Info en ligne des Congolais de Belgique

En attendant le prochain épisode du « je t’aime moi non plus »
Kabila-Leterme, les relations belgo-congolaises souvent en dents de scie, ont connu un réchauffement non-négligeable : le parlement de la communauté française de Belgique a reçu dans son
hémicycle, la deuxième personnalité de la République démocratique du Congo ainsi les présidents de toutes les onze provinces de notre pays : un grand coup
diplomatique.
C’était ce jeudi 23 octobre 2008 dans le cadre d’un colloque ayant pour thème : « consolider la démocratie en République démocratique du Congo. »
La journée a commencé à huit heures trente, à la présidence du parlement de la communauté française, au 6, rue de la Loi, par une conférence de presse vite abrégée, les médias belges ayant brillé par leur absence.
Dès neuf heures quinze, cette fois dans l’hémicycle située au troisième niveau, 72, rue royale, aura lieu le colloque proprement dit, sous la direction de monsieur Jean-François Istasse, président du parlement de la communauté française de Belgique.
Presque toutes les cents places assises sont occupées. Au balcon, une trentaine de personnes sont là, un peu plus de Congolaises et Congolais que des belges.
Plusieurs communications sont données par des scientifiques et des politiques:
- La coopération interparlementaire : spécificités et pertinences
- Décentralisation et répartition des compétences en RD Congo
- Les spécificités de la coopération de la communauté française en RD Congo
- Décentralisation et moyens financiers des provinces en RD Congo
Faute de temps, la table ronde « coopération interparlementaire, retour d’expériences et perspectives d’avenir » sera très réduite.
Avant le mot de clôture, monsieur Kengo, président du sénat congolais prononcera un discours dans lequel il relèvera un certain nombre d’éléments :
- La valeur de la délégation présente en Belgique : représentative de la République car, réunissant les autorités budgétaires de toutes les provinces, la base.
- L’impérieuse nécessité de contrôler et de maîtriser l’administration dont les organigrammes ont depuis longtemps implosé
- Avec la décentralisation, la nécessité logique pour les administrations provinciales de récupérer un grand nombre du personnel jadis à la charge du pouvoir central.
- La nécessité de davantage de rigueur dans la pratique politique : Que ce soit par la FEC, fédération des entreprises congolaises, par le gouvernement ou les parlementaires, les diagnostics sur ce dont souffre notre pays sont déjà faits, et de bonnes décisions ont déjà été prises. Mais le problème se trouve au niveau de l’exécution.
Ajouter à cela la modicité de la mobilisation des recettes ainsi que le retard de dépôt des budgets des provinces, il sied d’aborder l’actuelle décentralisation avec beaucoup de prudence : modérer les ambitions des uns et des autres en évitant de confondre budget avec « catalogue de problèmes ».
Dans son mot de conclusion, Jean-François Istasse, président du parlement de la communauté française de Belgique se félicitera de l’excellence des relations entre leurs parlements respectifs dont les raisons d’être sont :
- historiques
- affectives
- économiques
- sociales
- et culturelles.
Le passage à Bruxelles des présidents de nos parlements provinciaux sera sûrement bénéfique à plusieurs points de vue. D’abord par l’organisation. Le parlement de la communauté française de Belgique a des bâtiments, des locaux et du personnel appropriés. Ensuite dans l’échange de l’expérience parlementaire elle-même.
Après l’engouement pour les élections de 2006, et les promesses électoralistes mirobolantes, un vent de réalisme apparaît chez tous les protagonistes. Tant chez les bailleurs de fonds qui avaient claironné sur tous les toits que ces élections étaient « la chance historique » du Congo, que chez ceux qui ont tout fait pour avoir la majorité et accéder ou se maintenir au pouvoir.
La dure réalité du vécu quotidien Congolais a rattrapé tout le monde : infrastructures obsolètes, population clochardisée, grogne sociale, sans compter l’insécurité et la convoitise de certains voisins et leurs obsessions maladives expansionnistes, modicité des recettes de l’Etat : fin-septembre, seuls 1.4 milliards de dollars sont mobilisés : une misère pour toute une Nation. Quel chantier ou projet de valeur pourrait-on alors réaliser avec des moyens aussi modestes?
La sagesse suggère plus de modestie de part et d’autre. Sans une implication forte du plus grand nombre, nous continuerons à galérer durant longtemps. Personne n’est en mesure de sauver seul le Congo.
Comme nous avons eu à le faire remarquer à un des stratèges du gouvernement, orateur au colloque, il y a déficience criante de la mobilisation du capital humain. Les 60.000.000 de congolais que nous sommes représentent certes 60.000.000 de bouches à nourrir, mais aussi et surtout, soixante millions de paires de bras. Les dirigeants actuels sont-ils en mesure de capitaliser cela ? Sent-on un leadership mobilisateur ?
En marge de ce colloque, nous avons remis à chacun des présidents provinciaux une interview écrite en cinq points. Le prochain numéro de « Congolais de Belgique » la version magazine mensuel de notre journal en ligne, publiera en exclusivité ces réponses.
Cheik FITA
Bruxelles, le 24 octobre 2008
Contacts : info.congolaisdebelgique@yahoo.fr Tél. 00 32 495 33 65 19
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