Info en ligne des Congolais de Belgique
« Nous les soldats congolais, aujourd'hui, nous avons investi la ville de Kigali ! »
Ce n’est ni un rêve, ni une fiction. C’est une réalité. Comment? Quand?
Depuis quelques années, chaque 11 novembre, des Congolais et amis du Congo se réunissent au square Riga dans la commune de Schaerbeek à Bruxelles pour rendre hommage aux soldats Congolais qui avaient combattu aux côtés des belges, lors des guerres 14-18, et 40-45.
En 2012, cette tradition a été respectée.
Au square Riga, existe un monument pour rappeler les hauts faits d’armes de ces vaillants combattants.
Des chants entonnés par ces combattants à l‘époque, on apprend bien des choses: les villes conquises par exemple.
En Afrique, en Europe et en Asie.
Ainsi, Kigali la capitale du Rwanda, et Usumbura la capitale du Burundi tombèrent aux mains des soldats congolais.
Quand on voit ce qui se passe à l’Est de la RD Congo aujourd’hui avec les folies expansionnistes de monsieur Kagame du Rwanda, et l’envoi de ses bidasses du M23 en terre congolaise pour voler, violer, piller et tuer, il est pénible de constater à quel point certains humains peuvent être ingrats.
Comme tout se paie ici bas, et qu’il est imprudent d’espérer se moquer éternellement et impunément de l’histoire, il ne serait pas étonnant que dans un avenir peut-être proche, des combattants congolais libèrent de nouveau Kigali… Plus des allemands, mais de la dictature cette fois, le retour de la manivelle.
PS. Des problèmes matériels majeurs ne nous ont pas permis de mettre en ligne cette vidéo en temps voulu. Nous sollicitons votre indulgence, à vous tous nos lecteurs.
Cheik FITA
Bruxelles, le 14 décembre 2012
DOCUMENT. DISCOURS DE MONSIEUR MBUNGU NKANDAMANA
Ba mama, Ba tata, bilenge, ba ndeko, mbote, bonjour.
Asosa, Gambela , Saio, Tabora , Mahenge, Usoke, Nyanza, Kato, Kigoma, Birmanie, Ethiopie.
Quel est celui d’entre nous auquel ces noms ne sont pas familiers ? En effet, ils forment la trame des rues et avenues de nos villes et de Kinshasa particulièrement.
Pourtant sachons-le aujourd’hui, il s’agit des victoires que remportèrent les troupes de la Force Publique Congolaise lors des campagnes militaires des deux guerres 14-18 et 40-45.
Ecoutez-ce qu’il en est dit : « Au cours de la Première Guerre mondiale, des unités renforcées de la Force publique combattirent durant la campagne d'Afrique de l'Est l'empire colonial allemand au Cameroun, au Rwanda, au Burundi et sur le territoire de l'actuelle Tanzanie. Elle remportèrent divers succès militaires (Tabora, Mahenge), gagnant le respect de leurs alliés portugais et britanniques et de leurs ennemis allemands ».
De même, en 1942, le XIème bataillon congolais gagna les batailles d’Asosa, Gambela et Saio en Abyssinie(Ethiopie). Comme il est reconnu, nos soldats combattirent avec succès au côté des forces britanniques en
2 Abyssinie italienne où les Italiens dont 9 généraux et 48 officiers supérieurs se rendirent aux troupes belgo-congolaises.
Ces congolais étaient pour la plupart membres de la Force Publique. Le noyau de la Force Publique fut créé sous l’Etat Indépendant du Congo pour combattre les esclavagistes arabes qui razziaient l’Est du pays. Ainsi donc, au départ, la Force Publique fut chargée de la sécurité territoriale et du maintien de l’ordre publique à l’intérieur du pays. Mais les deux guerres mondiales ouvrirent au Congolais de nouveaux horizons, par l’envoi de nos soldats au front de l’Yser, du Ruanda-Urundi, de l’Est Africain(Tanzanie, Rhodésie), Cameroun, Abyssinie(Ethiopie), Nigerie, Égypte, Palestine, Syrie, Madagascar jusqu’en Birmanie. Et partout, ils ont combattu et servi avec bravoure et succès.
A l’instar de n’importe quel peuple de la terre, nous pouvons être fiers de ces dignes fils du Congo, capables de hauts faits d’arme, héros au niveau universel et artisans de la paix mondiale et de l’ordre qui désormais, régit les rapports internationaux entre nations.
Mais à leur retour du pays, nos vaillants ambassadeurs s’opposèrent à leur réintégration au sein de la Force Publique à cause du régime discriminatoire régnant au Congo Belge. En guise de remerciement, les autorités coloniales optèrent pour la démobilisation immédiate de ces éléments jugés capricieux et les dispersèrent à travers tout le pays. Ceci
3 afin d’éviter que leurs idées révolutionnaires ne se propagent au sein de l’ensemble de la Force Publique.
En ce 11 novembre 2012, nous sommes ici pour célébrer avec émotion la bravoure, le courage, la persévérance de nos pères, grand-pères et frères dont la plupart nous ont déjà quittés.
Cependant, quelle reconnaissance ces anciens combattants ont-ils reçu de la Belgique ?
Cette commémoration du 11 novembre est aussi une occasion pour la diaspora congolaise de se rappeler et de rappeler aux belges, le rôle des congolais dans la sauvegarde de l’existence de la Belgique. Jean Stengers a écrit : "le poids de la Belgique dans la guerre fut très largement le poids du Congo".
Pourtant ce même Congo subit à son tour, actuellement, des massacres ignobles de ses populations de l’Est de son territoire et la déprédation de ses richesses naturels par des forces étrangères. Curieusement, le Royaume de Belgique les tolère royalement !
A la fin de ce témoignage, nous allons d’une manière symbolique et afin de perpétuer leur mémoire, évoquer les noms de quelques-uns de ces valeureux soldats qui ont été les éléments moteurs de toutes les victoires sur les différents fronts où ils furent appelés.
4 Aujourd’hui, nous venons non seulement rendre hommage mais aussi nous réapproprier notre histoire, celle de la liberté, celle du sang.
Alors que le souvenir de nos soldats et de leurs hauts faits s’évanouissait peu a peu, ce monument fut érigé par les belges il y a 42 ans, mais hélas, nous ne le connaissions pas et il n’a donc pu se cristalliser dans notre mémoire collective.
Nous formons le voeu que plus de Congolais découvrent ce lieu qui commémore un pan de notre glorieuse et belle histoire. Et au mérite du sacrifice suprême de nos héros du jour pour notre liberté et la prospérité de notre pays d’origine, dresser le front et bâtir un pays plus beau qu’avant.
A vous nos grands-pères, nos pères, nos enfants, nous vous disons merci (en 4 langues nationales).
Oui, c’est vrai nous vous avions oubliés, mais nous sommes maintenant rassemblés ici pour vous dire que ne voulons plus vous oublier. Nous ne vous oublierons plus. ( en 4 langues nationales).
Fait à Bruxelles le 11 novembre 2012
Joseph Mbungu Nkadamana