Bienvenu SENE MONGABA, Raffi AGHEKIAN, Douglas NTIMASIEMI
Photo, cheikfitanews
Le film documentaire « Kinshasa mboka te » du lushois Douglas Ntimasiemi et du bruxellois Raffi
Aghekian, a été projeté en première le mercredi 24 janvier 2013 dans la salle de théâtre Molière au quartier Matonge de Bruxelles.
Malgré le froid hivernal, presque toutes les places ont été prises d’assaut.
Le globe-trotter Jeroen marckelbach directeur du Vlaams afrikaans huis Kuumba a bien réussi son coup de mobilisation.
Avant la projection, l’écrivain et éditeur Bienvenu Sene Mongaba a introduit la soirée en donnant la parole aux deux cinéastes.
« Kinshasa mboka te », de belles images, des angles de prise de vue variés, juste un petit excès de gros plans de certains visages, une
multiplicité d’intervenants, des scènes chronométrées.
Durant cinquante deux minutes, le public a été plongé dans le quotidien du kinois : brigands appelés « kuluna », enfants de la rue
appelés « shégués », débrouille pour survivre, police tentant tant bien que mal de secourir la population, télévisions locales qui essaient de relayer le plus rapidement possible les
cris de détresse de ces millions de démunis face à toutes sortes de malheurs : inondations, agressions, crimes passionnels, scandales…
Tourné dans plusieurs quartiers de la capitale congolaise, le film « Kinshasa mboka te » montre malgré lui l’environnement dans lequel
vit, mieux, survit le kinois : bâtiments publics délabrés, véhicules de transport déglingués, colonnes interminables de piétons sur les routes, vie misérable du plus grand nombre… Malgré
cela, dans le regard du kinois, transparaît un désir incroyable de vivre, de s’agripper, même à la plus petite perche, tous convaincus que quelque part, il y a un blocage, et un petit
déclic pourrait faire sauter la pesanteur, et transformer les différentes opportunités de cette mégapole multiculturelle en atouts.
Volontairement sûrement, il n’y a pas dans le film de doigt pointé vers qui que ce soit pour les causes profondes de cette vie infrahumaine
imposée à une population innocente, véritable chape de plomb au dessus du kinois.
Si littéralement « Kinshasa mboka te » peut se traduire par : « ça, c’est pas un pays ! », le sens
intrinsèque de l’expression peut être saisi en scrutant attentivement ce phénomène perceptible dans le film : Quand il y a présence d’une caméra, cela suscite
presqu’automatiquement chez le kinois le reflexe de parler, de témoigner, d’être entendu, d’interpeller, parfois même de cracher son ras-le-bol.
Et tout peut cela peut être résumé en trois mots : Kinshasa-mboka-te !
Cheik FITA
Bruxelles, le 25 janvier 2013
Pierre KOMPANY,Eve BAZAIBA,Raffi AGHEKIAN, Douglas NTIMASIEMI
Photo, cheikfitanews