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Dans la nuit du 31 décembre 2015 au 1er janvier 2016, Joseph Kabila, actuel Président de la RD Congo prononcera sont dernier discours des vœux de nouvel an en tant que Chef de l’état congolais car, le 31 décembre 2016, la RD Congo aura déjà un autre Président de la République.
Que dira le Président Kabila ?
La constitution de la République démocratique du Congo limitant les mandats présidentiels à deux, monsieur Joseph Kabila ayant consommé deux mandats présidentiels électifs, ne pourra plus se présenter aux élections de novembre 2016.
Il va de soi qu’il est dans l’obligation, de passer la main à celui qui gagnera les élections de fin 2016, et avec le peuple congolais, tourner la page Kabila.
L’année 2015 ayant connu plusieurs remous dus aux tentatives du clan Kabila de changer les règles de jeu pour espérer mais en vain, se maintenir au pouvoir, 2016 apparaît comme l’année couperet durant laquelle monsieur Joseph Kabila doit obligatoirement quitter le pouvoir.
Que devra-t-il donc dire aux Congolais ?
Mises à part les formules protocolaires, il est des thèmes que Joseph Kabila devra obligatoirement aborder. Ce sont les suivants :
Si de janvier 2001 à ce jour, monsieur Joseph Kabila s’est retrouvé à la tête du pays, c’est parce que quelque part, le peuple congolais l’a toléré et même accepté à certains moments. D’abord au lendemain de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, un peu lors des accords de Sun City puis à l’issue des élections de 2006, moins lors de celles chahutées de 2011.
En réalité, Joseph Kabila a eu ainsi quatre mandats.
Comme tous les animateurs des institutions de la république, le Président de la République vit au frais du trésor public. Et le trésor public, c’est la sueur du front de tous les anonymes congolais. Dans un pays, il n’est pas donné à tout le monde de vivre grassement aux frais du trésor public. Tous ceux qui, grâce au trésor public, se sont constitués une fortune, construits des maisons, faits des voyages à travers le monde, doivent être reconnaissants au peuple congolais car c’est l'argent du peuple qui était puisé. En commençant par le premier d’entre eux, le Président de la République, avant de quitter leurs fonctions, les commis de l’état doivent au moins dire « merci » au peuple congolais, et publiquement de préférence.
Dans le cadre de ses fonctions, le Chef de l’Etat doit garantir le bon fonctionnement de l’état, être le garant du respect de la constitution. Et dans la constitution, il est prévu l’organisation régulière et cyclique des élections. Son dernier mandat à la tête du pays, Joseph Kabila le doit aux élections.
Quels devoirs le Président de la République a-t-il vis-à-vis des élections?
À l’aube de son mandat issu des accords de Sun City, le Président de la République Joseph Kabila avait entre autre comme mission d’assurer via la CEI, commission électorale indépendante:
- Le recensement général de la population,
- L’organisation du référendum constitutionnel,
- L’organisation des élections générales, en commençant par les locales, et en terminant par la présidentielle.
À la veille de son départ définitif du pouvoir, monsieur Joseph Kabila devra rendre compte entre autres de cette mission.
Ainsi, pour 2016, il n’y a aucune explication qui tienne pour que dans son discours de nouvel an, monsieur Joseph Kabila ne parle pas des élections et ne donne des garanties pour ce qui suit :
La constitution congolaise prévoit qu’un ancien Président de la République devienne Sénateur à vie. En passant, pour son propre avenir politique, monsieur Kabila a intérêt à organiser les élections provinciales, passage obligé pour les sénatoriales. Sans quoi, lui-même Kabila se retrouvera presqu’à la rue. Il ne pourra tout de même pas devenir sénateur du sénat folklorique et périmé de Kengo !
Quand on quitte définitivement une fonction, il est de bon aloi de présenter son bilan afin que son successeur sache où attacher ses amarres.
Quelle RD Congo monsieur Joseph Kabila laissera-t-il à son successeur ? Il devra donc présenter ses réalisations et ses contreperformances, sans rien escamoter : la vie sociale du citoyen en premier, la situation politique, économique et culturelle. Et sans oublier de donner le niveau d’exécution de ce qui avaient été ses grandes promesses de campagne à savoir: « Les cinq chantiers » et la « révolution de la modernité ».
Ne pouvant plus très bientôt être maître du jeu politique, Joseph Kabila devra accepter de laisser les autres continuer. Un de ses prédécesseurs avait dit : « Après moi, le déluge ». Est-ce un exemple à imiter ? Pourquoi avoir été à la tête d’un pays qu’on prétendait aimer et servir pour qu’au départ du pouvoir, on souhaite que ce même pays plonge dans le chaos ?
Avec la fin de son mandat à la tête du pays, monsieur Joseph Kabila va laisser sur la scène politique les pro-Kabila et les anti-Kabila. La décence voudrait qu’en attendant son départ, le Président sortant soit le garant des règles de jeu.
Ainsi, dans la nuit de la Saint Sylvestre, le peuple congolais sera en attente du discours de fin de règne du Président Joseph Kabila, un discours d’adieu certes, mais surtout un discours dans lequel devront figurer les mots suivants: remerciements au peuple congolais, promesse d'assurer la concorde et la paix durant cette année 2016.
Bruxelles, le 25 décembre 2015
Cheik FITA