Mardi 31 mai 2011 en soirée dans la salle « aurore » au 722, chaussée de Mons à Anderlecht, entouré des cadres de son parti dont le bourgmestre du coin, Charles Michel, nouveau Président du parti politique belge
MR, a été reçu par la diaspora africaine de Belgique dans une rencontre où selon les organisateurs, toutes les questions seraient abordées sans
tabou ni langue de bois.
Les uns et les autres ont été servis, aucun camp n’ayant le monopole de la vérité,
tout a fusé, et par moments comme de balles perdues, voire des salves incontrôlées.
Comme il fallait s’y attendre, l’échange a tourné en une confrontation
belgo-congolaise. Les autres voix d’africains ? Une rwandaise anti-Kagame, et un ivoirien qui a évité d’aborder le récent conflit Ouatara-Gbagbo.
Et chez le Congolais, où la parole était-elle monopolisée ? Du côté de l’aile
dure de la communauté, bien groupée à la droite de l’orateur. Celle qui avait depuis 2004, diabolisé Louis Michel alors ministre belge des affaires étrangères puis commissaire européen. Oui, le
père de l’orateur du jour.
Tout a été rappelé. sans cela, pas catharsis.
De son côté, le nouveau Président du MR a vanté les valeurs pour lesquelles son parti
se bat : la liberté, dont la liberté d’entreprendre, le respect de l’autre.
Oui, MR. Un lapsus malencontreux s’échappera de la bouche du modérateur, notre estimé
confrère Nlandu Cornelis : MPR au lieu de MR!
Mais Charles Michel, toujours debout quand il parlait, a rappelé qu’en 1999, c’est la
Belgique qui avait mis la RD Congo à l’agenda international avec comme aboutissement les élections de 2006 : un véritable défi relevé dans un pays sans infrastructures.
Et à l’époque c’était un grand espoir pour le Congo.
D’où la désormais célèbre phrase : « Kabila, l’espoir du
Congo. »
Et aujourd’hui ? La réponse sort de la bouche du patron du MR comme une
claque :
« Kabila a déçu » … Contrats léonins avec les chinois, droits de l’Homme,
et cerise sur le gâteau : un coup d’état constitutionnel au tableau de chasse, à quelques mois de nouveaux suffrages. Certes la procédure a été respectée. Mais n’y a-t-il pas eu corruption
pour arriver à la révision constitutionnelle ?
Oui, Kabila a déçu même Louis Michel !
L’affaire Armand Tungulu ? « En Belgique, il y a séparation de
pouvoir. »
A l’issue de cet affrontement verbal, le pont a semble-t-il été établi, photo-souvenir d’ensemble à l’appui, repas et musique partagée.
Les initiateurs de la rencontre ont osé, ils ont réussi à mettre en marche les vertus
du dialogue. Chapeau.
Hasard de calendrier, au moment où nous finalisons cet article, il y a un an jour pour
jour, notre ami Floribert Chebeya passait de vie à trépas… Les suspects ?
Paix à son âme.
Il n’y aurait pas eu de meilleurs moments pour cette retrouvaille
belgo-conngolaise.
A l’avenir, l’orateur Charles Michel et ses interlocuteurs auront-ils davantage de
points de convergences sur la marche du Congo ?
Wait and see.
Cheik FITA
Bruxelles, le 1er juin 2011