Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
Les délégués en Europe de Nkundabatware ont tenté de tenir ce jeudi 25 septembre 2008 une conférence de presse sur la situation à l’Est de la RD Congo.
C’était au septième niveau du First Euroflat Hôtel de Bruxellles, non loin du rond-point Schuman. Le but de la conférence était de faire le point sur la situation sécuritaire à l’Est du pays.
La petite salle de conférence a presque refusé du monde. Bruxelles étant une ville très sensible politiquement pour tout ce qui touche au Congo, il n’y avait donc pas que la presse, on s’en doute.
À onze heures, les membres de la délégation se présentent et Omar Basile Diatezwa le chef du groupe prend la parole pour lire la déclaration de leur mouvement : huit pages. Un discours qui charge essentiellement le régime de Kinshasa. Toute l’hécatombe de l’Est du Congo est mise sur son dos.
Avant qu’il n’arrive au bout de sa lecture, un mot énerve l’assistance : l’allusion au Rwanda. Dans la salle, il y a un vent de révolte. Sans protocole quelques membres de l’assistance lancent au groupe des conférenciers des propos peu enviables. En clair, les Congolais en ont marre d’entendre des gens mêler le Rwanda de près ou de loin à ce qui concerne le Congo. Quelques bousculades et même un peu de gaz lacrymogène venu d’on ne sait où. Les nerfs se calment quelque peu.
Les membres de l’assistance permettent néanmoins à Basile Diatezwa d’aller jusqu’au bout de sa lecture.
Vient le moment des questions. Pierre Shizirungu Gatama, membre du bureau politique du CNDP et modérateur du jour tente de donner les règles de jeux : la parole à la presse en priorité. Vague de protestations. Il fait marche arrière, promettant la parole à tout le monde. C’est Bernard Leplat de la RTBF puis Maryse Jacob de la Libre Belgique qui sont désignés en premier. Nos doigts de nègres ne sont apparemment pas intéressants. Nous ne sommes sûrement pas la presse à laquelle l’invitation avait fait allusion. Tergiversations, maladresses verbales et… la salle arrache définitivement la parole. Toutes sortes de remarques fusent :
« Assez d’une nième aventure rwandaise au Congo par le Kivu,
« Toujours des Congolais hommes de paille des étrangers… »
La tension monte, des menaces sont proférées, la police est appelée à la rescousse et un cordon est vite constitué pour protéger les quatre orateurs. C’est la cacophonie. Jusqu’à ce que nous nous séparerons, plus rien ne se passera dans l’ordre.
Du discours des gens du CNDP ? Personne ne retiendra rien de consistant, la démarche ayant été vicié dès le départ par un schéma qui est pratiquement resté le même depuis 1996 quand un certain Laurent Kabila, arrimé à un camion Rwandais se présentât comme libérateur du Congo. Depuis lors, que de coups de feux, que des déplacements des populations, que des morts, le cap de cinq millions est déjà franchi… Et toujours pas de paix au Congo.
Ceux qui ont soutenu cette conférence, ont-ils pris la précaution minimum de recueillir l’avis du commun des Congolais sur leur démarche ?
L’accueil réservé à cette conférence risque d’être la même à travers tout le Congo pour ce mouvement qui se déclare militaro-politique, en apparent déphasage avec les Congolais. Est-ce parce que le tandem Kabila-Gizenga patauge, qu’il faut embrasser Nkundabatware et ses ouailles ?
Cheik FITA
Bruxelles, le 25 septembre 2008 



Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog