Près de deux mille personnes ont marché à Bruxelles le samedi 17 décembre 2011 pour
protester contre la proclamation par la cour suprême de justice, de monsieur "Joseph Kabila" comme Président élu lors du scrutin du 28 novembre dernier.
Partie de la Porte de Namur peu après 15h00, la manifestation s’est terminée en
queue de poisson deux heures après au début de la rue Belliard, suite à des échauffourées entre la police et les manifestants, surtout les jeunes.
Ayant été dispersés à coups de gaz lacrymogène, certains manifestants ont cassé des
vitres dans les environs et brûlé un véhicule. Plusieurs biens publics ou privés ont été dégradés.
Les manifestants rappliqueront presque tous vers le quartier Matonge. Selon nos
confrères de la RTBF qui resteront sur les lieux jusque tard, une centaine de personnes ont été arrêtées, et les dégâts matériels importants.
Pourquoi ce pic d’actes repréhensibles?
Sans chercher à les justifier, la racine du mal se trouve loin dans le temps et
dans l’espace et a un nom: "Joseph Kabila", le président sortant.
La présence de "Joseph Kabila" à la tête de la RD Congo a toujours été
difficilement tolérée dans la communauté congolaise.
Lors de la présidentielle de 2006, beaucoup de Congolais avaient été frustrés de
voir comment, et certains grands pays, et plusieurs médias et différentes institutions internationales avaient pris fait et cause pour l’élection de "Joseph Kabila."
En 2011, avec l’entrée en lice d’Étienne Tshisekedi, la majeur partie des congolais
se sont mis à rêver d’un pays enfin démocratique, débarrassé de la corruption et de l‘amateurisme au sommet de l‘état, sans compter l‘omniprésence des personnes à nationalité douteuse.
Hélas, dès janvier 2011, comme pour casser tout rêve d’alternance, monsieur
"Kabila" ne cessera d’émettre des signaux négatifs: tripatouillage de la constitution, corruption des députés, noyautage de la commission électorale nationale indépendante, manipulation de la
magistrature, confiscation des médias publics.
Le summum sera atteint durant la campagne électorale: bâtons dans les roues des
autres candidats, abus des moyens de l‘état pour la campagne...
Lors d’une interview, monsieur "Kabila" affirmera même qu’il était sûr de ne pas
perdre les élections.
D’où lui venait cette assurance, lui dont le bilan des cinq ans de pouvoir était
catastrophique?
C’est quelques jours avant les élections que la vérité éclatera:
Des bulletins de vote cochés à la case de "Kabila" circulaient déjà.
Le jour du scrutin, dans toutes les provinces, on dénoncera des bourrages
d’urnes.
Une certitude: monsieur "Kabila" avait décidé de se cramponner au pouvoir à tout
prix.
La suite on la connaît, la CENI publie des résultats fantaisistes, la cour suprême
de justice entérine.
Résultat aujourd‘hui, grande révolte chez tous les congolais à travers le
monde.
Et les débordements à Bruxelles lors de la manifestation anti-Kabila tirent leur
origine aussi loin.
Quelle piste de sortie?
Monsieur "Kabila" a décidé de se maintenir au pouvoir par tous les
moyens?
Dans la tête des congolais, monsieur "Kabila" devra être défénestré du pouvoir par
tous les moyens.
Un des manifestants que nous avons interviewé dira même ceci: « Kabila a déclaré la
guerre au peuple congolais »
"Kabila" gagnera-t-il cette guerre là?
Non.
La sagesse conseillerait de ne pas s’entêter dans le bras de fer face à un peuple
si déterminé.
Hélas, l’ivresse du pouvoir rend rarement sage.
Cheik FITA
Bruxelles, le 17 décembre 2011