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Info en ligne des Congolais de Belgique

LE VICE-PRESIDENT DU PS BELGE AUX CONGOLAIS :« QUAND ON EST HOMME POLITIQUE, IL FAUT SAVOIR DISCUTER AVEC CELUI QUI EST LA. »



 

Rencontre chaude et intéressante que celle organisée ce vendredi 03 octobre 2008 dans la salle du bureau du parti socialiste belge, 13 Boulevard de l’empereur. Chacun a dit ce qu’il pensait, le ton n’était pas toujours des plus courtois, la parole était parfois arrachée à la limite de la cacophonie, voire du dialogue des sourds.

D’un côté, Philippe Mourreau, Vice-Président du PS, député et bourgmestre de Molenbeek, André Flahaut, député et ancien ministre de la défense sous Verhofstadt 1 et 2.

De l’autre une cinquantaine de congolais, pour la plupart, de représentants de partis politiques congolais ou d’associations de congolais de Belgique.

Entre les deux, Jean-Pierre Samba, président du MRM, un des initiateurs de la rencontre et modérateur de la séance.

Pratiquement rencontre de prise de contact, il n’y a pas eu véritablement d’ordre du jour précis.

Si depuis près d’un demi-siècle, le Congo s’est en principe émancipé de la Belgique, dans les faits, la Belgique semble toujours présente dans la politique congolaise.

La meilleure illustration est la dernière implication belge dans le processus démocratique congolais. Cela a-t-il été du goût de tous les congolais ? N’y a-t-il pas eu des ressentiments à l’affût d’une moindre occasion pour se transformer en défoulements ?

«  Résoudre les problèmes du Congo en quelques heures, revient à vouloir traverser l’océan en pirogue. »

Il est dix-huit heures trente quand André Flahaut, souhaite la bienvenue aux participants, dont la plupart venus par transport en commun ont dû subir la drache qui tombait sur Bruxelles et la plupart des régions de la Belgique .

Pour l’homme d’Etat belge, la rencontre vise à établir un réseau de communication et d’écoute entre le PS et la communauté congolaise de Belgique. « Pour mieux se connaître et se reconnaître. »

Les participants n’étant pas interdépendants, plusieurs thèmes vont être abordés.

Une première série de questions est posée. Au centre, les problèmes qui minent la République démocratique du Congo et essentiellement ce qu ‘aura été le processus électoral ainsi que ses à-côtés. Le premier, Jean-françois Bofwa exprime le souhait de voir le PS affiner sa politique vis-à-vis de la diaspora congolaise, les liens historiques entre nos deux pays étant ce qu’ils sont. Est mise aussi en épingle, une déclaration quelque peu partisane, faite en son temps par Etienne Gaudin du PS, à l’intention d’un groupe de congolais. Le vice-président du PS répond pratiquement sous forme de mise au point.

Il comprend la préoccupation des congolais vis-à-vis de la politique intérieure de leur pays d’origine.

Mais en tant qu’homme politique belge, il est plus préoccupé par le bien-être en Belgique des Congolais ou des Belges d’origine congolaise. Quant au choix des dirigeants, la position de Mourreau est presque un verdict : « Ce sont les Congolais qui doivent choisir ! » Il n’est pas question que quelque part on dise : « Il faut voter pour ce parti. Si cela a été dit, c’est regrettable.»

Quant aux insinuations des congolais sur les accointances de la Belgique avec les anciens chefs de guerre et animateurs du fameux « 1+4=0 » le vice-président du PS dira : « Quand on est homme politique, on doit discuter avec celui qui est là ! »

Pour illustrer ses propos, monsieur Mourreau relatera une expérience personnelle de son parcours à l’époque du Gouvernement Maertens dont il était membre, à l’époque où les relations belgo-zairoises étaient exécrables… il avait dû négocier avec Mobutu dont l’approche des droits de l’Homme étaient aux antipodes de l’approche belge.

Plus proche de l’actualité congolaise des dernières années, André Flahaut rappellera la mise en orbite du « dossier Congo » au niveau international avec la forte implication de Louis Michel, alors Ministre des affaires étrangères. Il y a eu des avancées, il y a eu des réalisations. Peut-être pas parfaites, mais palpables. Et aujourd’hui ? Il lance : « Avec l’actuel gouvernement belge, il n’y a pas de vitrine socialiste vers l’extérieur. » Conséquence, plus rien ne se fait au Congo grâce à la Belgique.

Viendra ensuite un sujet de grande passion : les propos de Karel De Gucht face au pouvoir de Kinshasa !

Sur ce point, la position des membres du PS sera diamétralement opposée à celle des congolais.

Pour les Congolais : « Karel De Gucht a dit tout haut ce que chaque Congolais pense, mais qui ne peut être diffusé sur les antennes des médias d’Etat. » Pour les deux membres du parti socialiste, il sied de bien décortiquer les propos de De Gucht en les transposant dans le contexte communautaire belge : En mettant à mal les dirigeants congolais, c’est en réalité le peuple congolais qui paie les pots cassés avec l’arrêt de la coopération entre les deux pays. Qui perd, les dirigeants congolais ou le bas peuple ?

Plus accessoirement des thèmes pourtant cruciaux sont survolés : la discrimination, et à l’embauche entre autres, le cas Nkudabatware, l’arrivée des chinois au Congo, la formation de l’armée congolaise par la Belgique, « l’expertise » belge sur le Congo, la tentation néo-coloniale dans les deux camps, la vision des libéraux sur le Congo face à la vision socialiste.

La fin de la rencontre est quelque peu cacophonique. Le temps n’étant pas élastique plusieurs participants tentent de se faire entendre, dénonçant au passage l’attitude de certains qui critiquaient il y a peu André Flahaut et qui souhaitent en faire aujourd’hui un partenaire.

Avec la promesse d’une nouvelle rencontre autour d’un thème mieux circonscrit, les participants prennent un verre de l’amitié avant d’aller de nouveau affronter la pluie dehors.

Cheik FITA 

Bruxelles, le 4 octobre 2008

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