Info en ligne des Congolais de Belgique
Durant ce dernier week-end du mois de mars 2008, bien malin celui qui aurait pu participer à toutes les manifestations politiques initiées par les différentes organisations des congolais de
Belgique.
1. Vendredi 28 mars, 14h00. Rond-point SCHUMAN
Tout a commencé par le sit-in organisé par la communauté Ne Kongo au rond-point Schuman, devant le siège de la commission européenne.
C'était à partir de quatorze heures. Motif, dénoncer les massacres qui ont eu lieu au Bas-Congo ainsi que le climat d'insécurité qui règne dans cette province, jusqu'à ce jour. Sans compter bien
sûr le retrait d'agrément de l'asbl Bundu Dia Kongo.
Après trois quarts d'heure d'animation, les organisateurs ont remis un mémo à l'intention de monsieur Baroso, président de la commission européenne. C'est encadré par la police que les
manifestants iront jusqu'à l'ambassade de la RD Congo en Belgique, rue Marie de Bourgogne.
L'accès de la rue vers l'ambassade, était barricadée par la police. Seule une petite délégation pourra franchir cet obstacle afin de remettre le mémo. Mais incident administratif ou politique,
personne à l'ambassade n'acceptera d'accuser réception du document. Ce qui provoquera la colère des manifestants. Madame Thérèse N'Landu, membre de la petite délégation, ancienne candidate à la
présidence et longtemps écrouée dans les geôles du pouvoir aura des propos sévères à l'égard des dirigeants de Kinshasa.
Voici les liens pour accéder à ce document.
http://cheikfitanews.over-blog.net/article-18223141.html
http://cheikfitanews.over-blog.net/article-18262481.html
2. 19H00.
SALLE NEKKERSDAL, Boulevard Emile Bockstal, 107 - 1020 BXL
En soirée du même vendredi, ce sera au tour du doyen Joseph Mbungu Kandamana de présenter son ouvrage intitulé : « L'indépendance du Congo belge et l'avènement de Lumumba » (Témoignage d'un acteur politique.)
Publié dans la collection « Congo-Zaïre -Histoire et société » des éditions L'Harmattan, cet ouvrage de 286 pages est un document de grande importance pour plusieurs raisons :
- L'auteur, né en 1923 est un des rares survivants de ceux qu'on appelle les pères de l'indépendance. Il a côtoyé tous les grands noms de l'époque, il a été à la base de création de plusieurs
mouvements qui ont joué un grand rôle dans l'indépendance de notre pays. Mieux, en tant que journaliste, sa plume a été pour beaucoup, et dans l'éveil de la conscience nationale chez le
Congolais, et dans la dénonciation des dérives et insuffisances des dirigeants de la toute nouvelle république.
- Les hommes politiques congolais parlent beaucoup, ne font presque rien, et disparaissent un à un sans laisser de traces écrites de leur passage dans l'arène politique de notre pays.
- Depuis bientôt trois décennies, il n'existe plus à proprement parler de maison d'édition au Congo. On aura beau écrire, mais où publier ? Certes les éditions L'Harmattan ont paré à cette
insuffisance congolaise. Le premier lecteur de l'écrivain congolais étant son compatriote, jusqu'à quand le livre du congolais devra-t-il sortir de presse ailleurs ?
- Comme son politicien, le Congolais est également plus tourné vers la parole que vers l'écrit. Il peut dépenser facilement cinquante euros en boissons et autres « Kamundele », mais difficilement
cinq euros pour l'achat d'un livre. Et même quand il achète le livre (malgré lui), le lire est un autre grand problème. Un véritable « chantier ! »
Une Nation peut-elle se construire en ignorant son histoire ?
3. Samedi 29 de 14 heures à 18heures,
Hôtel Sofitel de Bruxelles
l'asbl « Vrienden van Congo », les amis du Congo a organisé son second atelier pour la mise en place d'une synergie des associations congolaises de Belgique en vue d'exécuter des projets de
développement au Congo. Le pouvoir politique ayant montré ses limites, la société civile est en devoir de s'organiser afin d'encadrer et de secourir la population en détresse.
4. Samedi 29 mars. 14h00
Église saint Pierre de Jette
46, place cardinal Mercier
Messe en mémoire des victimes innocentes tombées lors des affrontements du 22 et 23 mars 2007 à Kinshasa.
L'opinion se souviendra qu'il y a un an, « l'autorité de l'Etat » était rétablie à coup de canon dans la mégalopolis Kinshasa. À l'issue de ce triste événement, Jean-Pierre Bemba, candidat au
deuxième tour de l'élection présidentielle au Congo, prendra la route de l'exil pour sauver sa peau.
La messe officiée par l'Abbé Gilbert Yamba, a été organisée par la représentation au Benelux du MLC sous la direction de monsieur Jean-Pierre Mbungani.
5. samedi 29/03/2008 à 14h30
Presque au même moment devait se tenir À la salle KATTEPOEL au 214, Avenue Rogier, Schaerbeek, un débat politique sur le Kivu avec comme thème : « LE GENOCIDE AU KIVU... SILENCE!"
Parmi les intervenants, il était prévu les personnalités suivantes : des parlementaires européens, des politiciens belges, des anciens officiers militaires congolais du temps du Zaïre, l'APARECO,
l'UDPS...
6. SAMEDI 29 MARS 2008 à 15H00
SALLE NEKKERSDAL, Boulevard Emile Bockstal, 107
Avec une heure de retard sur le programme, c'est dans une salle pleine que Pierre Mutanga, président de l'UFDC donne son message patriotique.
Pour réussir cette mobilisation, Pierre Mutanga aura été aidé dans la mobilisation,
- D'une part par l'association les « Mama Totelema »,
- D'autre part par l'infatigable Didier Ramazani. Celui-ci aura pris ses quartiers au coin de l'avenue Franckart et chaussée de Wavre à Matonge. Durant deux semaines, sous la pluie, la grêle ou
la neige, il n'aura pas cessé de distribuer des tracts de la manifestation.
Le message de Mutanga sera un véritable réquisitoire contre le pouvoir en place à Kinshasa. Pire, l'expression d'un véritable ras-le-bol face à la piteuse image qu'offre aujourd'hui le Congo.
Tout y est passé :
- les espoirs déçus
- La pseudo-libération de mai 1997 qui n'a fait qu'introduire des loups habillés de la peau d'agneau, dans la bergerie Congo.
- Des faux problèmes du genre « protection des minorités », dans un pays où il y a quatre cent cinquante ethnies et où aucune n'est majoritaire !
- Des stratégies savamment préparées par les envahisseurs et les usurpateurs pour asservir le peuple congolais. Exemple : le viol des femmes, pour humilier le Congolais en désacralisant ce qu'il
a de plus cher : Sa maman. L'homme congolais ne réagissant pas face à cette humiliation ultime, on en arrivera presque à dire qu'il n'y a pas d'homme au Congo.
- La transgression de plusieurs principes bibliques. Pour un peuple dont un grand nombre de citoyennes et citoyens passent l'essentiel du temps dans les églises, Cela interpelle. Un exemple ? Cet
extrait cité par l'orateur et tiré de Déteuronome 17, versets 15 & 16 :
15. « Tu mettras sur toi un roi que choisira l'Éternel, ton Dieu, tu prendras un roi du milieu de tes frères, tu ne pourras pas te donner un étranger, qui ne soit pas ton frère.
16. « Mais qu'il n'ait pas un grand nombre de chevaux; et qu'il ne ramène pas le peuple en Égypte pour avoir beaucoup de chevaux; Car l'Éternel vous a dit: Vous ne retournerez plus par ce
chemin-là. »
Tous les Congolais en ont-ils intériorisés le sens ? Certains, pour leurs profits égoïstes et personnels ne sont-ils pas passé outre ? D'autres ne se sont-ils pas donné comme boulot de justifier
l'injustifiable ?
Et voici en trois volets son message de la fin:
1. Au pouvoir de Kinshasa. Parce que l'Etat a démissionné de ses responsabilités à savoir la sécurité pour les personnes et leurs biens, la
préservation de l'intégrité du territoire et la prise en charge des besoins minimums de la population, le peuple doit désormais se prendre en charge, à partir de ce jour.
2. Aux destabilisateurs du genre « Kundabatware » : « Déposez vos armes, assez de surfer sur l'alibi « identité Tutsi », assez d'humilier les
mamans
3. A la communauté internationale : « travaillez avec le peuple congolais dans le respect mutuel, vos intérêts seront assurés. »
A l'issue de la communication, un appel à cotisation d'argent sera lancé. Pas de réussite de lutte politique sans un minimum d'autonomie financière.
En un mot comme en cent, l'objectif de Mutanga sera de mettre ensemble tout le peuple dans un seul grand mouvement destiné à remettre le pouvoir au peuple, à l'arracher des mains des
étrangers.
Ce frémissement politique débouchera-t-il à terme sur un grand mouvement populaire capable de changer la marche du Congo ? La prise de conscience de véritables enjeux de notre pays
prévalera-t-elle chez la plupart d'entre nous ? Ceux qui se prétendent leaders dans la communauté seront-ils suffisamment humbles pour reconnaître chacun ses propres limites, et surtout
reconnaître les mérites des autres ? L'intérêt commun vaincra-t-il ? Les uns et les autres pourront-ils extraire de leurs cœurs respectifs la haine de l'autre, la jalousie, la médisance ?
Sans cette reconversion réelle des cœurs, sans ce grand effort du triomphe du bien sur le mal, de la justice sur l'injustice, de l'amour de l'autre sur l'égoïsme viscéral, pourrons-nous nous unir
véritablement ? Pourrons-nous constituer cette grande communion de cœur et de pensée, seule capable de renverser les montagnes, de défenestrer toutes les dictatures, quelles qu'elles soient ?
Qu'on se le dise : Si « L'union fait la force. » La dispersion des énergies d'un peuple, mène à la servitude, à la domination par d'autres.
N'est-ce pas la situation dans laquelle nous pataugeons présentement ?
Bruxelles, le 31 mars 2008