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Par Cheik FITA
Mercredi 12 décembre 2012 dans la soirée, le livre « Le parler kinois » de Roger Mazanza a été baptisé au centre culturel africain flamand « Kuumba » de Bruxelles. C’était dans le cadre des activités de l’association « mémoires Congo-Afrique »
« Le parler kinois » est un lexique du langage kinois édité par « le cri, buku » avec le soutien de Wallonie Bruxelles International. Il compte 193 pages avec plusieurs illustrations d’un tout jeune garçon: Arsène Laurent et préfacé par André Yoka Lye Mudaba.
Roger Mazanza est licencié en philologie romane de la promotion 1971 de l’université de Kinshasa ex-Lovanium. Il est journaliste à l’agence congolaise de presse depuis 1973.
Selon l’auteur, l’idée d’écrire ce livre était née d’une rencontre fortuite dans un salon de coiffure du quartier Matonge de Bruxelles. Écoutant des jeunes parler, il s’était rendu compte que le sens de certains termes pourtant courants, lui passaient au dessus de la tête.
Sont donc repris dans ce livre un grand nombre de termes ou d’expressions à la mode hier ou d’autres en vogue aujourd’hui.
Le livre est indirectement une peinture de cette société kinoise pleine de paradoxes: le désir de l’ambiance » d’un côté, un quotidien merdique n’offrant presque pas de perspectives de l’autre à cause de l’incurie de dirigeants dont la plupart ne se sont jamais intégrés à Kinshasa,
Des « bauta, des bavila, des mbokatiers »… Pire, certains, des étrangers tout simplement. Un observateur avisé décèlerait facilement dans tous ces néologismes kinois un esprit vif et très éveillé, d'une population jamais domptée qui, à l'image du roseau plie sous la tempête, mais ne rompt jamais. Esprit éveillé jaugeant en permanence la capacité de résistance de ce qui sert de pouvoir politique. Pouvoir que ces kinois ne se gêneraient pas de balayer à la moindre faille, et en moins d’une journée.
Les belges avaient eu droit à un coup de semonce le 4 janvier 1959, dont on connaît la suite, Mobutu eut droit au sien lors des pillages des années 90, une des causes lointaines de sa fuite de Kinshasa le 16 mai 1997.
Peut-on déceler ou retrouver dans le livre de Roger Mazanza certains vocables actuels du kinois, prémonitoires au balayage du système qui s’est cramponné au pouvoir depuis le 28 novembre 2011?
Oui.
Cheik FITA
Bruxelles le 22 décembre 2012
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