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Info en ligne des Congolais de Belgique

REPONSE DE C. BRAECKMAN A LA LETTRE D'INDIGNATION D'UN GROUPE DE CONGOLAIS

CHEIKFITANEWS-DSCN4301--2-.JPG

24 avril 2007, espace Matonge. Colette Braeckman en conférence devant un public congolais. PHOTO cheikfitanews 

En date du 12 janvier dernier, nous avons publié une lettre d’indignation d’un groupe de Congolais, adressée à notre consoeur Colette Braeckman sous le titre : « HOLD-UP ELECTORAL DE KABILA. COLETTE BRAECKMAN SE FAIT REMONTER LES BRETELLES »

Notre consoeur a répondu à cette lettre.

À la lecture de cette réponse, l’on peut se poser une question :

Le fond et la forme de cet article de  Braeckman  faciliteront-ils oui ou non une convergence de vues entre la journaliste et la  communauté congolaise?

Ci-dessous la réponse de Collette Braeckman

Bruxelles, le 24 janvier 2012

Cheik Fita

 Quelques éléments de réponse à une poignée d’”indignés” congolais.

“J’ai bien reçu votre lettre exprimant vos sentiments d’ « indignation » à la suite de mes articles et j’ai eu l’occasion de voir la large diffusion de votre prose sur Internet. Je salue aussi les diverses ONG et le sites qui relaient votre point de vue avec obligeance.
Quelques points ont retenu mon attention et je me permets de vous les communiquer.

1.Ayant suivi les derniers jours de la campagne électorale et le déroulement des élections à Kinshasa, j’ai pu constater, de visu, le climat de violence et de méfiance qui a marqué le dernier jour de cette campagne et le déroulement du scrutin. J’ai constaté le déployement des forces de sécurité, les provocations auxquelles elles ont été confrontées et les réponses, parfois violentes, qu’elles ont apporté. J’ai relevé aussi la dignité et le sérieux de la plupart des électeurs, la vigilance des observateurs, la bonne volonté de la plupart des responsables des bureaux de vote qui ont tenté de trouver des solutions aux nombreux problèmes qui se posaient. J’ai observé  la réalité d’un « vote sanction », le désir de voir les conditions sociales s’améliorer au plus tôt et la critique généralisée d’une certaine corruption du système. Partout ces aspirations ont été exprimées de vive voix et elles se sont traduites dans les votes enregistrés dans la capitale.

2. N’ayant pas suivi les élections à l’intérieur du pays, je n’ai pu, pour me faire une idée d’ensemble, que m’en remettre aux conclusions des principales missions d’observation : les Africains, les Européens, la Commission Carter.  Si les observateurs africains n’ont pas critiqué le déroulement du scrutin, en revanche les missions « occidentales » ont relevé des cas de fraude, d’irrégularités.  En outre, de nombreux témoignages, confirmant des scènes que j’avais pu observer moi-même dans la capitale, ont fait état d’actes de violence et d’intimidation commis par les partisans de M. Tshisekedi durant les opérations de vote. Cela aussi fait partie des « irrégularités » et certains résultats enregistrés dans le Kasaï sont au moins aussi surprenants que des scores obtenus dans le Katanga.
Cependant, aucune de ces missions d’observation n’a remis en cause « l’ordre d’arrivée des candidats », ce qui signifie que  M. Kabila aurait obtenu davantage de votes que son challenger immédiat M. Tshisekedi. Cela fait de lui, arithmétiquement, le vainqueur des élections présidentielles. Seul Mgr Monsengwo a remis ce fait en cause, mais les chiffres qu’il avançait ont par la suite été démentis. Dans d’autres pays, le vaincu félicite le vainqueur et se prépare pour l’échéance suivante. Tel n’est pas le cas au Congo…

3. Au vu des résultats  obtenus par tous les candidats de l’opposition, je persiste à penser que si trois d’entre eux avaient réussi à s’entendre et à présenter un front uni, un programme commun et une répartition équilibrée des postes, ils auraient eu une chance de l’emporter. Comme  ce ne fut pas le cas, à qui faut-il imputer les conséquences de ce manque d’unité ? Malgré le coup de force qu’a représenté le changement de la Constitution, où le scrutin à deux tours a été représenté par un vote à un tour, l’opposition gardait une chance de modifier la donne, à condition de le vouloir vraiment et de mettre en place une stratégie adéquate.
4. Relatant la conférence de presse de M. Felix Tshisekedi (où les journalistes professionnels étaient en nette minorité par rapport aux militants et où la prise de parole commença avec un retard de 45 minutes) j’ai jugé utile de rappeler, outre l’essentiel de ses propos,  qu’il était le fils de son père. Reprenant une pratique éprouvée en la matière, aurais je du mettre ce fait en doute ? Comment imaginer que cet élément d’information  rappelé aux lecteurs pouvait être considéré comme une critique ?
5. En ce qui concerne la situation dramatique de l’Est du Congo, j’en ai déjà parlé souvent, dans des reportages, des articles, des livres et je le ferai encore. Je vous invite vivement à vous y rendre à votre tour  pour marquer sur le terrain votre solidarité avec ces populations qui souffrent.

6. Je vous remercie pour l’attention avec laquelle vous lisez mes articles, pour le ton correct de votre mise au point, dont pour une fois les injures sont absentes, et je vous assure de tout l’intérêt que je porte au débat démocratique au Congo et plus largement, au développement de ce pays qui m’est cher, à moi aussi.
Je vous confirme aussi mon intention de continuer à écrire librement sur des sujets d’actualité congolaise en dépit des menaces éventuelles, des intimidations et des procès d’intention, qu’elle qu’en soit la provenance.

Bruxelles, le 23 janvier 2012.

 CHEIKFITANEWS-DSCN4301--1-.JPG

 

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K
Toujours la même rhétorique de la part de Colette Braeckmann :<br /> - elle ne dit rien sur l'ampleur de la fraude et des "irrégularités"; Où sont les PV originaux ?<br /> - elle ne justifie pas objectivement comment ces irrégularités ne modifient pas l'ordre d'arrivée des candidats (pas de donnée chiffrée);<br /> - elle minimise la responsabilité du pouvoir dans la dégradation de la situation actuelle. Les bavures policières, les meurtres de prostataires, tout cela pour elle relève de la norme ! Que se<br /> passerait-il si les manifestations en Belgique étaient reprimées dans le sang ?<br /> - elle approuve les manigances du pouvoir en place pour se maintenir (scrutin à 1 tour au lieu de 2, etc.) D'après elle, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Pitoyable.<br /> - Elle considère l'opposition comme seule responsable de sa défaite du fait d'un départ en ordre dispersé. Pourtant, rien ne permet d'affirmer que l'opposition l'aurait remporté si elle présentait<br /> 1 seul candidat. Avec la fraude, impossible d'exploiter une quelconque donnée statistique ! Le problème n'est pas que l'opposition doive gagner à tous prix mais bien que la vérité des urnes soit<br /> respectée et que les résultats soient crédibles ! Si KABILA a gagné, qu'on en produise les preuves contestables par tous. Bureau de vote par bureau de vote, CLCR par CLCR. Qu'on mette à disposition<br /> de quiconque les urnes scellées avec les bulletins de vote pour permettre un recomptage éventuel. Tous les pays démocratiques lde la planète le font. Pourquoi le Congo qui se dit démocratique<br /> échapperait-il à ce principe élémentaire de transparence et de gage de bonne foi ? Et qu'on ne vienne pas nous rabattre les oreilles avec des phrases du genre " oui mais le Congo est un grand pays,<br /> post-conflit et qui ne dispose pas d'infrastructures modernes pour qu'on aie des élections parfaites !" C'est une question de VOLONTE. Quand on VEUT bien faire les choses, on le PEUT et on se donne<br /> les moyens. On associe tout le monde. On ne passe pas son temps à se demander comment se maintenir coûte que coûte au pouvoir.<br /> <br /> Autre chose, Colette ne cache visiblement pas sa profonde antipathie à l'égard de Tshisekedi. Sa fin sera selon ses oeuvres.<br /> Qu'on se le dise !