Des centaines de Congolaises et Congolais ont manifesté le samedi 7 janvier 2012 après-midi dans la ville flamande de Leuven.
C’était pour dénoncer le hold-up électoral du tandem Joseph Kabila-Ngoy Mulunda.
Le rassemblement a eu lieu à la grand-place de Leuven. Durant près de quatre-vingt dix minutes, les manifestants ont
chanté et scandé des slogans en faveur d’Étienne Tshisekedi, et d’autres, contre Joseph Kabila.
Des messages ont été donnés par quelques personnalités politiques belges dont le député Laurent louis, monsieur Eddy
Geens un ami du Congo, des délégués venus de France et de Bruxelles.
Il sied de noter la présence discrète du président du Parlement flamand.
Peu après 15heures, à l’issue de quelques tours à la grand-place, les manifestants ont pris la direction de la gare de
Leuven via le boulevard Bondgenoteenland
Sur le parcours, des membres de l’organisation ne cessaient de remettre aux passants des tracts expliquant le sens de la
manifestation. Les habitants de Leuven suivaient avec curiosité cette longue colonne de manifestants. À la tête de la marche, il y avait un véhicule de la police ainsi qu’un seul policier à
pied. Sur le trottoir, encadrant la marche, il y avait à peine une dizaine de policiers en tenue. Quelques fourgons de la police étaient parqués discrètement, très loin des manifestants. Et
durant la marche, ils se rapprocheront pour clôturer la colonne humaine.
À l’issue de la marche, des communiqués pour le prochaines marches seront donnés. L’hymne national congolais clôturera
le tout.
La manifestation se terminera dans le calme, sans incidents. Ceux de Bruxelles qui étaient venus par cars rentreront par
le même moyen, ceux qui étaient venus de différentes villes de Belgique prendront train.
Les leçons de cette manifestation:
1. L’étiquette de manifestants violents, collée à la communauté congolaise de Belgique est désormais taillée en
pièce.
2. L’agressivité de la police bruxelloise à la limite du racisme doit désormais être analysée sérieusement, et
interpeller le politique belge.
3. Ceux qui durant longtemps ont véhiculé une image négative du congolais à savoir « BMW » (bière, musique, femmes)
doivent désormais déchanter.
4. Ceux qui pensaient que les congolais allaient se fatiguer après quelques jours de manifestations doivent ravaler
leurs paroles. L’éveil patriotique est plus que jamais au zénith.
5. De plus en plus de leaders belges se rendent compte que durant longtemps la politique de leur pays vis-à-vis du Congo
était artificielle et au profit d’une clique d’individus.
6. Dans l’opinion belge, de plus en plus de citoyens comprennent la révolte des congolais et adhèrent à leur mouvement
légitime contre le hold-up électoral de monsieur Kabila.
7. Un fossé se creuse de plus en plus entre la communauté congolaise de Belgique et les grands partis
francophones.
8. L’idée de voter massivement à Bruxelles pour les partis néerlandophones fait du chemin.
9. Le 14 octobre prochain, jour des élections communales, il ne serait pas étonnant de voir des belges d’origine
congolaise sur les listes des partis flamands comme la NVA. Seront électeurs, non seulement les belges d’origine congolaise, mais aussi tous les résidents congolais totalisant cinq ans ou plus:
ils sont nombreux.
10. Et le plus important, c‘est en RD Congo: Monsieur Kabila doit plus préparer et négocier son départ que de chercher à
se cramponner au pouvoir, absence de légitimité oblige: les Congolais vivant à l’étranger ont pris conscience de leur (énorme) poids politique et économique. Ils ne laisseront pas s'installer
l'imposture et auront en point de mire un objectif: À brève ou moyenne échéance, pencher définitivement la balance du coté de la vérité, de la justice et de celui qui le
28 novembre dernier,avait réellement catalysé vers son nom le plus grand électorat congolais: monsieur Étienne Tshisekedi.
Leuven, le 7 janvier 2012
Cheik Fita
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