Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
En date du 26 mars 2016, la CENI, Commission Électorale Nationale Indépendante de la RD Congo a prévu d'organiser les élections pour les gouverneurs et vice-gouverneurs de nouvelles provinces.
Ces élections sont-elles conformes à l'esprit et à la lettre de la constitution congolaise, ou sommes-nous en présence d'une énième manœuvre désespérée du régime de monsieur Joseph Kabila pour se cramponner au pouvoir?
En RD Congo, c'est la CENI qui est l'institution chargée d'organiser les élections.
Pour accéder au pouvoir, il est obligatoire de passer par la case élections.
Ainsi, même si le pouvoir appartient au peuple souverain, tous les 70 millions de Congolais ne peuvent pas diriger le pays. C'est le sens de l'organisation des élections, moments sacré ou le peuple délègue son pouvoir à des élus, et pour une durée de temps, déterminée. Cette délégation de pouvoir, est un rapport de confiance mutuelle. La première marque de confiance de la part des élus, c'est d'exercer leurs mandats dans le respect de la constitution et des lois de la RD Congo.
Par élus on entend : les conseillers des secteurs et chefferies, les conseillers communaux, les conseillers urbains, les maires, les bourgmestres, les chefs de secteur, les chefs de chefferies, les bourgmestres, les maires, les députés provinciaux, les gouverneurs de province, les députés nationaux, les sénateurs et le Président de la République.
En ce mois de mars 2016, quel est le point sur la légalité et la légitimité des élus en RD Congo, à tous les niveaux ?
1. Depuis fin des années 80, il n'y a plus jamais eu des élus au niveau local.
2. Les députés provinciaux avaient été élus en 2006 et installés en 2007 pour un mandat de cinq ans. Depuis 2012, leurs mandats sont caducs et ils ne peuvent plus légitimement engager le peuple congolais.
Les assemblées provinciales dans lesquelles ils siégeaient n'ont plus de légitimité depuis 2012.
3. Les gouverneurs et les vice-gouverneurs avaient été élus en 2007 par de députés provinciaux pour 5 ans. Depuis 2012, les gouverneurs n'ont plus de légitimité.
4. Les sénateurs avaient été élus en 2007 par députés provinciaux pour 5 ans. Depuis 2012, les sénateurs n'ont plus de légitimité.
5. Les députés nationaux ont été élus en 2011 lors des élections chahutées de 2011. La plupart d'entre eux siègent illégitimement. Dans quelques mois, leur mandat prendra fin.
6. Le Président de la République a été réélu pour un deuxième et dernier mandat, en 2011 lors d'un scrutin chahuté, il est en réalité un Président de fait. Le 19 décembre 2016 à minuit, son mandat s'achève. Il aura perdu et la légitimité et la légalité.
La légitimité apparaît comme une denrée rare dans la sphère poltique congolaise.
Que pourraient valoir les élections des gouverneurs prévues le 26 mars prochain ? Rien.
Pour une raison simple : le corps électoral n'a plus de mandat du peuple.
La CENI doit d'abord organiser les élections provinciales, comme elle aurait dû le faire en octobre 2015.
Il est triste de constater qu'un certain nombre de partis politiques dits de l'opposition se positionnent déjà pour ces élections.
Les partis politiques ou personnalités politiques qui voudraient participer à ce scrutin savent très bien qu'ils violent la constitution.
Le peuple congolais sera-t-il obligé de se soumettre à ces éventuels futurs gouverneurs de pacotille?Non .
Les membres du clan politique présidentiel et certains partis politiques dits de l'opposition doivent cesser de prendre les Congolais pour une bande des demeurés.
Oui, les élections des gouverneurs et vice-gouverneurs, prévues par la CENI en date du 26 mars 2016 sont une parodie d'élections, une énième insulte au peuple congolais.
Bruxelles, le 9 mars 2016
Cheik FITA
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