Info en ligne des Congolais de Belgique
Valentin Mubake, membre très connu de l’UDPS et Emile Bongeli du PPRD, ministre congolais de la
communication sont passés à Bruxelles pour rencontrer la communauté congolaise de Belgique. Si l’objectif a été le même, tout sépare le passage dans la capitale belge de ces deux politiciens
congolais : discours, visions, approches, défis.
Valentin Mubake est arrivé le premier traînant à ses
pieds une certaine cacophonie au sein de son parti : élu en son temps président du comité national de l’UDPS (l’équivalent du parlement), comme Rémy Masamba , secrétaire Général du parti, il
fut suspendu de ses fonctions par le Président National monsieur Etienne Tshisekedi. Dans l’entre-temps, il lui est arrivé de rencontrer monsieur Tshisekedi et en Afrique du Sud, et ici à
Bruxelles. De quoi ont-ils parlé ? Pouvait-il parler au nom de l’UDPS ? Restait-il membre de l’UDPS ? Cuisine interne.
Toujours est-il qu’avec l’assistance du Docteur Mpwila, représentant Belux de l’UDPS, monsieur Mubake a ratissé tout
ce qui compte comme médias congolais à Bruxelles. Il a rencontré différentes personnalités belges.
Et avec son franc-parler, il a donné des éclaircissements sur bien de dossiers.
- la situation de Jean-Pierre Bemba et ses erreurs politiques
- la descente aux enfers du pays suite à la mauvaise gouvernance et à l’amateurisme au sommet de l’Etat
- l’insécurité
- l’intolérance politique
- le pillage
- La corruption… Bref tout le tableau sombre qui est devenu le label du Congo post-Mobutu.
Au plan international, il n’a ménagé ni Etienne Gaudin, le
« monsieur Congo » du parti socialiste belge, pourtant logiquement parti frère de l’UDPS, ni la Belgique qu’il considère comme premier responsable de la parodie d’élections qu’il y a eu
au Congo et dont les insuffisances commencent à apparaître au grand jour.
Il a arpenté
allègrement les rues du quartier Matonge de Bruxelles. Lieu qui donne des sueurs froides aux animateurs du pouvoir de Kinshasa. Ainsi, lors du tournage d’une émission télévisée chez les Amis de
Wetchi, il n’a occulté aucune question : la mini-crise à l’UDPS, la santé d’Etienne Tshisekedi, la vision de l’UDPS pour les échéances de 2011, la situation socio-politique du pays.
« 2011 ne sera pas 2006, gare aux apprentis sorciers ! »
Lors d’une
rencontre avec des représentants de différents mouvements congolais de Belgique, il a tracé le parcours du Congo depuis la maladie de Mobutu jusqu’à aujourd’hui, montrant comment les puissances
étrangères ont pratiquement manipulé les événements dans notre pays.
« L’AFDL est entrée à Kinshasa en mai 1997, Mobutu est mort de maladie en septembre de la même année.
« Il n’y avait donc pas de raison qu’il y ait, et une « libération » armée et le dictat des armées
des pays frontaliers. Les occidentaux savaient que Mobutu allait mourir et que les forces progressistes accéderaient au pouvoir via l’UDPS. Ils perdraient leurs prébendes au Congo. Ils voulaient
à la tête du pays des gens qui leurs seraient redevables et donc manipulables pour le pillage de notre pays. Résultat aujourd’hui : plus de 5.000.000 de morts. Ces morts doivent être mis sur
la conscience des occidentaux et bien sûr aussi sur celle de leurs pantins africains.
Pour Mubake, il est grand temps que nous reprenions en main l’avenir de notre pays. « Le pouvoir étant un rapport de force,
ayant le peuple avec nous, il sied de profiter des fissures perceptibles dans le camp du pouvoir et de ses soutiens.
« Ceux qui avaient mis leur poulain au pouvoir déchantent et reprennent aujourd’hui à leur compte les remarques
de l’opposition d’il y a quelques années ! »
Émile Bongeli ministre PPRD des
médias et de communication a quant à lui tenu une conférence à l’université internationale de Bruxelles, ce lundi 14 juillet 2008.
Ancien apparatchik du parti-état, Bongeli a été élu en 2006 dans la province orientale sur la liste PPRD. .
C’est presque en catimini dirons-nous qu’il a tenu sa rencontre. Car l’information a été très
filtrée afin d’éviter la présence de groupes anti-kabilistes, le syndrome Okitundu-Londres ayant tétanisé les tenants du pouvoir au Congo.
Il y avait néanmoins près de cent personnes dans la salle. Dans sa communication le ministre-PPRD a exprimé sa
volonté de rencontrer et d’échanger avec les Congolais vivant à l’étranger, communément appelés diaspora.
Tout au long de ses interventions à la suite de multiples questions, il n’a cessé de vanter son gouvernement jusqu’à verser dans la propagande, vilipendant au passage la
deuxième république.
- Signature du contrat avec les Chinois, contrat à qui il colle tous les superlatifs… « le meilleur contrat du Congo ! »
- Le salaire des professeurs de l’université (il est lui-même professeur) qui passe à 1.200 $ alors que du temps de Kengo, ils ne touchaient que 50 $. L’huissier quant à lui est
à 75 $.
Quant à la diaspora, monsieur Bongeli a dû revoir l’opinion qu’il se faisait
d’elle à savoir, inactive, manipulée par les médias occidentaux, donnant une mauvaise image de leur gouvernement…
Ainsi le vice-ministère des congolais de l’étranger a été hué chaque fois que le ministre y faisait allusion. Les
femmes du FIREFEC ont ainsi soulevé un cas : lors d’une assemblée à l’ONU, le pouvoir avait envoyé une délégation de 88 femmes dont un bon nombre pouvait être qualifié de
« gnongnons ». Et au frais du contribuable s’il vous plait. Pour quel résultat ?
En tant que Ministre des communications, donne-t-il accès à l’opposition ? Quelques jours plus tôt, monsieur Mubake avait déclaré à la presse que l’UDPS n’a pas accès aux
médias officiels. La réponse du Ministre ?
« Les Mubake sont des menteurs.
Quand ils passent sur les chaînes privées où ils donnent de l’argent, ils racontent des mensonges. Pour cela, ils ne peuvent pas passer sur les médias
officiels. »
Suggestion d’un concitoyen :
« Remettez l’émission deux sons de cloches de Chantal Kanyimbo. » Et nous d’ajouter : « Et un
face-à-face MUBAKE-BONGELI, ferait l’affaire pour la première émission ! »
La course vers le pouvoir pour 2011 est-elle déjà engagée ? D’un coté, les tenants des « cinq chantiers » tentent de doubler les aiguilles de la montre pour
avoir des réalisations concrètes à brandir aux yeux de la population, de l’autre l’UDPS qui tente de remettre en marche son rouleau compresseur comme
dans les années quatre-vingt-dix, afin de créer une très grande mobilisation de la population. La population se laissera-t-elle de nouveau prendre aux pièges des t-shirts, bouteille de bière,
sakombi de riz et autres cadeaux en nature, pour remettre en selle les mêmes qu’aujourd’hui ?
l’UDPS pourra-t-elle surmonter ses petites querelles intestines ? Pourra-t-elle armer la population d’un moral assez fort pour résister au chant des sirènes ?
Pourra-t-elle concevoir des stratégies pour rassurer les partenaires extérieurs et les contraindre à jouer franc-jeu ?
L’église et la société civile sauront-elles maintenir un discours clair, mobilisateur et indéniablement tourné vers
un réel changement ?
Les Congolais vivant à l’étranger pourront-ils rentabiliser
tous les atouts qu’ils ont à partir de l’Europe principalement ?
A l’aube du
cinquantième anniversaire de l’indépendance de notre pays, le temps n’est-il pas venu pour que l’image du Congo change en profondeur ? Cela ne sera-t-il pas tout à l’avantage du peuple congolais ?
Comme l’on ne peut faire une omelette sans casser des œufs, n’y a-t-il pas nécessité d’un changement de système avec
la clé, le balayage d’un certain personnel politique gangrené par une kyrielle d’anti-valeurs ?
Ou alors, le peuple devrait-il continuer à se contenter des slogans comme
nourriture, alors qu’une clique pille et brade le patrimoine commun afin d’entretenir un train de vie arrogant ?
Cheik FITA
Bruxelles, le 16 juillet 2008

