L'abbé Malu Malu au parlement belge. Photo cheikfitanews
S'il est des hommes qui doivent très bien connaître la constitution de la RD Congo, l'abbé Malu Malu est de ceux-là. Il
avait battu campagne pour son référendum, et cette constitution est son premier outil de travail en tant que Président de la CENI, s’il veut s’attirer la confiance des différentes parties en
présence.
Pourtant, lors de son passage au parlement belge le 21 janvier dernier, l'abbé Malu Malu avait fait allusion à deux
scénarii pour les prochaines élections provinciales, dont l'un pose problème.
Il avait affirmé qu’il proposerait à ce qui sert de parlement au Congo la possibilité de choisir entre le suffrage direct
et le suffrage indirect pour les provinciales.
Et cela est même consigné dans les annales du parlement belge de la façon suivante:
"La CENI entend proposer deux scénarios au Parlement concernant l’organisation des élections.
Un des scénarios évoqués est qu’après les élections urbaines, municipales et locales, un corps électoral d’élus locaux
élise les membres des assemblées provinciales, qui désigneraient ensuite les gouverneurs et vice-gouverneurs de province et les sénateurs"
Mais que dit la constitution à ce propos? Voici:
« Article 197
L'Assemblée provinciale est l'organe délibérant de la province. Elle délibère dans le domaine des compétences réservées à
la province et contrôle le Gouvernement provincial ainsi que les services publics provinciaux et locaux. Elle légifère par voie d'édit.
Ses membres sont appelés députés provinciaux.
Ils sont élus au suffrage universel direct et secret ou
cooptés pour un mandat de cinq ans renouvelable. »
Où donc monsieur Malu Malu était-il allé tirer son deuxième scénario?
Au nom de quoi pouvait-il se permettre d'outrepasser les attributions de la CENI en cherchant à contourner la
constitution?
Peut-on s’imaginer que monsieur l’abbé Malu Malu était ignorant de cela?
Difficile, pour ne pas dire impensable.
Dans quelle mesure peut-on alors faire confiance à notre abbé pour la suite du processus?
Après les élections de 2006, monsieur Malu Malu avait été désavoué et éjecté de la commission électorale.
C'est vraiment par le chat de l'aiguille qu'il est revenu à la tête de la CENI. Ne peut-on pas désormais se poser la
question suivante: Pour quelle mission est-il revenu? Au vu de cet impair, sûrement, pour une mission peu ou pas catholique du tout.
Ci-dessous les extraits vidéo de cette proposition
atypique.
Bruxelles, le 3 février 2014
Cheik FITA