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Info en ligne des Congolais de Belgique

DOUCHE FROIDE POUR LES CONGOLAISES AU PARLEMENT BELGE :« PARTAGEZ VOS RICHESSES AVEC LES ENVAHISSEURS ! »





 Ce mardi 9 décembre 2008 à 14 heures trente, près d’une centaine de congolaises et de congolais ont répondu à l’appel d’un collectif de femmes congolaises pour un échange avec la commission des relations extérieures du parlement belge. A l’ordre du jour : La guerre et le drame humain à l’Est de notre pays.

Du côté du parlement, sont présents :

-         madame Hilde Vautmans de l’Open VLD et présidente de la séance,

-         Xavier Baselen du MR

-         Herman De Croo de l’open VLD

-         Alexandra Colen du Vlaams Belang

-         Francis Van Den Eynde du Vlaams Belang

-         Juliette Boulet d’Ecolo.

 

Pour information, voici la composition complète de cette commission des relations extérieures.

Président:
Open Vld: Hilde Vautmans

 

Vice-Président(s):
cdH: Georges Dallemagne
sp.a+Vl.Pro: Dirk Van der Maelen

 

Membres Effectifs:
CD&V: Ingrid Claes , Roel Deseyn , Nathalie Muylle
MR: Xavier Baeselen , François-Xavier de Donnea , Daniel Ducarme
PS: Guy Coëme , André Flahaut , Patrick Moriau
Open Vld: Herman De Croo , Hilde Vautmans
VB: Alexandra Colen , Francis Van den Eynde
sp.a+Vl.Pro: Bruno Tuybens , Dirk Van der Maelen
Ecolo-Groen!:
Wouter De Vriendt
cdH: Georges Dallemagne

 

Membres Suppléants:
CD&V: Gerald Kindermans , Herman Van Rompuy , Stefaan Vercamer , Hilâl Yalçin
MR: François Bellot , Corinne De Permentier , Pierre-Yves Jeholet , Olivier Maingain
PS: Jean Cornil , Yvan Mayeur , Siège non attribué , Siège non attribué
Open Vld: Katia della Faille de Leverghem , Willem-Frederik Schiltz , Geert Versnick
VB: Rita De Bont , Peter Logghe , Bruno Valkeniers
sp.a+Vl.Pro: Hans Bonte , Maya Detiège , Siège non attribué
Ecolo-Groen!: Meyrem Almaci , Juliette Boulet
cdH: Christian Brotcorne , Brigitte Wiaux

Membres sans voix délibératives:
N-VA: Bart De Wever
LDD: Martine De Maght

Après l’ouverture de la séance et les traditionnels mots de bienvenue, madame Hilde Vautmans donne la parole aux quatre déléguées du collectif des femmes congolaises, installées sur un podium à gauche du public.

Au nom du collectif, madame Isabelle Kidisho lit le message rédigé à cet effet dont les idées-clés sont :

-         La description de la situation dramatique de l’Est du Congo que plus personne ne peut prétendre ignorer : 5 à 6 millions de morts en dix ans et … Comparativement aux 800.000 rwandais morts en 1994, la communauté internationale est bien aphone et apathique.

Question : « Combien de morts congolais faut-il pour que la communauté internationale daigne protéger les populations civiles ? »

-         Les limites de la MONUC dont la crédibilité n’est pas au top

-         La nécessité de ne plus se taire.

-         L’envoi des troupes européennes pour imposer la paix, assurer le retour des populations déplacées, chaque minute d’atermoiement équivalant à une femme violée ou à un enfant tué

-         L’apparente double vitesse de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Viendra le tour de la petite Marie Yoka Mwika, huit ans, de lire en néerlandais une lettre écrite par une petite fille des environs de Goma, lettre dans laquelle sont dépeintes les peines et les souffrances des petites filles dans cette zone : émotion.

La parole est ensuite accordée aux parlementaires belges.

Le député Van Den Eynde du Vlaams Belang est le premier à parler. Tout en n’épousant pas toujours les vues du ministre belge des affaires étrangères, Mr. Van Den Eynde est au moins d’accord avec monsieur de Gucht quand il dit : « Ce qui se passe actuellement à l’Est du Congo est la chose la plus horrible depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. » Il n’y a pas de mots forts pour décrire cela. Il ajoute :

« Le comportement des groupes rebelles est inacceptable. Mais l’armée congolaise, sensée protéger la population fait exactement la même chose ! Quant à la Monuc, elle manque de conviction. »

Mr. Herman De Croo, président de la chambre à la législature passée exprime toute sa sympathie pour ce combat des femmes congolaises. Il poursuit : « Les troubles sont dues essentiellement à une volonté de spoliation des richesses du Congo. » A voir l’espace qu’occupe Nkundabatware, il n’y a pratiquement plus qu’une seule ethnie. Il est véritablement « chez lui .»

A la frontière, il y a un intense trafic des richesses du Congo. Même le trafic des FDLR passe par là !

Les rebelles ponctionnent et imposent des droits de passage.

Les forces armées congolaises sont d’un salut douteux pour la population.

Et la Monuc ? Composée essentiellement des indiens et des pakistanais qui chez eux sont pratiquement des ennemis. Ils s’expriment en anglais, comme les gens de Nkundabatware. On peut imaginer quels genres de rapport peuvent être ainsi entretenus entre eux.

Comment s’en sortir ? Deux possibilités.

  1. Il faut au Congo une nouvelle armée bien disciplinée et bien rémunérée.
  2. En attendant, il faut une concertation pour la répartition de vos richesses.

Cette petite phrase jette un véritable froid dans l’assistance congolaise et des réactions commencent à fuser. La présidente de la séance rappelle alors que nous sommes au sein d’une institution démocratique où liberté doit être laissée à celui qui à la parole de terminer sa pensée.

  1. il faut l’organisation des élections. Kabila avait obtenu plus de 80% à l’Est, en serait-il de même aujourd’hui ?

D’autres volets seront abordés respectivement par le député Xavier Baselen du MR et Juliette Boulet d’Ecolo.

La nécessité de lancer des mandats d’arrêts internationaux contre tous les criminels impliqués dans la situation à l’Est du Congo, la frilosité des pays de l’Union européenne face à une intervention militaire au Congo, malgré l’effort que fournit la Belgique pour les convaincre, l’absence des instruments de l’Etat pour ficeler les dossiers et assurer la poursuite des criminels.

Lors de l’échange avec les députés belges, les déléguées du collectif des femmes congolaises ont attirent l’attention de l’auditoire sur quelques faits importants : « Nous sommes en présence d’une extermination programmée de toute une population :

-         par le Sida suite au viol, personne n’ignore le taux de prévalence en VIH dans les populations de nos envahisseurs

-         par la famine en déclenchant des hostilités qui déplacent les populations, les empêchant de cultiver leurs champs

-         par les abus sur les enfants qui ne pourront atteindre l’âge de procréation et assurer la pérennité de la population.

« Et après, il sera aisé de venir occuper les espaces laissés ainsi vides pour les peupler avec des populations du Rwanda, pour ne pas le citer. »

Une autre petite phrase de monsieur De Croo suscitera des réactions : « Que fera-t-on des cent mille têtes de bétail rwandais qui viennent paître dans les prairies congolaises ? ». Hors séance, une compatriote nous dira : «  Que le Rwanda récupère ses cent mille bêtes. Que valent ces bêtes à côté de nos millions de morts ? »

Il est 15h39 quand madame Hilde Vautmans remercie le collectif des femmes congolaises et lève la séance.

Cette rencontre  a un mérite : une confrontation directe entre les congolais et tous ceux qui d’une façon ou d’une autre ont des intérêts chez nous. Le temps est venu où chaque protagoniste devrait avoir le courage de ses opinions et en assumer les conséquences.

Voici les vraies questions qui doivent désormais être posées et auxquelles tous ceux qui sont impliqués dans la tragédie congolaise doivent répondre sans détour : l’ONU, l’Union Européenne et chacun des 27 pays de l’Union, le pouvoir de Kinshasa, le pouvoir de Kigali et de Kampala, les pseudo-rebelles.

1. Démocratie, élections, banyamulenge, ethnies minoritaires… était-ce de  la poudre aux yeux, oui ou non ?

2. A l’est du Congo, sommes-nous en présence d’une catastrophe humanitaire ou pas ?

3. A l’Est du Congo, y a-t-il nettoyage ethnique ou pas ?

4.  Les institutions actuelles du Congo et leurs animateurs sont-ils  représentatifs des aspirations profondes des congolais, oui ou non ?

5. Nkundabatware est-il un bras armé du Rwanda ou pas ?

6. Le régime de Kagame tire-t-il des profits juteux du Congo ou pas ?

7. Le régime de Kagame a-t-il des visées expansionnistes sur le Congo ou pas ?

8. Des multinationales européennes et américaines sont-elles derrière cette tragédie ou pas ? Ont-elles du sang congolais sur les mains ou pas ?

9. Quand certains grands pays européens affirment qu’ils n’ont pas assez de troupes pour intervenir au Congo, est-ce vrai ?

 

 

Cheik FITA

 

Bruxelles, le 10 décembre 2008


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