Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA

Gilbert Kiakwama Kia Kiziki, était de passage à Bruxelles. Kiakwama fut ministre durant les années 80 et est actuellement député d’opposition à l’assemblée nationale congolaise, issue des élections de 2006. Élections que nous considérons comme ayant été approximatives, n’ayant concerné en réalité que moins de la moitié de l’électorat réel congolais, et surtout, fortement téléguidées de l’étranger.
Lors d’une conférence tenue à l’espace Matonge le dimanche 1er février 2009 et animée par nos confrères Jean-Pierre Mbelu et Michel Kazadi, nous avons posé la question suivante au conférencier du jour :
« Le pouvoir est rapport de force. Nous sommes soixante millions de congolais (au moins) quel discours préconisez-vous pour mobiliser le peuple, par qui, avec quelles valeurs, afin qu’il y ait changement dans notre pays ? »
Voici sa réponse in extenso.
« D’abord, de par mes propres convictions, il n’y a que le discours de la vérité et de la justice qui va conduire notre peuple à bouger.
Mais nous devons aussi nous Congolais surtout les cadres, poser un autre problème : avoir le courage de dire la vérité à notre peuple. Notre peuple est prêt à entendre cette vérité.
Or souvent, on le mène un peu en bateau. Les valeurs de la démocratie n’ont pas changé. Ce sont toujours les mêmes. C’est comme l’évangile. C’est toujours la même chose :
- Aime ton prochain comme toi-même.
Donc valeurs de l’amour, de solidarité, de l’honnêteté, de vérité, de partage.
Ce sont ces mêmes valeurs politiques que nous devons inculquer aux nôtres.
Rapport de forces, oui.
Mais il faut des leaders. Ca ne se fabrique pas, et ça ne se décrète pas. Il faut être sur le terrain. Et c’est un des problèmes que nous avons. C’est que beaucoup de nos leaders ne sont pas sur le terrain.
Comme on dit à Kin, « badyembeleka » (littéralement, ils s’accrochent, se cramponnent. NDLR.) Kodyembela ça veut dire que c’est une bulle.
Les valeurs sont les mêmes :
- Défendre la liberté.
Nous Congolais on n’est pas habitué à la liberté, parce qu’on croit que la liberté est un mot vide.
Deuxièmes chose.
- Défendre la démocratie.
Mais la démocratie, c’est des choses simples.
- Mais il faut accepter le pluralisme politique,
- Il faut accepter l’alternance,
- Il faut accepter la liberté d’association,
- La liberté de se mobiliser.
Tout cela ce sont des valeurs démocratiques que nous Congolais devons intérioriser.
Nous sommes souvent intolérants vous savez !
Et nous devons souvent accepter les règles de jeu. »
Fatigués et clochardisés par les trente-deux ans de Mobutu, la plupart des Congolais à l’approche de l’AFDL disaient : « Kabila aya kaka ! » Déboussolés et révoltés par les à-peu-près voire la dérive de l’actuel pouvoir, pourrons réussir à intérioriser ces valeurs élémentaires de la démocratie, et séparer le bon grain de l’ivraie lors des prochaines échéances électorales ?
Ceux qui sont au pouvoir actuellement, seront-ils assez fair-play pour accepter l’alternance en cas de défaite ?
Les maîtres à penser étrangers et autres faiseurs de rois, nous laisseront-ils enfin nous les Congolais nous choisir librement nos dirigeants ?
Cheik FITA
Bruxelles le 4 février 2009.



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