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Info en ligne des Congolais de Belgique

Archives. Mai 2004, question à Louis Michel. Pour ou contre le prolongement de la transition en RD Congo?

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Mai 2004, la RD Congo est sous le régime du gouvernement de transition 1+4, issu du dialogue inter-congolais de Sun City.

Il est prévu une transition de deux ans. Treize mois avant la fin de la transition, les préparatifs des élections générales piétinent. Un risque de prolongation pointe le nez.

Et  en Belgique, la campagne électorale pour les législatives et les élections européennes bat son plein.

La Belgique est très impliquée dans le processus électoral congolais.

Louis Michel, alors ministre belge des affaires étrangères est reçu par des associations de la communauté africaine à l’ULB, Université Libre de Bruxelles. Il est accompagné par plusieurs membres de son parti le MR  parmi eux, deux, d’origine congolaise:  Joseph Amisi et Gisèle Mandaila.

Plusieurs sujets sont abordés, dont celui du Congo.

Louis Michel donne sa lecture et son approche.

À la sortie, nous en profitons pour lui poser une question sur l’éventuelle prolongation de la transition en RD Congo.

Voici notre question suivie de la réponse de l’homme politique belge.

Cheik FITA : Monsieur le ministre, j’écris des articles d’analyses politiques pour le Congo, j’ai juste une petite question sur les élections. Il reste treize mois pour qu’il y ait les élections au Congo (et que la transition prenne fin). Et il y a des manœuvres politiciennes qui commencent déjà pour qu’il y ait prolongation etc.   etc.… Et, qu’est ce que … quel est votre mot dans l’éventualité où il pourrait y avoir prolongation parce qu’apparemment dans le peuple ça ne passe pas

Louis Michel : moi je suis contre une prolongation. Parce que si on prolonge, on va croire qu’on va pouvoir laisser  le système tel qu’il est . Il y a des gens qui vont s’accrocher. Je sais bien qu’il y a certains partis qui ne veulent pas, qui ne sont pas prêts en fait. Et je crois qu’il faut rester dans le délai. On peut très bien faire les élections dans les délais. Puisqu’on est maintenant d’accord pour qu’ils ne fassent pas de recensement mais l’enregistrement simplement . On devrait pouvoir l’organiser sans problème .

De cette interview, il faut retenir ces éléments:

1. L’homme d’état belge s’était déclaré contre la prolongation de la transition;

2. La communauté internationale et le pouvoir congolais de l’époque avaient été d’accord pour supprimer le recensement de la population et se contenter uniquement de l’enregistrement des électeurs.

1. Mais il y eut prolongation de douze mois,

2. L’absence d’un recensement de la population a perduré puis s’est répercutée sur les élections de 2011 qui n’avaient pas joui d’un fichier électoral fiable. 

Ce flou est un des éléments qui a facilité le hold-up électoral qui s’en est suivi.

Conséquences, le pays se retrouve dans une grande crise de légitimité. 

Neuf ans après, il importe de tirer les leçons de cette entorse sur les accords de Sun city. Il y avait  eu à l’époque consensus sur les règles de jeu.

L’attrait du pouvoir pour le pouvoir a depuis lors fait tout voler en éclat. Et aujourd’hui, c’est le peuple qui trinque. 

 

Cheik FITA

Bruxelles, le 14 avril 2013

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