Mardi 6 décembre 2011 en milieu d’après-midi, la police belge a fait une descente au quartier de Matonge où
une centaine de Congolaises et Congolais manifestaient spontanément contre le hold-up électoral que monsieur Kabila, président sortant en RD Congo prépare.
À coups de matraques et coups de pieds, les manifestants ont été arrêtés sans ménagement et embarqués dans des bus et
fourgonnettes de la police.
Ils ont été emmenés à la caserne d'Etterbeek. Parmis eux, Patrick Kanku, Président de la jeunesse de l'UDPS-Benelux.
La station Métro Porte de Namur a été fermée .
L’action de la police pourrait être expliquée par les grandes dérives qu’il y a eues la veille. Une sorte d’action
préventive.
Mais cela est-il suffisant et approprié?
Le mouvement des Congolais a une origine politique. La meilleure façon d’éviter cela n’est pas d’arrêter les manifestants, mais
d’envisager une approche politique.
Ce qui motive les congolais, c’est le grand ras-le-bol face au mépris de monsieur Kabila pour le souverain primaire.
Le gouvernement de monsieur Di Rupo qui vient d’entrer en fonction devra tenir compte de ce signal qu’est l’expression de la
communauté congolaise de Belgique. Et surtout ne pas avoir un discours ambigu face au pouvoir sortant qui a montré ce dont il est capable: corruption, détournements, tripatouillage de la
constitution, séquestrations, tueries, assassinats, mauvaise gouvernance et maintenant: bourrage des urnes doublé d’un hold-up électoral.
En début de soirée, d’autres manifestants sont venus remplacer ceux arrêtés.
L’engouement pro-changement est loin de s‘estomper.
Cheik FITA
Bruxelles, le 6 décembre 2011