Info en ligne des Congolais de Belgique
Elle est déjà bien loin la belle unanimité qui avait précédé puis entouré les élections congolaises de 2006. Une ancienne candidate à la présidence détenue puis
contrainte à l’exil, le challenger du deuxième tour attaqué à l’arme lourde et contraint de fuir le pays et se retrouver après à la CPI, les parrains ayant financé les élections floués au profit
des chinois, et maintenant, l’alliance secouée par de soubresauts avec risques d’éclatement...
Des anciens caciques du parti-Etat se sont repositionnés pour le gain facile au détriment de la caisse de l’Etat, comme pour rattraper le temps perdu. Dans l’entretemps, le peuple
souverain quant à lui, continue toujours à broyer du noir.
Dans ces conditions comment être étonné d’un regain patriotique ? C’est dans cette logique qu’il faut situer le nouveau front anti-Kabila qui vient de s’ouvrir à Bruxelles avec la mise sur
pied par un groupe de compatriotes d’une structure dénommée Haut Conseil de Libération dont la présentation publique a eu lieu à Bruxelles ce mardi 17 mars 2009 de 11h05 à 12h24 lors d’une
conférence de presse tenue dans le somptueux cadre du Dragon Hôtel sur Boulevard Anspach.
Qui en sont les initiateurs ? Quel est leur objectif ? De quels moyens disposent-ils pour arriver à leur fin ?
La séance est ouverte par madame José Goy qui passe la parole à Mr Henri Muke pour la lecture du discours du jour.
L’essentiel de la communication se résume en quelques points :
- Le tableau sombre du pays sur tous les plans
- L’incapacité du pouvoir actuel à gérer le pays
- La nécessité de mise sur pied d’une structure sociopolitique en vue de mener des actions de résistance et de libération totale de notre pays
- La demande de la démission immédiate du régime actuel ainsi que la dissolution de toutes les institutions !
Durant l’échange, un certain nombre de préoccupations sont soulevées.
1. une compatriote signale que le Président de la nouvelle structure est connu comme membre des « Bana Congo ». Et dans l’opinion belge, les Bana Congo
sont agressifs. Raison pour laquelle aucun membre de la presse belge n’a osé répondre à l’invitation.
2. Un compatriote qui vit au Congo quant à lui dénonce le langage facile des gens de la diaspora du genre : « Kabila doit démissionner » un peu à la manière de l’opposition du
temps de Mobutu. Il ajoute qu’à Kinshasa, sur différentes chaînes de télévision, ce genre de discours n’est pas une nouveauté. La population attend aujourd’hui de choses plus concrètes.
3. De notre côté, nous voulons avoir l’assurance que cette structure est différente des autres qui ont aussi prôné la libération. Et s’ils accédaient au pouvoir, pourraient-ils innover, agir
autrement ? De deux, quelle voie leur mouvement compte suivre pour accéder au pouvoir : la révolution ? Les armes ? Les urnes ?
4. Un confrère de Nouvel Afrique voudrait s’enquérir de la plus-value pour le pays de cette initiative.
Henri Muke président de la structure et Mikanda Robert secrétaire général se compléteront pour répondre aux différentes préoccupations.
Les Bana Congo ont été diabolisés parce qu’ils disaient des vérités que certains politiques ne voulaient pas entendre.
La structure travaillera avec des groupes de congolais au pays pour arriver à ses fins. Ils ne sont pas des aventuriers qui une fois au pouvoir changent de discours et de comportement.
Il n’y aura pas recours aux armes… Une petite phrase sera néanmoins balancée : « Pourquoi ne pas réussir ce que les malgaches viennent de réaliser ? »
En guise de contribution, un membre du MLC Benelux signalera qu’une autre voie de changement est le renversement des alliances au sein du parlement actuel.
Au passage, le représentant du MLC épinglera le silence de la presse tant nationale qu’internationale suite à l’arrêt rendue par les juges de la CPI dédouanant JP Bemba des charges de crimes
contre l’humanité et des crimes de guerre. Pourtant, à son arrestation, quel ne fut pas le tintamarre médiatique !
A l’issue de la conférence, les membres du HLC ont promis de tenir régulièrement la communauté congolaise informée sur leurs différentes activités
Cheik FITA
Bruxelles, le 18 mars 2009
Ci-dessous le discours lu par les organisateurs et distribué à tous les participants.
HAUT CONSEIL POUR LA LIBÉRATION / HCL
Mesdames et Messieurs,
En ce jour historique du 17 mars 2009 où il nous est donné d’expliquer à l’opinion tant nationale qu’internationale le sens de notre lutte pour la libération de la RD CONGO, nous tenons à vous
remercier de votre disponibilité malgré vos innombrables occupations; car votre présence à cette conférence traduit l’expression de votre engagement sociopolitique dans la lutte de la libération
de notre Pays. Nous avons la ferme conviction que grâce à cet engagement de nous tous, la flamme de la libération de notre Peuple ne s’étiolera jamais et, partant, le Congo, Terre nous léguée par
nos ancêtres, ne sera jamais balkanisé par une poignée de personnes mal intentionnées qui, du reste, se prélassent de la misère noire de notre peuple.
Chers compatriotes, c’est de cette marque de patriotisme dont vous faites montre que nous tirons la sève de notre ferme détermination de poursuivre cet âpre combat qu’est la survie de notre chère
patrie le Congo.
Mesdames et Messieurs de la presse, chers compatriotes,
Autant l’honneur et la dignité d’un peuple n’ont pas de prix; autant ils ne sont pas négociables. Grande est notre désolation de constater aujourd’hui que la dignité de la femme et de
l’homme congolais est bafouée et jetée en pâture sous l’œil complice du régime actuel du Congo.
Le peuple congolais en paie un lourd tribut.
Une dictature silencieuse et entretenue par des valets à la solde des puissances étrangères cautionne un plan machiavélique pour mater le peuple congolais. Ainsi le régime actuel au Congo a
suffisamment démontré son incapacité à gérer le pays et à s’assumer face aux besoins des populations. Ce régime a brillamment échoué la noble mission de conduire le Congo vers un Etat prospère et
démocratique. Cet échec cuisant a apporté le deuil, la
paupérisation, l’insécurité et tant d’autres fléaux pour ne citer que ceux- là.
Le rapport de l’ONU n’est il pas accablant?
Lorsque celui-ci fustige et donne des chiffres détaillés aussi alarmants que chaque jour meurent plus ou moins 1.300 personnes à l’est du Congo, sans compter des actes combien barbares
administrés en toute impunité à l’endroit du peuple congolais : viol systématique des filles et mamans congolaises avec tous les risques que comportent le virus du sida!, déplacement en masse des
populations, loi de la charia aux enfants mâles et aux adultes, enrôlement de force, entre autre, des enfants dans des milices, …
Le génocide congolais semble classé dans les tiroirs de l’oubli, nous n’avons pas le cœur à faire la fête, les horreurs de ce génocide ont coûté à la République Démocratique du Congo un
chiffre de 7.000.000 de morts. Beaucoup ont été massacrés, soit coupés à l’arme blanche et d’autres tués en peloton sans exception, hommes, enfants, vieillards et femmes après leur avoir
administré des sévices sexuelles.
, Beaucoup sont morts sans sépulture décente, sans conformité aux us et coutumes de nos ancêtres, leurs corps gisent hélas dans
les eaux et forêts de l’oubli.
Cette situation indescriptible et sans précédent, est lamentable et fait la honte en ce début du XXI nième siècle. Elle semble normale et n’inquiète nullement les autorités congolaises. Les
violations répétitives de nos frontières avec la complicité des autorités congolaises constituent des actes de haute trahison de la part du régime de Kinshasa et comportent, à ne point en douter,
des graves violations de la constitution.
Ces graves manquements allant à l' encontre du serment du Chef de l’Etat lors de sa prise de fonction officielle, constituent un motif de destitution de ce dernier et aussi une justification
suffisante du droit de toute congolaise et de tout congolais à défendre le pays face à toute agression extérieure comme stipulé dans la constitution.
Sur le plan des droits de
l’homme
,
les opposants sont constamment assassinés, intimidés et emprisonnés arbitrairement pour de longues détentions. A ce sujet, citons notamment Kuthino et Mokia. Les dernières arrestations en date du
14 et 15 mars de trois étudiants et de messieurs Chebeya, Inefo, Tshikaya et tant d’autres anonymes, sans compter des disparitions et enlèvements des personnes, les massacres commis sur les
adeptes de Bundu Dia Kongo(cfr rapport Human Rights Watch).
Quant à l’économie et le social, grande est notre déception!
Nous assistons au pillage systématique de nos ressources minières par divers contrats léonins, d’autres sources de bradages à l’est du Congo notamment le RWANDA dont la coopération
bilatérale structurelle avec la RDC est en voie de reprise. Ainsi, il est devenu la plaque tournante des ventes illicites des produits miniers congolais et ce, aussi avec la complaisance de
certains dignitaires du régime actuel qui se remplissent les poches. A cela s’ajoutent également les détournements de deniers publics, malversation financière, vol et corruption : véritable
gabegie organisée depuis le haut sommet de la pyramide hiérarchique jusqu’aux escarcelles de la magistrature.
En effet, la distribution des richesses du pays est disproportionnée et injuste. Un congolais moyen vit sous le seuil d’une pauvreté implacable. Par ailleurs, le chômage accentué contraste avec
l’enrichissement personnel scandaleux : villas, concessions, voitures sans le moindre audit sur la provenance de leurs avoirs. Ce triste constat est perceptible à travers les mécanismes et rênes
du pouvoir qui constituent le socle de l’appareil de
l’Etat.
La mortalité infantile et la malnutrition sont devenues un fléau de notre pays. A cause de ces carences nutritionnelles, les principales maladies telle que le choléra, la tuberculose, la rougeole
et surtout la faim, le kwashiorkor, jadis, quasiment éradiquées ont refait surface de façon surprenante et spectaculaire. Ces maladies ravagent nos enfants par manque des médicaments,
de structures d’assistances et de santé publique et par la vétusté et l’insalubrité des hôpitaux.
Pareillement, le secteur de l’enseignement est chaotique.
In fine, la suppression de la démocratie c’est-à-dire la violation du principe de séparation des pouvoirs que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire. La suppression de liberté des
réunions, d’expression, de manifestations et de presse justifie la démission immédiate et sans condition du chef de l’état.
Au regard de ce tableau sombre de la situation congolaise et de l’incapacité du pouvoir actuel de gérer le pays, le HCL prend aujourd’hui ses responsabilités devant l’histoire et le peuple
congolais en demandant la démission immédiate de ce régime et la dissolution de toutes ses institutions.
C’est ainsi que nous, membres de la Communauté Congolaise de la diaspora, en coalition avec d’autres forces démocratiques qui luttent aussi vaillamment pour l’instauration d’un Etat de droit au
Congo, la souveraineté nationale et la restauration de l’intégrité territoriale de notre pays, nous nous sommes réunis en une structure sociopolitique dénommée Haut Conseil de Libération, HCL en
sigle, en vue de mener des actions de résistance et de libération totale de notre pays.
Nous attendons de la communauté internationale un soutien à cette démarche initiée par la majorité des Congolais.
Que Dieu bénisse le Congo
Et que vive la République Démocratique du Congo, je vous remercie.
Fait à Bruxelles le 17 mars 2009




