Info en ligne des Congolais de Belgique
Malu Malu et le député belge Mohammed Jabour. Photo cheikfitanews
Monsieur l’abbé Malu Malu, président de la CENI, commission électorale nationale indépendante de la RD Congo était au parlement belge le mardi 21 janvier 2014 à partir de 14h15, Comme annoncé sur le site de la chambre des représentants.
C’était pour un échange de vues avec les membres de la commission des relations extérieures auxquels s’étaient joints ceux de la commission de défense du sénat.
L’abbé Malu Malu avait dix minutes pour sa communication. Celle-ci était axée sur le job que la CENI s’est donné.
Dès l’installation de leur comité, les membres de la CENI ont procédé à une évaluation du processus électoral qui avait crashé au lendemain du 28 novembre 2011.
De là, la CENI a élaboré une feuille de route du cycle électoral 2013-2016. l’exécution de celle-ci est en marche.
Première stratégie dans cette marche : vider les arriérés électoraux à savoir :
Les élections urbaines municipales et locales, les élections provinciales et les élections sénatoriales.
Selon monsieur Malu Malu, cela permettrait d’envisager avec quiétude les législatives et la présidentielle de 2016.
Ainsi, les élections urbaines, municipales et locales sont fixées non plus en décembre 2014, mais vers février 2015.
Deux scénarii sont possible selon que le parlement décidera que les provinciales soient au scrutin direct ou indirect.
L’ensemble peut avoir lieu en 2015, si l’option est levée pour le scrutin direct. Dans le cas contraire, les locales auront lieu d’abord, et les autres scrutins, les nationaux attendront 2016.
Le fichier électoral des élections locales sera un fichier corrigé, tandis que celui de 2016 sera tiré du recensement administratif qui commence cette année et qui pourrait durer un an et demi. Un registre national pourrait ainsi (enfin) exister. La liste électorale sera tirée du registre national.
Cadre légal
Il est prévu un code électoral avec un projet de loi portant organisation des élections urbaines, municipales et locales, une loi portant organisation des élections provinciales et sénatoriales et enfin une loi sur les élections législatives et présidentielle.
Parmi les priorités de la CENI, il y a :
1. La conception d’un module de transmission rapide et sécurisée des données électorales. Ainsi, il sera possible par exemple de scanner les PV des résultats dans chaque groupement, dans chaque ville.
2. Le deuxième grand projet de la CENI est un projet de cartographie opérationnelle. Ainsi, il y aura par exemple près de 6.000 circonscriptions locales. Il y a nécessité d'en avoir la maîtrise.
Enfin, la CENI a prévu un cadre de concertation avec les partis politiques : protocoles d’accord, code de bonne conduite.
La CENI pense aussi à l’intégration des femmes avec l’espoir d’atteindre 30% des femmes dans les assemblées délibérantes.
Lors de leurs interventions les parlementaires ont abordé plusieurs problèmes :
Les différentes critiques sur les élections de 2011,
Le fait que le peuple avait le sentiment que les résultats proclamés ne reflétaient pas son vote,
Les critiques sur l’accession de Malu Malu à la tête de la CENI et la crédibilité de la CENI elle-même,
Le timing des scrutins jamais respectés,
La sous-représentativité des femmes dans les institutions,
Le rôle des médias,
La neutralité de la justice,
Le manque de clarté dans le fichier électoral,
Le non respect de la constitution,
L’échange a ainsi duré plus d’une heure, l’abbé essayant de rassurer de son mieux l’auditoire.
À l’issue de l’échange, monsieur Malu Malu s’est mis à la disposition de la presse qui est également revenue sur les différents griefs dont on accuse la CENI, et son chef :
La nécessité pour la CENI d’être au milieu du village et l’obligation de prendre langue avec les différents camps, sous peine de décrédibiliser son rôle d’arbitre,
La méfiance des Congolais vivant à l’étranger, pire son désaveu du processus électoral congolais,
L’opacité des élections de 2011 et la soif inassouvie de la vérité des urnes,
Quelles conclusions tirer de cette échange ?
Au moins une : Dans l’état où se trouve la RD Congo depuis dix ans au moins, la démocratie aurait due commencer par la base et non par le sommet. C’est ainsi qu’à Sun city, il avait été décidé d’organiser les élections de la base au sommet. Sur les cartes électorales de la défunte CEI, il était bien inscrit cet ordre : recensement, élections locales, élections législatives, élection présidentielle.
En 2006, on commençât par les législatives et la présidentielle. Qui était alors président de la commission électorale ? Monsieur l’abbé Malu Malu !
Il est curieux d’entendre aujourd’hui le même Malu Malu affirmer pince-sans-rire ceci : « Les élections urbaines municipales et locales permettent de stabiliser le pays… » En tant que « Stratégie qui commence à la base. »
Ne le savait-il pas à l’époque ? N'aurions-nous pas éviter tout ce gâchis? Et l’auditoire qui a été certes attentif, mais n’ayant apparemment pas une mémoire courte, délivrera-il un blanc-seing à notre abbé comme lors des élections de 2006 ?
Bruxelles, le 22 janvier 2014
cheik FITA
Le sénateur Karl Vanlouwe a posé des questions en néerlandais:
- Concernant la neutralité et l'objectivité du CENI
- Une deuxième question concernait le budget. Est-ce que la communauté internationale et la Belgique allaient soutenir l'organisation des élections avec un budget ? Y aurait-il aussi des conditions pour le soutien financier ?