Info en ligne des Congolais de Belgique
Par Cheik FITA
François Hollande, le Président français va recevoir une quarantaine de Présidents et chefs de gouvernements africains du 6 au 7 décembre 2013. En tous cas, tous les cinquante-deux pays africains sont invités.
Les thèmes sont intéressants et devraient logiquement intéresser l’Afrique et les africains :
La paix et la sécurité
Le partenariat économique et le développement
Le changement climatique
Les décisions et les recommandations qui sortiront de ce sommet seront-elles suivies d’effets ?
François Hollande et ses pairs parleront-ils le même langage ?
Regarderont-ils dans la même direction ?
Ou, une fois le sommet terminé, les résolutions iront-elles rejoindre dans la poubelle de l’histoire, les résolutions des autres sommets qui jalonnent le parcours chaotique de l’histoire de l’Afrique depuis les indépendances ?
Si paix et sécurité sont au profit de la population, une plus grande adhésion de la population, derrière l’action de ses gouvernants est tout aussi importante, voire déterminante.
Le partenariat économique et le développement eux, ne sont envisageables, que dans un environnement sain, dépouillé de toute corruption, où le dirigeant rend compte.
Quant au changement climatique, bien malin celui qui affirmera que nos dirigeants en font leur plus grand cheval de bataille.
Qu’en sera-il donc de ce sommet de l’Elysée?
Pour ne pas plomber cette belle initiative, de quoi devra-t-on tenir compte ?
D’au moins deux paramètres:
- La qualité des interlocuteurs de François Hollande d’une part,
- Les destinataires logiques des bienfaits éventuels de ce sommet : les africains, l’africain, d’autre part.
Autrement dit, si ceux que François Hollande aura en face ne représentent qu’eux-mêmes ou une clique d’individus, c’est raté.
Si la population, le commun des citoyens, ne se sent pas concerné, c’est raté.
Pire, si celui qui représentera l’état est de ceux qui pensent ne pas avoir de compte à rendre au peuple, c’est également raté.
Un cas : celui de la RD Congo, sous-continent, six fois la France, avec ses neuf pays frontaliers.
Autant, François Hollande parlera au nom des français, les engagera et ceux-ci seront-ils engagés, autant est-il souhaitable qu’il en soit ainsi de celui qui s’arrogerait le droit de parler au nom, et de l’état congolais, et des Congolais.
Les Congolais, obligatoirement destinataires incontournables des retombées de ce sommet se sentiront-ils concernés et engagés ?
D’abord, se reconnaissent-ils en ceux qui tiennent les rennes du pouvoir ? A quelle hauteur ?
Pour rappel, même avec les chiffres officiels des élections de novembre 2011, plus de la moitié des Congolais ne se reconnaissaient pas en celui qui serait censé les représenter.
Et par curiosité, quand on jette un coup d’œil aux échelons de pouvoir inférieur, même constat : des catapultés.
Ce qui sert de parlement, et sensé représenter le peuple, au delà de la légitimité, n’assume pas son rôle, ne contrôle pas l’exécutif. Que du contraire.
Sont hors mandat : Les sénateurs, les gouverneurs de province, les parlementaires provinciaux aussi.
Les bourgmestres élus ont disparu de l’écran radar depuis plus d’un quart de siècle. Quand on sait que 90% des problèmes du citoyen sont résolus à la base.
Ainsi, pour les 70.000.000 de Congolais, il n’existe pas de courroie de transmission, ni du haut vers le bas, encore moins du bas vers les haut, avec les quelques milliers de membres de ce qui se fait appeler classe politique.
Voilà ainsi les interlocuteurs de monsieur Hollande.
La désarticulation de l’état, l’absence de gouvernance, la non représentativité, ne sont-ils pas finalement les préalables pour qu’on parle de paix, de sécurité, de partenariat économique, de développement… Pourquoi pas aussi de changement climatique.
Si monsieur Hollande voudrait que ce sommet ait un début d’exécution, qu’il trouve les mots justes pour que les populations africaines et congolaises entre autres, s’approprient son initiative, qu'il y ait une complicité entre le peuple souverain et ceux qui sont sensés les représenter, et une meilleure adéquation entre pouvoir d'état et reconnaissance de ce pouvoir.
Sinon, tant que le peuple, véritable moteur de développement, restera au bord de la route, les sommets se suivront et se ressembleront.
Bruxelles, le 5 décembre 2013
Cheik FITA
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