KINSHASA
Ce samedi 10 décembre 2011, au lendemain
de la proclamation des résultats de la présidentielle par la CENI, Kinshasa se réveille avec deux Présidents de la République : l’un sorti des compilations du pasteur Ngoy Mulunda, l’autre
jouissant d’une grande adhésion populaire, surtout dans la capitale Kinshasa, miroir du pays et où le bourrage d’urnes a été combattu avec beaucoup de succès.
Selon nos correspondants à travers la ville de Kinshasa, la circulation est très timide.
Un ou deux taxis ici ou là.
Seuls sont visibles, les véhicules de la police.
Toute la nuit, à Lemba et Matete, il y a eu des coups de feu.
Et au matin, il y a eu des affrontements entre la population et les forces de l’ordre, à
Kiimbi, près du pont Matete (quartier vitamine)
Devant la maison communale de Barumbu, une
vingtaine de jeunes gens ont brûlé des pneus.
Dans la commune de Selembao, les affrontements population-police auraient déjà fait
trois victimes : grièvement blessées ou décédées.
A 10h00, les boutiques étaient encore fermées, idem pour les agences Western
Union.
Signalons que la veille, lors de la publication des résultats, dans les quartiers
populaires, il n’y a pas eu d’explosion de joie.
A la commune de Lingwala sur l’avenue Mushie, monsieur Émile Ngoy, candidat député du
parti présidentiel et ancien ministre a offert à boire à ses supporters pour la « victoire » du raïs des tropiques.
BRUXELLES
Le quartier de Matonge à Bruxelles a été fortement quadrillé le vendredi 8 décembre dès
l’annonce de la CENI.
Pour décourager les manifestants, près de deux cents d’entre eux se sont retrouvés dans
les cachots de la caserne d’Etterbeek.
Et la suite ?
Ce samedi 10 décembre 2011, une marche de colère est prévue. Des congolais de tous les
âges ont décidés de manifester ainsi pour dénoncer ce hold-up électoral, jusqu'au jour où Kabila partira du pouvoir.
Cheik FITA
Bruxelles, le 10 décembre 2011