Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
Ils sont des millions, ces Congolais qui ont été obligés de s’exiler, de vivre à l’étranger à cause de la mauvaise gouvernance au pays et surtout à cause des dérives dictatoriales.
Les Congolais vivant à l’étranger ont toujours souhaité rentrer au pays.
Mobutu renversé, les Congolais vivant à l’étranger rentrèrent nombreux au pays, mais déchantèrent très vite.
Après les élections de 2006, au vu de l’acharnement du vainqueur à la présidentielle sur son challenger, très peu de Congolais vivant à l’étranger furent tentés de rentrer au pays.
Après la présidentielle de 2011, ce fut pire encore. Non seulement la campagne se termina dans le sang, la soldatesque du pouvoir tuant les partisans de l’opposition, mais les résultats proclamés furent tout, sauf l’expression du peuple exprimée dans les urnes. Le challenger du Président « proclamé » vît sa résidence encerclée militairement durant des mois.
Non seulement les Congolais qui vivent à l’étranger n’eurent pas envie de rentrer au pays, mais les quelques rares d'entre eux qui avaient cru en un début de démocratie plièrent bagages et rentrèrent en Europe et en Amérique.
Voici 2016.
Cette année pourrait-elle devenir enfin l’année du retour au pays des Congolais qui se sont exilés ?
En principe, oui.
La constitution de la RD Congo est claire : en 2016, le parlement doit être renouvelé, la présidence aussi.
S’il y a alternance, cela sous-entendra un début de démocratie, de bonne gouvernance, de sécurité pour les personnes et leurs biens, et de lutte contre la corruption.
Ce que le pouvoir actuel n’a pu assurer.
Les élections de 2016 se dérouleront-elles normalement ? Autrement dit, ceux qui ont entre leurs mains tous les leviers de pouvoir afin de mettre en marche la machine électorale s’y préparent-ils ? Émettent-ils des signaux positifs ?
Pour ce qui est du Président Joseph Kabila, le peuple congolais attend toujours qu’il s’exprime clairement avec une formule du genre : « Je suis à la fin de mon deuxième et dernier mandat, je m’engage à organiser les élections dans les délais constitutionnels et passer le flambeau à mon successeur. »
Sans verser dans le procès d’intentions, les signaux émis actuellement par le clan Kabila, sont plutôt inquiétants.
De plus en plus, la nécessité d’une pression totale sur le pouvoir de Kabila s’impose, tant au pays qu’à l’étranger.
Étant concernés par l’issue de ces élections, les millions de Congolais vivant à l’étranger sont en devoir de s’impliquer dans les actions susceptibles d'influer sur le processus électoral.
Voici comment.
Motivés par le souci de voir un changement au pays, ces derniers mois, des Congolais créent régulièrement des plateformes dans plusieurs capitales occidentales : Genève, Bruxelles, Londres, Paris, New York…
Il y a mieux.
Pour 2016, ces plateformes et associations devraient toutes chercher à travailler en interface avec les organisations de la société civile au pays, et en synergie entre elles en occident.
À titre d’illustrations :
Faudrait-il que pour une somme aussi modique, afin de libérer le pays, les Congolais se tournent vers des organisations étrangères ?
Quand on sait que tous les week-ends, à travers l’Europe, les Congolais organisent des fêtes de baptêmes, d'anniversaires ou de mariage qui coûtent autour de 10.000€, cotiser 50 à 100€ par mois pour sauver le pays, serait-il exagéré?
En 2016, le peuple Congolais est en devoir de recourir à tout son génie créateur pour empêcher l’enracinement de la dictature. Pour les Congolais vivant à l’étranger, cela passe par une grande mobilisation des ressources humaines et financières.
Le défi est lancé.
Bruxelles, le 22 décembre 2015
Cheik FITA
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