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Info en ligne des Congolais de Belgique

BRUXELLES:ADIEUX DE LA COMMUNAUTE CONGOLAISE AU JEUNE SAUVAGEMENT TUE



 

 

 

«  Fortuna est mort le cœur transpercé par des coups de couteaux, poignardé dans les reins et la tête frappée à coups de bouteilles… Des actes de barbarie. Fortuna est mort de mort violente. Il a crié, personne n’est venu à son secours. Pourtant sur les lieux, au n° 17 de la chaussée de Bruxelles, c’est éclairé. Il y a des résidences habitées de part et d’autre… Fortuna s’est mis debout, puis il est tombé, mort.  Quel parent voudrait vivre cela ? … Dans nos traditions, ce sont les enfants qui enterrent les parents, pas le contraire.»

 

Telles sont les paroles prononcées à la Basilique de Koekelberg de Bruxelles, par monsieur Christophe Mboso N'Kodia Pwanga, père de Fortuna, en cette matinée du 14 mars 2009, devant plusieurs centaines de personnes venues rendre un dernier hommage au jeune homme assassiné. Jeunes, femmes, hommes de différentes nationalités, la plupart de noir vêtus.

Durant toute la célébration de la messe, les personnes n’ont cessé de venir, tous, mine et regard tristes.

Prononcée par le père Karel STUER,missionnaire d'Afrique, l’homélie du jour était à la hauteur du chagrin et à la gravité du drame.

Tour à tour, le père Buffalo a interpellé les adultes, la société, les jeunes, et surtout nous les Congolais.

Un jeune sauvagement assassiné. Où sont les autres ? Qu’est-ce qui se passe ? C’est quelles valeurs ?

« On prie beaucoup, on demande à Dieu le visa, l’argent… le matériel.

On accuse Dieu.

N’est-ce pas en réalité la disparition de la morale qui est à la base de tout cela ?

Ne devons-nous pas vaincre le racisme pour instaurer la bonté, l’entente et le respect ?

Aux parents.

Si certains parents contrôlent leurs enfants, d’autres, plus nombreux ne le font pas. Savent-ils quels amis leurs enfants fréquentent ?

Aux congolais.

En 1985, on pouvait se présenter à Louvain-la-Neuve pour une inscription, c’était aisé. Et en 2005 ?

Que dire de tous les documents « officiels » établis au Congo quand ils sont présentés dans une administration ici ?

Les Congolais doivent refaire ce Congo où durant longtemps on ne fermait la porte qu’avec un clou, où, dans les missions catholiques il y avait des portes dont les clés avaient même déjà disparu … Faute d’être utilisées. Mais un Congo qui depuis vingt ans poursuit inexorablement sa descente aux enfers.

Christ et nos grands-parents.

Jésus-Christ parlait en parabole, nos grands-parents aussi. Au centre de ces deux modes de communication ? L’amour, l’amour des uns aux autres. Pourquoi avoir perdu ces voies ?

Prenez exemple sur Obama.Il y a cinq ans, personne ne pouvait parier sur lui. Qu’a-t-il fait ? Etait-ce un cadeau ? Il a voulu !

Ceux qui ne veulent rien n’ont rien.

Aux jeunes

Les jeunes doivent étudier, obtenir des diplômes et ne pas dire « les diplômes ne servent à rien. » Les diplômes finissent toujours par servir à quelque chose.

Pareils oraisons funèbres ne pouvaient laisser personne indifférent. Le plus ennuyant, c’est que cela commence à faire beaucoup, ces jeunes d’origine congolaise qui sont assassinés en Belgique.

Justice sera-t-elle rendue comme l’a demandé le père de Fortuna ?

Philippe Moureau,  bourgmestre de Molenbeek, sénateur et vice-président d’un des plus grands partis de Belgique très présent, pourra-t-il servir d’interface efficace entre la communauté congolaise de Belgique et le pouvoir politique belge ? Sera-t-il entendu  et suivi ?

Nous les congolais à notre tour, nous contenterons-nous seulement d’afficher notre tristesse sur le moment et par la suite vite rentrer retrouver toutes ces tares que nous trainons aux pieds comme des boulets, tares dont nous sommes devenus champions du monde toutes catégories et illustrées par notre classement des nations au niveau du développement : 178/178 ! 

Cet événement tragique pourra-t-il être l’étincelle que l’on perçoit chez tout humain quand il en a ras-le-bol et crie : « Basta ! »

Ou faut-il qu’il y ait d’autres Fortuna, pour qu’enfin nous comprenions la gravité de notre situation ? Ne sera-t-il pas alors trop tard ?

N’est-il pas enfin temps que nos larmes deviennent de vraies larmes et cessent d’être des larmes de crocodiles ?

 

Cheik FITA

Bruxelles, le 15 mars 2009




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