Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
PHOTO Journal Le Monde
Il y a un an jour pour jour, nous écrivions ce billet: "Guerre au Nord-Kivu, la guerre de trop durant un mandat de trop".
C'était en réaction à la situation de guerre causée par les pseudo-rebelles du M23.
Un an après, quel bilan? Quelques mois après la publication de cet article, le pouvoir de Kinshasa avait lancé ce qu'elle considérait comme une trouvaille :La cohésion nationale!
Il est du devoir de tout congolais épris de paix et d'amour pour son compatriote Congolais, surtout ceux qui sont opposés au système politique actuel en RD Congo, de relire ce billet et d'en tirer les leçons, au lieu de s'embarquer dans de rencontres quelque peu folkoloriques, dont le but inavoué est de se cramponner au pouvoir. Un mal se guérit à la racine.
Bruxelles, le 9 juillet 2013
Cheik FITA
photo congovision
Durant le week-end du 6 au 8 juillet 2012, des centaines de milliers de Congolais qui vivent à l’étranger ont suivi, les images diffusées par toutes les grandes télévisions du monde, montrant des militaires congolais fuyant la guerre à Bunagana au Nord-Kivu et allant se réfugier en Ouganda.
Images humiliantes pour tout un peuple.
Dans leur fuite, ces militaires ont certes cherché à sauver leur peau, mais hélas, en abandonnant derrière eux, et l’armement lourd qui a coûté des millions au contribuable congolais, et la patrie qu’ils ont pourtant le devoir de défendre jusqu’à la mort. Les premières victimes? Des milliers d'enfants, femmes et vieillards, contraints de fuir leurs villages face à la bêtise humaine!
À se demander où se trouvent les chars que le régime de "Joseph Kabila" mettait dans les rues contre les manifestants civils avant, pendant et après les élections chahutées du 28 novembre 2011.
En quoi cette énième guerre à l’est de la RD Congo concerne-t-elle le congolais anonyme ?
Les pseudo-rebelles à la solde de Kigali prétendent qu’il y avait eu un accord entre eux et le régime sortant de monsieur "Joseph Kabila".
Ce deal n’est-il pas tombé caduc après les élections du 28 novembre 2011 ?
Monsieur "Joseph Kabila" contre qui ils se battent n’est à la tête du pays que par défi, s’étant cramponné au pouvoir qu’après un hold-up électoral qui a humilié la RD Congo, et kalachnikov à l’appui.
Sans cela, monsieur "Joseph Kabila" ne serait-il pas déjà un simple citoyen et le deal du 23 mars 2009 jeté à la poubelle comme un chiffon ?
Ceux qui se font appeler M23, ne sont-ils pas un groupe armé à majorité mono ethnique dans un pays qui en compte quatre cents ? Et eux, et leurs revendications sont-ils représentatifs des aspirations profondes du peuple congolais ?
Quand un pays est en guerre, c’est toute la nation, tout le peuple, toutes tendances politiques confondues, qui se mobilise comme un seul homme pour bouter l’ennemi dehors.
Un seul mot d’ordre du chef suprême qu’est le Président de la république suffit.
Notre histoire récente l’atteste. Au lendemain du 2 août 1998 quand ce qui deviendra RCD envahit Kinshasa, Feu Laurent Désiré Kabila parvint à mobiliser le peuple congolais et particulièrement la jeunesse de Kinshasa la capitale, contre l’agresseur rwandais. Pourtant, quelques semaines plus tôt, le même Laurent Désiré Kabila était très impopulaire à Kinshasa…. À cause des rwandais qui étaient dans les rouages du pouvoir !
À l’image de Mzee Kabila son prédécesseur, "Joseph Kabila" est-il en mesure aujourd’hui de lancer un message de mobilisation générale du peuple congolais ?
Ou enverra-t-il ses hommes s’agenouiller devant Kagame, véritable patron des dénommés M23 ?
L’actuelle guerre du Nord-Kivu a mis à nu les limites d’un régime qui se cramponne au pouvoir contre la volonté du plus grand nombre.
La racine du mal, de cette humiliation de tout un peuple à la face du monde, n’est-ce pas ce mandat post-28 novembre 2011 de monsieur "Joseph Kabila" ? Un mandat qui a créé une grande fracture dans la Nation congolaise avec d’un côté, une clique qui s’est accaparé de tout, et de l’autre, le gros de la population floué à l’issue des élections, désabusé, et maintenu dans une misère noire. Un mandat usurpé, un mandat de trop.
Cheik Fita
Bruxelles, le 9 juillet 2012
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog