Info en ligne des Congolais de Belgique

1. Monsieur Jean-Pierre SAMBA, vous êtes président du mouvement pour la révolution des mentalités. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ?
JPS : Oui, merci beaucoup monsieur Cheik FITA. Je suis Jean-Pierre Samba Tele , originaire de la province du Kasaï oriental, sous-région du Sankuru dans le territoire de Lubefu, fils de Tele Omeonga Michel décédé, et de Kodjela Olenga Marie, en vie. Je suis né il y a présentement quarante quatre ans. Je suis obstétricien de formation avec un complément de diplôme en criminologie.
2. Avec votre profil, comment expliquer que vous vous retrouviez en politique ?
Il est vrai qu’à l’appel de la conscience, nul ne peut résister. Nous avons assisté depuis belle lurette à la dégradation du tissu économique et social dans notre pays. Et nous nous sommes dit quelque part, ne pas réagir consisterait aussi cautionner cet état de chose.
C’est la raison pour laquelle qu’en dépit du fait que notre formation de base n’a rien à voir avec la politique, et sachant que la politique c’est l’art de gérer la cité, nous nous sommes sentis concernés dans cette obligation d’amener ce que nous pouvons apporter comme contribution pour que le vécu quotidien de nos compatriotes qui sont aujourd’hui clochardisés, qui vivent une paupérisation sans égal, que cette vie normalement puisse subir des métamorphoses positives. Voilà ce qui a justifié notre déviation de notre formation de base pour embrasser la politique sachant très bien que c’est le bon sens qui doit être mis à profit, pour apporter des réponses aux questions que les gens se posent à longueur de journées.
3. Cela déjà fait un an qu’il y a eu des élections au Congo. Tous les médias occidentaux ainsi que plusieurs hommes politiques et des institutions internationales ont claironné que c’était un événement. Un an après, quel est votre regard sur les institutions issues des élections ?
JPS :
Bon écoutez, moi tout ce que je peux dire à ce stade, c’est que dans un premier temps nous pouvons nous réjouir qu’il y ait eu des élections parce que le peuple en avait besoin. Parce que c’est le peuple qui décide de ce qu’il veut. Et nous les politiciens nous sommes dans l’obligation de l’accompagner dans cette volonté et éventuellement l’orienter dans le bon sens. Aujourd’hui les élections sont terminées. On a des institutions issues de ces élections et un an après, il est vrai que le chantier est encore vide. Il n’y a rien qui est fait dans le sens franchement des attentes que la population avait pour la simple bonne raison que l’équipe gouvernementale qui avait été mise sur pied c’est une équipe qui consistait tout d’abord à se contenter… On voulait à tout prix contenter les uns et les autres qui avaient contribué à une victoire ou à une autre et afin de dire « écoutez, parce que nous avons fait un travail dans ce sens raison pour laquelle nous avons obtenu cette récompense. » Mais dire que les gens qui composent entièrement ce gouvernement sont déterminés avec une conviction sans contradiction… Moi je pense qu’il y a encore du travail à faire … Il y a eu de l’opportunisme dans tout ce qu’on a fait au niveau du gouvernement en commençant par la tête du gouvernement. Une personne qui pouvait tout simplement reconnaître qu’avec son âge, il ne pouvait pas grand chose et essayer franchement de faire jouer la jeunesse pour que cette jeunesse là avec son encadrement , vu son expérience, si expérience il y a, que cette jeunesse fasse un travail que la population devrait normalement ressentir dans les fait ... Parce qu’on ne peut pas tout simplement mettre sur pied un gouvernement obèse et s’attendre tout de suite à ce que tout le monde puisse tirer quelques grammes de graisse à gauche à droite afin de répondre à l’appel du ventre. Non. On met un gouvernement sur pied pour que ce gouvernement palpe du doigt les réalités que le pays vit. Les réalités que le peuple vit, et qu’il puisse faire un effort de trouver des réponses et de solutions adéquates
Jusqu’aujourd’hui, nous pouvons dire sans crainte d’être contredit que la famine continue à prendre le dessus sur le peuple. On est en train de gérer une famine, alors que la famine ça ne se gère pas, la famine ça se combat. Il y a un ministère de l’agriculture. Mais je ne sais pas si cette agriculture, on est en train de la faire en dehors du territoire congolais, pour que le jour, le mois les années à venir, des bateaux commencent à inonder le pays de riz ou bien qu’on l’on voit du manioc venir de je ne sais pas moi du Togo… Mais le Congo a quand même ses sols, il a des forêts, il a des rivières riches et qui pouvaient nourrir sa population… Si rien ne se fait ce qu’il y a quelque part un blocage . Cela veut dire qu’il n’y a pas de volonté politique avérée pour que la population puisse normalement y trouver son compte.
Pour me résumer, je dirai que la population qui avait cru dur comme fer à la capacité de ceux qu’on avait nommé comme membres du gouvernement à résoudre les problèmes, je pense que cette population aujourd’hui est en train de se poser mille et une question sur l’erreur ou bien les erreurs qui ont été commises à cet effet.
4. Quelle est votre projection sur les quatre ans à venir avant qu’il y ait d’autres élections ?
JPS : La projection c’est de dire qu’il fallait que les gens se ressaisissent, qu’il faut que la population normalement se réveille. Si la population continue à subir à longueur des journées les attitudes de ceux qui dirigent aujourd’hui, mais la situation ne changera pas demain, ne changera pas dans quatre ans. il faut que la population se réveille, que la population s’assume, qu’elle prenne ses responsabilités en main, qu’elle change radicalement sa mentalité pour ne pas cautionner n’importe quoi . Qu’elle soit capable de dire non à tout moment qu’il faut dire non. Et dire oui là où il faut dire oui. Et si une population reconnaît qu’elle n’a plus franchement cette valeur là qu’on lui reconnaissait à l’époque, qu’elle s’estime être une sorte de dindon de la farce. Si une observation pareille émergeait, la moindre des choses c’est quoi ? C’est que cette population se prenne en charge, qu’elle ne plonge pas dans une situation d’éternelle assistée .qu’elle soit capable de reconnaître que c’est elle qui est d’abord le souverain primaire, capable de donner et de retirer, capable de manifester un mécontentement. Mais S’il n’y a pas de manifestation de mécontentement, s’il n’y a pas ce pouvoir de donner et de retirer, ceux qui se sont servi de ses voix vont continuer à jouer leur rôle. Et leur jeu. Et l’objectif de ce jeu c’est quoi ? D’être plus heureux eux seuls, d’être plus riches, tout en appauvrissant cette population qui est à la base de leur essor.
5. Qu’est-ce que le peuple congolais peut attendre de votre parti ?
JPS : Nous ne sommes pas de magiciens. Nous sommes un parti politique au même titre que d’ autres partis. Mais je pense que la petite différence que nous nous avons, c’est de ne pas d’aller mentir à la population en disant, nous allons ériger ceci, nous allons bâtir des châteaux sur le fleuve Congo… Notre préoccupation, c’est de demander à la population de révolutionner sa mentalité, et qu’en révolutionnant cette mentalité, que cette population soit capable de se prendre correctement en charge, qu’elle montre et qu’elle démontre à qui veut l’entendre que c’est elle qui est le souverain primaire, qu’elle a entre ses mains ce que peut devenir demain un acteur politique en changeant de mentalité. Un acteur politique ne viendrait plus s’amuser avec la population de n’importe quelle manière , un acteur politique aura alors normalement peur de la population et pourra se dire « si j’ose me comporter comme bourlingueur, cette population est capable de me mettre dehors. » Il faut que ce pouvoir-là de la population ressorte, il faut que la population cesse de comploter avec les acteurs politiques qui se font des bons samaritains là où la population devrait normalement bénéficier de ses droits les plus inaliénables possibles . Et aujourd’hui, le travail que nous nous sommes assignés, c’est de faire en sorte que nous puissions réveiller la conscience de la population à travers une révolution des mentalités.
La révolution pourquoi ? c’est tout simplement l’effort que doit consentir tout citoyen congolais à donner le meilleur de lui-même. C’est cet effort là qui va pousser les uns et les autres à devenir des véritables patriotes qui aiment leur pays. Dès lors qu’on aimera notre pays, notre pays va reprendre son véritable pas vers l’ essor que nous attendons depuis des années et des années .
Donc, on ne peut pas espérer bâtir un pays sans aimer ce pays-là. D’où la nécessité de faire en sorte que le sentiment patriotique qui a disparu quasiment du mental congolais resurgisse à travers le travail que nous sommes en train de faire…
Et le mot de la fin ?
JPS : Le mot de la fin, nous demandons un soutien inaliénable de tout citoyen qui pense que le Congo peut redevenir le Congo, que le peuple congolais peut retrouver de nouveau sa valeur d’antan… De nous soutenir et de nous accompagner dans ce travail. Le MRM, le mouvement pour la révolution des mentalités c’est un parti qui est ouvert à tout le monde. Nous ne sommes pas là pour nous attaquer à x ou a y pour le plaisir de nous attaquer. Nous sommes en train de faire une opposition responsable…
[…] Nous, nous serons toujours là pour interpeller les uns et les autres sur le comportement que nous jugeons irresponsable vis-à-vis du peuple et vis-à-vis du pays tout entier.
Propos recueillis par Cheik FITA