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Info en ligne des Congolais de Belgique

Billet. TSHISEKEDI, LES CONGOLAIS DE L’ETRANGER, L’UDPS KATANGA ET LES KINOIS

Mardi 9 août 2011, quatre mois avant la fin du mandat de Joseph Kabila,  Etienne Tshisekedi, Président du parti congolais UDPS et désormais grand favori de la présidentielle congolaise de 2011 a bouclé en apothéose une longue tournée de deux mois : accueil et ovation par des centaines de milliers de kinoises et kinois, amassés tout le long du parcours, et cerise sur le gâteau, tour d’honneur dans le mythique stade de martyrs, plein comme un œuf.
Comment expliquer cet accueil ?
Pourquoi Tshisekedi est-il désormais le grand favori de la présidentielle de novembre 2011 ?
De l’accueil.
Cet accueil est dû à la conjonction d’au moins deux facteurs :
1.     La misère noire dans laquelle croupit la population et l'échec patent du tandem Kabila-Gizenga, ce dernier plus tard remplacé par son poulain Muzito.
Des promesses électorales de 2006, le meilleur des gouverneurs n’aura réalisé qu’à peine 10%.
Quand on pense que la RD Congo est un pays qui a tout pour être une puissance en Afrique, mais dont la population est une de plus pauvres du continent, et qu'au même moment, on constate  un enrichissement injurieux d’une clique au pouvoir et dont les mamelles de l’Etat, sont la source de revenus, il n'est pas étonnant que le peuple tourne son regard ailleurs.
2.     La montée en puissance d’une prise de conscience des Congolais tant au pays qu’à l’étranger. Tout cela, favorisé désormais par les nouvelles techniques de l’information : une grande communication instantanée, échappant au contrôle du régime de Kinshasa.
Un chapelet de raisons a servi d’électrochoc :
-         L’humiliation du Congo, suite à l’envahissement du pays par la soldatesque de Kagame en 1998. Les congolais cherchent toujours une occasion pour laver l'affront, remettre les pendules à l'heure, restaurer le grand Congo.
-         La présence arrogante au sommet de l’état d’étrangers et personnes à nationalité et ou origine douteuse : durant la campagne qui commence, la désormais célèbre chanson « Ya Tshitshi, zongisa ye na Rwanda » causera des dégâts terribles et imparables. Ce n’est pas un rêve, lors de leurs meetings de campagne, le candidat-Président sortant ainsi que les candidats députés de sa famille politique, risquent d’avoir la désagréable surprise d’entendre entonnée cet hymne des « combattants ».
-         L’évolution sociologique de l’électorat et les aspirations d’une population avec comme fer de lance sa jeunesse.
60% de l’électorat de novembre 2011 sera constitué des jeunes : de 18 à 30 ans.
Ceux qui ont 18 ans aujourd’hui, en avaient 13 en 2006, et 4, quand l’AFDL, ancêtre du PPRD, est entrée à Kinshasa.
Ceux qui ont trente ans avaient 25 ans en 2006, 16 en 1997. La meilleure partie de leur vie apparaît comme un gâchis. Ils sont déterminés: leurs bourreaux doivent être sanctionnés aux urnes. 
Ne peuvent donc s’étonner du phénomène « accueil Tshisekedi », que les courtisans du président, plus occupés à se remplir les poches qu’à concevoir de véritables plans de développement du pays.
Inutile de rappeler la constance du discours de Tshisekedi depuis trente ans : état de droit, changement… et maintenant aussi : amour de son compatriote, amour du pays.
Les analystes étrangers qui s’intéressent à notre pays, devraient désormais intégrer dans leurs réflexions cette donne, au risque de publier des textes anachroniques.
Conséquence ?
Les Congolais vivant à l’étranger, la population du Katanga grâce au dynamisme de sa fédération de l’UDPS  et enfin les incontournables kinois, ne pouvaient réserver qu’un tel accueil à Étienne Tshisekedi. L’effet boule de neige pourrait bientôt contaminer toutes les provinces où le leader de l’opposition congolaise mettra les pieds.
Tshisekedi grand favori.
Pour affirmer que Tshisekedi est le grand favori de la présidentielle congolaise de novembre 2011, il sied de mettre en face de lui les principaux candidats potentiels ou déclarés. Ils ne sont pas plus nombreux que  les doigts  d’une main et classés en trois catégories :
a)    Le (ou les) Candidat (s) de la mouvance présidentielle, la majorité sortante :
Joseph Kabila
Il aimerait solliciter un nouveau bail et totaliser ainsi quinze ans de présence ininterrompue à la tête de la RD Congo.
Atouts
-         Il bénéficie de la prime au sortant. Tous les congolais le connaissent, en bien ou en mal, peu importe, ils le connaissent, ne serait-ce que de nom.
-          Il ne se gênera pas d’user et d’abuser :
De la caisse de l’état
Des médias officiels
De l’appareil de l’état.
-         Durant son mandat qui s’achève, il y a eu des congolais qui ont profité de son règne, honnêtement ou par des voies retournées. Dans notre pays où chaque nanti nourrit directement ou indirectement une centaine de gens, il existe de congolais qui, pour préserver ce petit intérêt égoïste,  du fond du cœur, le lundi 28 novembre prochain, donneront à Joseph Kabila leurs voix.
Faiblesses
Le candidat Kabila devra :
-         Rendre compte de sa gestion
-         Présenter son bilan de cinq dernières années :
« Kolia, Kelasi ya bana, Kisi… »
Oui, le social du citoyen : alimentation, études des enfants, santé, transport, eau, électricité, sécurité des  biens et des personnes, emploi...
Antoine Gizenga
Pas candidat, mais toujours une béquille pour Joseph Kabila.
b)    Les défroqués de dernière heure. Ils sont deux.
Ils ont commencé la législature 2006-2011 comme numéro deux et numéro trois du pouvoir en place. A la clé de sérieux dividendes : émoluments plantureux et autres avantages liés à la fonction, visibilité via les médias officiels.
Par positionnement et calcul politicien, à quelques minutes de la fin du match, ils endossent chacun une vareuse de l’opposition.
Kengo wa Dondo.
Atouts
Apparatchik sous Mobutu, il a amassé de l’argent. Depuis de lustres, lui et les siens vivent à l’abri du besoin.
On dit de lui qu’il a des entrées au niveau international.
Faiblesses
Quelle est sa popularité ? L’ingénieuse idée qu’il a eue de réaliser sa première sortie politique au stade des martyrs vient de le desservir, après l’ouragan que le kinois ont soufflé sur ce stade à l’arrivée de Tshisekedi.
Dans la constitution, pour être candidat à la présidentielle, il faut être congolais de  père et  de mère… Un obstacle insurmontable pour monsieur Kengo.
Vital Kamerhe
Atouts
Est monté en popularité depuis la guerre nous imposée par le Rwanda via le RCD.
Il atteint le sommet avec son élection comme président de l’assemblée nationale après avoir été massivement élu comme député à Bukavu.
Durant sa présidence, il s’attire la sympathie de ses pairs par une conduite des débats où l’opposition accède au micro. Des débats largement diffusés par la télévision nationale.
Faiblesses
Il n’aurait pas été poussé à la porte du perchoir, aurait-il quitté la majorité présidentielle ?
Son image de véritable chef de campagne de Joseph Kabila en 2006 lui colle toujours à la peau. Difficile de se (auto)proclamer  agneau quand on a été loup la veille.
III. L’opposition depuis le 6 décembre 2006 ou bien avant.
Jean-Pierre Bemba.
Atouts
42% à la présidentielle de 2006, selon les chiffres officiels.
Faiblesses
Retenu à La Haye, il est dans l’impossibilité matérielle de participer à la présidentielle de 2011.
Oscar Kashala
Atouts
« Maboko pembe ». Il ne s’est jamais mouillé dans la gestion de l’Etat. Le médecin congolais qui vit aux Etats-Unis avait séduit 5 % de l’électorat en 2006 alors qu’il n’était qu’un novice. Logiquement, cette année, il pouvait faire mieux.
Faiblesses
Des circonstances indépendantes de lui, l’ont empêché d’arriver en RD Congo bien avant le début de la campagne.
Qui de ces candidats peut affirmer aujourd’hui que de jour en jour, la voie vers le fauteuil présidentiel  s’éclaircit mieux pour lui que pour Etienne Tshisekedi ?
 
Cheik FITA
Bruxelles, le 12 août 2011
 
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