64 de la constitution (Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.)
La communication de Franck Diongo a été complétée par son collègue Jean-Claude Vuemba durant onze minutes. Celui-ci a épinglé la mainmise de monsieur Joseph Kabila sur les services de sécurité et la police qui sont plus à la solde d’un individu qu’au profit de la nation.
Bruxelles, le 11 novembre 2015
Cheik FITA