Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
Samedi 1er août 2009, une dizaine de membres du mouvement « réfléchissons ensemble » ont fait le déplacement de Bruxelles à Paris pour échanger avec des compatriotes de France sur ce concept qu’ils aimeraient voir grandir tant à l’étranger qu’au Congo.
Paris étant une grande ville touristique, la délégation venue de Bruxelles n’a pu résister à la tentation de faire escale à la tour Eiffel pour une séance de photos et quelques interviews pour la télévision avec notre confrère Ilunga Mwanabute Wa Mutombo.
De la tour Eiffel au lieu de rencontre, numéro 1 de la rue de Rome dans la banlieue parisienne, notre cortège a eu droit à la traversée de la Seine par plusieurs ponts suite à la grande confiance que nous avions au GPS. Conséquence beaucoup de temps perdu avec en prime une arrestation par la police française d’une des voitures du cortège pour non-conformité de la plaque d’immatriculation. Après le contrôle des papiers du véhicule, nous avons continué notre tourisme forcé pour atterrir définitivement non plus rue de Rome, mais rue Bruxelles ! Comble d’ironie pour des gens qui venaient de Bruxelles.
Le GPS ayant montré ses limites après nous avoir tournés en bourrique, ce sont les habitants du quartier qui nous indiqueront notre destination.
La rencontre a lieu dans une salle dépendant d’une alimentation, propriété d’un compatriote de France, Sipi Umande, représentant de « Debout pour le Congo »/France.
Me Kapitene introduit l’orateur principal, monsieur Collins Musonda Kalusambo co-initiateur du mouvement « Réfléchissons ensemble », et vice-ministre congolais de la justice. Il brosse les raisons d’être du mouvement.
Malgré les excuses de la délégation pour le retard sur le programme, un participant, Monsieur Tanzy Mosevi, qui vit à Paris depuis vingt-quatre ans insiste sur la nécessité de respecter l’heure. « C’est devenu comme une habitude chez les congolais, chaque fois qu’on organise quelque chose, on arrive en retard, on s’excuse et puis ça passe… »
L’essentiel des interventions du public porte sur les points suivants :
L’identité du mouvement. Est-ce une association, ou… ?
Les initiateurs sont-ils au courant des activités des autres associations de Congolais de France et d’ailleurs allant dans le même sens? Comme l’association de Mr Kankolongo qui célèbre chaque année l’anniversaire de l’indépendance !
L’exclusion des élections 2006, des Congolais vivant à l’étranger , droit pourtant garanti dans la constitution. Officiellement pour des raisons de finances, mais en réalité pour des raisons politiques.
L’arrêté interdisant l’usage des «mabanga » par les musiciens congolais, au profit des hommes politiques. Sur ce point l’artiste Maika Munan donnera de précisions fort pertinentes. (Visionner sa vidéo au bas de l’article).
L’arrestation éventuelle du DGA de la DGM pour corruption, détournement d’argent.
L’absence du recensement en RD Congo depuis 1984 !
Les risques de récupération politicienne de l’action « réfléchissons ensemble ».
Dans ses réponses, monsieur Collins Musonda Kalusambo rassure son auditoire sur un certain nombre de points :
- Certes qu’il est membre du gouvernement, mais il garde bien sur sa tête sa casquette d’activiste de la société civile
- ce qui motive son engagement, c’est essentiellement l’amour de la patrie. « Nous n’avons qu’une seule patrie, le Congo ».
- C’est un devoir pour chacun de nous de donner une image positive de notre pays.
- Lors des dernières élections, un certain nombre d’exigences provenaient des bailleurs des fonds...
EN CONCLUSION : UN AIR DE « CONSULTATIONS POPULAIRES »
Il existe plusieurs points de consensus entre Congolais : La nécessité et l’urgence :
- d’arrêter la descente aux enfers du pays,
- de permettre au plus grand nombre de concitoyens d’accéder à une vie décente,
- d’unir nos efforts
- de créer une synergie entre les Congolais vivant à l’étranger et ceux vivant au pays...
Mais une interrogation majeure persiste :
Le bilan des animateurs actuels au pays ainsi que de tout le système issu des élections de 2006.
Monsieur Collins Musonda Kalusambo en tant qu’individu et activiste de la société civile a un profil que ceux qui l’ont entendu ont semblé accepter. Mais très vite, les questions se dirigeaient vers la gestion de la res publica. Sa casquette de membre du gouvernement lui était rapidement remise, pour rendre compte, au nom de tous ses autres collègues.
L’idéal pour une telle action ne serait-il pas d’atteindre toute la nation ? Car sauver la nation requiert l’implication du plus grand nombre. dans ces conditions, ne serait-il pas mieux que le numéro un du système politique congolais actuel à savoir monsieur Joseph Kabila assume une telle campagne ?
- Prendre langue avec ceux qui sont opposés au système ou qui le combattent tant au pays qu’à l’étranger.
- Dresser un bilan de l’action gouvernementale secteur par secteur, trois ans après.
En 1989, sentant la grogne sociale monter et couplée au vent de la pérestroïka, le Maréchal Mobutu avait eu le courage d’initier les consultations populaires. Cela a débouché sur le multipartisme dont plusieurs profitent aujourd’hui, malgré certaines tendances à réinstaller la pensée unique.
Cheik FITA
Bruxelles, le 3 août 2009






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