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Par Cheik FITA
22 avril 2008 au Palais d'Egmont à Bruxelles, Kengo Wa dondo
Président du Sénat congolais. Photo cheikfitanews
Après la chambre basse, le sénat congolais a à son tour voté pour la révision constitutionnelle, avec un article phare : l’élection présidentielle à un tour. Oui, possibilité d’avoir un chef d’Etat moins populaire qu’un chef de clan ! Un chef de bande pratiquement. Faut le faire ! Comme lors de la séance à la chambre basse, les sénateurs de l’opposition ont quitté la salle avant le vote, préservant ainsi leur honneur face à l’implacable jugement de l’Histoire.
Nul n’est dupe : toute cette mascarade n’a que deux motivations : le pouvoir pour le pouvoir d’un côté, la cupidité et le goût du lucre d’autre part. Mais cela suffira-t-il à pérenniser le système face à la tempête électorale qui pointe à l’horizon ? La « majorité » circonscrite dans l’enceinte du palais du peuple de Kinshasa saura-t-elle résister à la poussée des millions de laissez pour compte qui n’ont retiré que misère de la législature qui s’achève ?
Aux partis d’opposition de prouver à la population qu’ils sont en ce moment l’alternative, capable de gagner, quelques soient les contorsions et les manœuvres du système finissant.
Cheik FITA
Bruxelles, le 13 janvier 2011
Ci-dessous cette déclaration.
L’Opposition politique porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale qu’il se passe, en République Démocratique du Congo, une révision constitutionnelle par effraction. Une révision qui viole ouvertement et intentionnellement la Constitution et les règles élémentaires de procédure. L’Opposition politique dénonce le prétexte fallacieux selon lequel il n’aurait pas d’argent pour organiser les deux tours des élections présidentielles.
En effet, il y a à peine 30 jours que
le Parlement vient de voter un budget pour l’exercice 2011. Au cours des discussions y relatives, le Gouvernement a affirmé publiquement que les fonds nécessaires pour les élections étaient
couverts, ce qui a été confirmé par le Président de la République dans son discours à la nation du 8 décembre, d’une part.
D’autre part, la communauté internationale non seulement elle a souscrit à contribuer au budget des élections mais aussi elle est entrain de mettre sa part à la disposition de notre
Gouvernement.
L’Opposition souligne que la motivation est autre. Cette révision vise à mettre un terme à la démocratie que le peuple congolais a acquis avec tant des peines.
L’Opposition politique du Sénat
dénonce une révision constitutionnelle qui se fait dans le cafouillage, qui n’était pas inscrite à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Sénat, une révision qui touche même aux matières
non révisables par exemple l’indépendance du pouvoir judicaire qui est supprimée Cfr Article 149 de la Constitution, une révision dans la précipitation, en procédure d’urgence alors que
personne n’assume avoir demandé la procédure d’urgence même si par ailleurs la Constitution interdit pareille procédure lorsqu’il s’agit de sa révision, une révision sous-tendue par l’achat des
consciences.
L’Opposition politique du Sénat a tout fait pour ramener les collègues de la Majorité à la raison, en vain. Ne pouvant pas cautionner pareille ignominie, elle a décidé de quitter la salle et
laisser les Sénateurs de la Majorité assumer seuls devant Dieu, devant le peuple et devant l’histoire la responsabilité d’avoir ruiné la démocratie et éteint les espoirs d’un peuple qui
commençait à relever la tête.
Fait à Kinshasa, le 13 janvier 2011
Les Sénateurs de l’Opposition
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