Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
À deux semaines de la fin du deuxième et dernier mandat du Président Joseph Kabila à la tête de la RD Congo, un acteur majeur va monter sur la scène politique congolaise avec une arme originale apparemment anodine mais en réalité redoutable: le chant et la danse. Et cet acteur c'est le Peuple Congolais lui-même ! Comment ?
À cause de la mauvaise foi de ses dirigeants, le 19 décembre 2016 à 23h59, la RD Congo va se retrouver sans une seule institution animée par des personnes issues des urnes, de la volonté du peuple.
Le peuple congolais le sait-il ? Oui.
Le peuple congolais voulait-il des élections dans les délais constitutionnels ? Oui.
Le peuple congolais est-il conscient qu'après le 19 décembre 2016, le clan au pouvoir perdra toute légitimité ? Oui.
Au delà du 19 décembre 2016, le peuple congolais sera-t-il disposé à obéir aux ordres des animateurs dont la légitimité est terminée ? Non.
Or, depuis bientôt deux ans, le peuple congolais envoie un message clair aux dirigeants : « Kabila, oyebela, mandat esili ».
Dès les premiers signaux, un gouvernement responsable aurait dû prendre la mesure de ce message et organiser les élections dans les délais constitutionnels. Malheureusement, le régime finissant a préféré laisser pourrir la situation.
Cet entêtement dans l'irresponsabilité a renforcé le pouvoir du slogan « Yebela ».
Ce slogan chanté et dansé est tellement clair et percutant qu'il est désormais connu au-delà des frontières congolaises. C'est ainsi que le 1er décembre dernier lors du débat au Parlement européen sur la situation en RD Congo, dans son intervention, un eurodéputé a cité « Yebela », ce slogan inventé par les Kinois.
Dans l'entre-temps, au Katanga, les Lushois de leur côté ont lancé un autre slogan chanté et dansé, tout aussi percutant: « Yo voisin, mandat yako inaisha ».
Ainsi, à l'approche du 19 décembre 2016, le pouvoir finissant aura beau museler les médias, mettre des militaires dans la rue, il ne pourra pas empêcher le peuple de le défier en chantant et en dansant d'une façon provocante. Ces chants entonnés par des millions de Congolais seront en mesure de faire trembler les murs des résidences des apparatchiks, ceux du palais du peuple...
Sera-t-il facile de stopper l'effet boule de neige de cette expression populaire? Ne finira-t-elle pas par gangrener toute la population?
Aux animateurs du régime finissant de mesurer la gravité de la situation, aux partis politiques de l'opposition de canaliser cette énergie pour obtenir pacifiquement le départ de ceux qui cherchent à se cramponner sans raison au pouvoir.
Bruxelles, le 5 décembre 2016
Cheik FITA
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog