Info en ligne des Congolais de Belgique





Le troisième Congrès Mondial des Congolais Vivant à l'Etranger vient d’avoir lieu à Bruxelles ce vendredi 29 juin 2007. Un congrès extraordinaire autour des deux thèmes suivants :
- Quelle politique belge vis-à-vis de la République démocratique du Congo lors de la prochaine législature ??
- Mise en place du Haut Conseil des Congolais Vivant à l’Etranger.
Parmi les résolutions de ce congrès, deux points méritent d’être épinglés : La création, et du Haut Conseil des Congolais de l’Etranger, et de la maison congolaise de la culture à Bruxelles.
Des congressistes sont venus de France, de Norvège, de Suisse et du Canada. Est-ce parce que dans nos traditions, la pluie est signe d’abondance et de bénédictions que, malgré la pluie qui arrosé Bruxelles entre 17 heures et 19 heures, que les participants ont rempli la salle de conférence de l’hôtel Comfort situé place Rogier, à Coté de l’hôtel Sheraton ?
C’est à 19 heures que le coup d’envoi est donné par Marcel Nzundu, Artisan de paix et chargé des relations avec les institutions du congrès, après une minute de silence en mémoire des millions de morts congolais, victimes des guerres et de l’instabilité politique au Congo depuis 1996.
Avant que l’on entre dans le vif du sujet, le congressiste Awazi Kasele venu de Suisse fait remarquer son mécontentement pour certaines failles dans l’organisation. Par exemple, qu’on aurait dû au moins trouver des macarons afin d’identifier chaque congressiste, et qu’il n’était pas évident d’être sûr de l’identité de tous ceux qui étaient présents. Ce que lui concède les organisateurs. Le micro est ainsi donné à chacun pour qu’il se présente.
Vient ensuite la projection sur grand écran du reportage «Quelle politique belge vis-à-vis de la République démocratique du Congo ? » Réalisé durant la dernière campagne électorale belge, et présentant la vision de la politique belge pour le Congo, d’un grand nombre de personnalités belges, et des candidats d’origine congolaise.
S’en suit alors un débat général fort animé. La congressiste venue du Canada fera remarquer plus tard que lors de pareils forums, il sied de s’assurer que certains ne viendront pas perturber le déroulement des travaux par légèreté.
Les esprits se calmeront quelque peu. De petites flèches ne manqueront pas d’être lancées de temps à autres. Vers 21 heures, les participants reçoivent un projet de résolutions que l’organisation avait apprêté lors des séances préparatoires des jours précédents.
La parole sera donnée de nouveau aux participants pour des ajouts, ou des amendements.
Une équipe de rédaction sera alors mise en place pour harmoniser les vues et toiletter le texte. Il est 23heures trente quand les résolutions de ce troisième congrès sont lues et applaudies par l’ensemble des participants.
Avant de se séparer, les congressistes discutent de la mise en place d’un comité provisoire du Haut Conseil des Congolais de l’Etranger. Les délégués venus de France étaient formels : ils ne pouvaient pas avoir fait autant de kilomètres, payé l’hôtel et rentrer sans un résultat concret.
C’est ainsi que les décisions suivantes ont été prises :
- A Bruxelles, Un comité provisoire de quatre personnes serait chargé de finaliser les statuts du HCCE, d’élaborer un plan d’action et de concevoir les voies et moyens de créer des représentations du HCCE dans tous les pays où vivent les Congolais
- Les délégués venus d’autres pays étaient désignés d’office pour mettre en place un comité provisoire et sensibiliser les compatriotes de leurs lieux de résidence de l’utilité du HCCE pour les Congolais.
Il est vingt-trois heures quarante-sept quand le mot d’au revoir est prononcé.
Cheik FITA
Bruxelles, le 30 juin 2007
Ci-dessous, les résolutions du 3° Congrès mondial des congolais vivant à l’étranger
RESOLUTIONS DU 3° CONGRES MONDIAL
DES CONGOLAIS VIVANT A L’ETRANGER
Nous, congolaises et congolais, réunis ce jour à Bruxelles en Congrès extraordinaire, suite à l’invitation lancée par la coordination du Congrès Mondial des Congolais Vivant à l’Etranger à tous les compatriotes éparpillés à travers le monde, afin de réfléchir et faire des propositions sur les deux thèmes suivants à savoir :
1. Quelle politique belge pour le Congo pour l’avenir du Congo RD ?
2. la mise en place d’un Haut Conseil des Congolais de l’Etranger
DES CONSIDERATIONS GENERALES
Considérant qu’en ce début de troisième millénaire, l’humanité se trouve déjà confrontée à des grands défis nés de la mondialisation et des effets pervers de l’activité de l’homme sur la nature.
Convaincus que la boulimie des pays dits développés, en ce qui concerne la consommation des matières premières, crée des besoins inédits, discriminatoires, et que cette situation est de nature à menacer la paix dans le monde.
Considérant que dans l’histoire du monde, il est aisé de constater que les civilisations dominantes, pour assouvir leurs besoins, n’hésitent pas à asservir celles qui semblent faibles, et justifient ainsi des tueries, des massacres, des exterminations devant l’autel du profit.
Considérant que les régions du monde ayant actuellement de grandes réserves naturelles en matière première, mais sous-développés, deviennent facilement la proie de toutes les convoitises.
Considérant que ces régions n’ont pas des institutions fortes pour défendre leurs frontières, elles vont inexorablement subir la loi du plus fort à savoir : les grandes multinationales, les Etats peu scrupuleux, petits et grands, les aventuriers de tout bord.
Mus par la ferme conviction que la République démocratique du Congo notre pays présente hélas, tous ces symptômes , est de ce fait une victime par excellence de ces prédateurs sans scrupules.
Considérant que les élections au Congo ont été irrégulières et peu représentatives et que cette situation hypothèque les chances de tous les Congolais à accéder à une vie meilleure.
Déterminés à mener un combat réfléchi, afin de sauver notre pays du naufrage perpétuel. ,
Faisons la déclaration suivante :
I. DES CONGOLAIS VIVANT A L’ETRANGER
A ce jour, des centaines de milliers de congolais vivent en Europe, en Amérique, en Asie. Ils sont devenus les premiers pourvoyeurs de devises du pays, et les premiers opérateurs socioculturels.
Des centaines de milliers d’autres sont hélas exilés malgré eux dans les différents pays frontaliers.
Les meilleurs défenseurs des intérêts de la population congolaise, ce sont ses filles et fils disséminés à travers le monde, suffisamment informés des enjeux politiques du moment, et vivant dans des pays à grande démocratie, où la liberté d’expression est garantie. Le temps est venu pour que ce capital humain soit structuré et organisé.
a. DU ROLE DE LA BELGIQUE DANS LA MARCHE DU CONGO
Durant près d’un siècle, la Belgique a colonisé le Congo, tirant de cet état de choses de très grands profits qui ne sont pas étrangers à son essor économique actuel.
Depuis une décennie, la Belgique a fait un retour très remarqué au Congo au point d’influer sérieusement sur les derniers changements politiques.
Au moment où la Belgique renouvelle son sénat, son parlement et son gouvernement, il importe que les Congolais adoptent une position commune face à ce que sera la politique étrangère de la Belgique vis- à -vis du Congo.
De ce fait, les Congolais, unis au sein du Haut Conseil des Congolais de l’étranger adoptent les résolutions suivantes :
1. DES RESOLUTIONS
a. DU HAUT CONSEIL DES CONGOLAIS DE L’ETRANGER
Il est créé ce jour une structure dénommée : Haut Conseil des Congolais de l’Etranger.
Le Haut Conseil des Congolais de l’ Etranger (HCCE) a pour but de recenser,et unir tous les Congolais vivant à l’étranger et de réaliser ainsi une banque de données fiables.
Un comité provisoire est mis en place pour finaliser les statuts du HCCE, créer des représentations dans tous les pays où vivent les Congolais et élaborer un plan d’action.
Une maison congolaise de la culture à Bruxelles est créée. Un comité directeur est chargé d’en élaborer les statuts et de la rendre opérationnelle le plus vite possible.
b. DE LA POLITIQUE BELGE POUR LE CONGO
Nous basant sur les déclarations des principaux leaders politiques belges lors de la campagne des législatives, nous demandons à la prochaine coalition gouvernementale belge de tenir compte de ce qui suit :
1. DES ANIMATEURS ET DES INSTITUTIONS ACTUELLES AU CONGO
b. Les différentes aides et interventions socio-économiques au Congo doivent autant que possible être réalisées directement avec la population à travers des organisations de la société civile à la base.
c. Un an après les élections, la machine gouvernementale ne parvenant toujours pas à décoller et offrir au peuple un minimum vital, il y a risque de dérive vers la mauvaise gouvernance, la corruption, la confiscation des médias, la traque des journalistes, les violations de droits de l’homme, la poursuite du pouvoir pour le pouvoir tout en s ‘y cramponnant, au détriment du principe politique de l’alternance.
d. Le futur gouvernement belge devrait être très attentif à cela, et dénoncer rapidement tout dérapage.
e. Contribuer à l’avènement d’un tribunal pénal international sur les crimes de guerre et massacres perpétrés sur le territoire congolais pendant la période allant de 1996 à nos jours.
f. Soutenir la mise sur pied d’une politique cohérente du système qui soit en harmonie avec les aspirations du peuple.
g. A quatre ans de nouvelles élections alors que le processus électoral n’est toujours pas terminé, il convient de surveiller les actuels animateurs pour qu’ils ne cherchent pas des prétextes pour se cramponner au pouvoir, et éviter ainsi une alternance, vrai symbole de la démocratie.
h. Etant membre du Conseil de sécurité de l’ONU, la Belgique, à travers son prochain gouvernement doit initier un projet de résolution pour la paix effective à l’Est du Congo, et ce après concertation avec les congolais vivant à l’étranger et les représentants de la société civile au pays.
i. Soutenir les projets concoctés par les Congolais de l’étranger, visant la promotion de droits de l’homme dans les garnisons des forces de l’ordre.
j. Contribuer positivement à la mise sur pied d’une armée véritablement apolitique, républicaine, afin de garantir la sécurité de congolais et des étrangers vivant sur le sol congolais, ainsi que leurs biens.
k. L’adoption d’une politique étrangère préférentielle vis-à-vis du Congo qui devrait être caractérisée par :
i. l’humanisation du mode de délivrance des visas au Congo en ouvrant plusieurs guichets dans certaines communes aussi bien que dans certaines villes du pays
ii. Le traitement particulier des dossiers des « sans papier congolais »
iii. La facilitation pour l’obtention des visas pour les Hommes d’affaires, les artistes, les étudiants et favoriser le regroupement des familles.
iv. Le soutien aux médias indépendants congolais.
v. La création dans les médias publics belges des émissions sur le Congo, par les Congolais d’origine.
vi. La mise en place des modalités de collaboration avec le Haut Conseil des Congolais de l’Etranger dont le siège sera établi à Bruxelles.
vii. Le soutien à la mise en place rapide d’une maison congolaise de la culture à Bruxelles et dans d’autres villes Européennes, Américaines etc.
FAIT A BRUXELLES, le vendredi 29 juin 2007
LES CONGRESSISTES