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Info en ligne des Congolais de Belgique

LECON MAGISTRALE DE L'AVOCAT DE BEMBA AU PROCUREUR DE LA CPI


Maître Nkwebe Liriss


Bemba très attentif 

 

L’audience de l’après-midi de ce mercredi 14.01.2009 à la CPI dans l'affaire Bemba, a été marquée par un coup d’éclat de Me Nkwebe Liriss, avocat de Bemba.

Durant plus d’une demi-heure, sa plaidoirie a tenu en haleine et le public et la cour, et la partie accusatrice.

Un peu plus tôt, le public avait eu droit à la lecture de la requête du procureur, et qui ressemblait à s’y méprendre au texte entendu deux jours plus tôt, lors de la lecture des charges contre Bemba.

Mépris ? Distraction ? Suffisance ? Incompétence ?

D’entrée de jeu, Me Nkwebe Liriss fait remarquer à la cour que la plupart des documents présentés par la défense n’ont pas été pris en considération par le procureur.

« Il est important que certaines erreurs soient rectifiées » affirmera l’avocat de Bemba.

Quelles sont ces erreurs ?

  1. Le réquisitoire du procureur affirme que Bemba prenait seul les décisions. Pourtant la défense  a produit des actes du MLC tant de la magistrature que de l’armée. Dans ces actes des personnes autres que Bemba ont pris les décisions.
  2. MLC, mouvement rebelle ? Depuis 1999, suite aux accords entre belligérants congolais, les hostilités avaient déjà cessé. Est-ce parce que le procureur est braqué sur sa phrase « Je ne perds jamais un procès » qu’il ne daigne pas y faire attention ?

« Qu’on ne  prenne pas les enfants de Dieu pour des canards, » ajoutera l’avocat. Dans l’histoire récente de la RD Congo, il ya eu un texte de référence : l’accord global inclusif, signé sous la supervision de la communauté internationale, ONU et Union européenne comprises. Sous-entendu, le procureur a-t-il consulté ce texte, en a-t-il tenu compte ?

Selon ce texte, le MLC, le RCD et la partie gouvernementale étaient sur le même pied d’égalité. Au nom de quoi le procureur peut-il privilégier le point de vue de la partie gouvernement pour avaliser son appréciation sur un procès tenu dans la partie tenue par Bemba, un alter ego ?

Les actes administratifs, judiciaires pris par les ex-belligérants avaient été avalisés par le gouvernement, une fois l’unification réalisée.

Bien entendu, même l’amnistie prononcée dans l’espace géographique anciennement MLC.

A quel titre le procureur de la CPI peut-il contester cela ?

  1.  dans sa plaidoirie, la défense avait déposé le carnet de transmission des messages durant les hostilités en Centrafrique. Comme cela sera à la décharge de Bemba, le procureur aura-t-il préféré ne pas y faire allusion ?
  2. De la restitution des véhicules.

Le procureur s’évertue à ne tenir compte que du témoin 030. Quelqu’un qui est arrivé au MLC en février 2002 et qui en est parti le 2 juillet 2002, cinq mois ! Quelqu’un qui ne maîtrise ni les tenants, ni les aboutissants du MLC.

Pourquoi ne pas tenir compte des propos du témoin 0037 qui lui affirme avoir vu les véhicules non immatriculés ?

  1. Du ravitaillement du MLC par air.

Comparer l’aéroport de Bangui à celui de Gbadolite serait faire preuve d’une grande méconnaissance géographique.

  1. du cannibalisme

La défense a produit des pièces montrant que cela relevait d’une cabale politique durant la campagne électorale. Les fameux pygmées prétendument « bouffés » étaient apparus plus tard à la télévision ! Vivant, en chair et en os. Ils avaient eu du fric pour la besogne !

Le procureur n’est-il pas sensé instruire à charge et à décharge ?

  1. Des viols

Depuis belle lurette, le viol est puni en RD Congo suivant le code pénal. Le Congo n’a pas attendu le statut de Rome pour légiférer en la matière.

« Monsieur le procureur, vous ne pouvez pas juger la justice d’un pays !  … Vous n’avez pas pouvoir de donner une échelle de valeur à la justice d’un pays souverain ! »

  1. Défendre un gouvernement issu des urnes.

A l’époque des faits, Patassé était-il un président démocratiquement élu ou pas ?

 

Suivra alors une véritable leçon de Me Nkwebe Liriss à l’intention du procureur de la CPI.

Thème : les institutions africaines, leurs abréviations, leurs significations…

CEEAC, CEMAC, COMESA, CEN-SAD. Dans le cas de la Centrafrique, il y a eu des sommets de ces organisations. Ministres, Présidents se sont déplacés, souvent sous l’œil attentif des observateurs ou des représentants du Secrétaire Général de l’ONU. Mieux, la plupart de ces résolutions ont été par la suite avalisées par l’ONU.

Pour le procureur de la CPI, tout cela c’est un non-événement. Même quand le charismatique Président Libyen était là !

Amara Essa Secrétaire Général de l’UA ? Lamine Cissé envoyé de l’ONU ? Pamba !

Ces organisations régionales avaient émis le vœu de la création d’une force de maintien de la paix en République centrafricaine et pour prévenir les conflits… Conformément aux vœux de l’ONU.

C’est dans la foulée que le MLC (une des trois forces de fait en RD Congo, constituant l’Etat), volera au secours du gouvernement de Patassé. De pays africains enverront en Centrafrique des hommes, quoique symboliquement.

Djibouti            : 50

Soudan            : 30

Libye               : 100

La RD Congo via le MLC : le contingent le plus important.

Me Liris est alors interrompu dans sa lancée par ses collègues qui lui signalent qu’il ne reste plus que cinq minutes.

En fait, les interprètes de la CPI ne peuvent prester plus de quatre-vingt dix minutes consécutives.

Nous étions à la quatre-vingt cinquième minute.

Cinq minutes après, la juge-présidente lève la séance.

La suite de l’intervention des avocats de Bemba, ce jeudi 15 janvier 2009 à 9h30

 

Cheik FITA

 

LA HAYE, le 15 janvier 2009

L'équipe du procureur

L'équipe juridique de Bemba



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